LE TRAITEMENT PRÉVENTIF
Considérations générales. ^ La dyspepsie hjrpersthénique d'origine hépatique. — Étiologie; symptomatologie; diagnostic . — Lechimisine stomacal. — Les troubles daus les échanges; leur caractéristique; conséquences paihogéniques. — Le chimisme respiratoire. — La dyspepsie hypersthénique aigué transitoire retardée.
GoBtidèratioiif SI VOUS VOUS rappelez le tableau d'ensemble qui ■*"*'^*^' résumait la classification des dyspepsies, vous vous souvenez que la dyspepsie hypersthénique aiguë transitoire ou intermittente comprenait trois variélés. La première, d'origine alimentaire, que nous venons d'étudier; une deuxième d'origine réÛexe; la troisième dite retardée. II nous reste à examiner ces deux dernières variétés.
Les hypersthénies aiguës réflexes sont fort nombreuses et nous aurons l'occasion d'en rapporter beaucoup d'exemples différents quand nous étudierons les retentissements des diverses maladies sur l'estomac^ Toutefois, parmi les variétés les plus fréquentes, signalons celles qui sont dues à un accès de colique hépatique
1. Voyex IV« Partie. — Les retentissements des diverses maladies sur l'estomac
larvée, à la constipation et à la tuberculose. Je laisse de côté la variété liée à la tuberculose qui ne saurait être distraite des hypersthénies permanentes des tuberculeux. D'ailleurs, chez ceux-ci, l'accès aigu, paroxystique ou transitoire, n'est qu'une rapide étape vers rhypersthénie permanente et ne doit èlre considéré que comme un des modes de début de celle-ci.
La description de la variété intestinale ne peut être séparée de celle du retentissement gastrique des maladies de l'intestin. Sachez seulement qu'elle s'observe principalement chez les jeunes sujets, qu'elle est précédée et s'accompagne d'accumulations de matières fécales dans le caecum et dans l'S iliaque, que la langue estsouvent saburi*ale, l'haleine fétide pendant les crises et dans leui*s intervalles, el qu'enfm et surtout, quand le relentissement stomacal est récent, tout cède à l'administration de laxatifs. Mais on a plus rarement l'occasion d'observer cette variété dans ses débuts ; car, quand elle n'est pas traitée, elle passe assez vite à l'état d'hypersthénie permanente.
ud 6 816 ^^ variété d'origine hépatique esl assez fré-
byp6nui6niqu6 qucnte. J'cu possèdc une trentaine d'observations. Elle
d'ori0in6b6patiqa6 jjj^j.^^ j^ ^^^^ arrêter quelques instants, en raison des
erreurs de diagnostic auxquelles elle donne ordinairement lieu. Elle aboutit fréquemment aussi à l'hypersthénie permanente et nous la retrouverons sous une autre forme, en étudiant celle-ci.
..^ . ^ I^ lithiase biliaire latente en est la cause la
VMoHiOffiê.
plus fréquente. Dans un cas, j'ai vu la crise provoquée par un kyste hydatique; dans un autre cas, par un cancer des voies biliaires. 11 s'agit, en général, de jeunes gens. Sauf le cas particulier du cancer des voies biliaires, qui avait 65 ans, et un lithiasique de 88 ans, mes malades avaient de 18 à 25 ans.
Tous ont été considérés comme des dyspeptiques par les médecins qui les ont traités. Chez aucun n'existait d'étiologie alimentaire à cette apparence de dyspepsie. Trois d'entre eux ne buvaient que de l'eau. Les accès se répétaient, en général, depuis plusieurs années.
u La physionomie de ces accès est trop variable pour
67mptomatoiogi6. g^j.^ résuméc eu une description d'ensemble. Parfois c'est un accès vertigineux, une ou deux heures après le repas, une douleur épigastrique spontanée et exagérée par la pression, avec salivalion abondante, pyrosis intense, éructations et vomissement d'une petite quantité d'un liquide très acide. La constipation est la règle.
LA DYSPEPSIE HYPEUSTHÉNIQUE AIGUÈ RÉFLEXE 161
L'estomac n*cst pas distendu ou ne Test que d'une façon passagère. Le foie est plus ou moins augmenté de volume et sensible à la percussion. L'urine, haute en couleur, laisse déposer des sédiments uraliques teintés en rose par l'uroérythrine.
Contrairement à ce qui se passe dans les variétés précédentes, la digestion n*est pas irréprochable dans l'intervalle des crises. L'appétit est variable; beaucoup d'aliments sont mal tolérés; la digestion s'accompagne de pesanteur épigastrique, de renvois, de borborygmes, de somnolence. Il y a souvent des lassitudes sans cause, des malaises vagues, du nervosisme, des tentatives de migraine.
Puis, tout à coup, voici qu'éclate une nouvelle crise, cette fois caractéristique : c'est la véritable colique hépatique avec son cortège symptomatique complet, suivie d'un ictère révélateur. A ce moment, le diagnostic ne peut plus faire de doute.
udiAonotuo ^° certain nombre de signes peuvent aider au
diagnostic pendant la période des crises stomacales. L'origine hépatique de ces crises a été soupçonnée par Fauconneau- DuFRESNE, Max Durand-Fardel, Sénac, Cyr, etc., qui ont essayé en vain de leur trouver des signes précis. Ce qui les distingue, c'est l'incohérence des symptômes purement gastriques qui dans les intervalles des crises font penser tantôt à Thypersthénie gastrique, tantôt à rinsufGsance avec fermentations; c'est l'augmentation du volume et la douleur du foie à la pression; c'est, après la crise, la présence de sédiments briquetés, la teinte hépatique du visage, la snrvenance de vomissements, plus rarement d'un accès de diarrhée; c'est une légère élévation de température avec petits frissons précurseurs quand celte crise est terminée; c'est la persistance des symptômes d'apparence gastrique, alors que, dans les autres variétés, la lin de Taccès est suivie d'un complet rétablissement des fonctions stomacales; c'est enfin l'ictère consécutif, quand il apparaît.
Un autre élément de diagnostic se trouve dans la variabilité des dimensions de l'estomac. Aujourd'hui, pendant une période de crise, vous le trouverez distendu, clapotant, douloureux; dans deux ou trois jours, la crise passée, examinez-le : toute trace de distension a disparu. Il y a donc état variable du tonus musculaire de Testomac.
u oumismf L'cxamcu du contenu stomacal fournil encore
»*«»•««*• un appoint au diagnostic. Dans la majorité des cas, j'ai
trouvé le chimisme stomacal variable. Tantôt on croyait avoir
affaire à une insuffisance gastrique avec fermentation, tantôt à l'hy-
persthénie gastrique. Pour ne pas l'aliguer voire altention, citons seulement quelques faits. D'abord celui d'un avocat de trente-huit ans, qui vint me consulter pour des douleurs d*eslomac revêtant le type que je viens de décrire. Le contenu de Teslomac, après repas d'épreuve, avait une acidité totale de S^%i% exprimée en HGI. Mais cette acidité était due presque tout entière à Tacide lactique. L'HCl libre était absent. On institua, en vain, le traitement des fermentations gaslriques. Le malade alla de mal en pis. Un mois plus tard, il revenait, cette fois en pleine crise. Le liquide extrait de l'estomac contenait 1"',80 d'HCl libre et Ton ne décelait plus aucune trace d'acides de fermentation.
Un jeune homme de dix-neuf ans et demi est examiné en pleine crise. On eMrait 60 centimètres cubes d'un liquide ayant une acidité de 3^S50 en HGI par litre. L'HGl libre y était pour 2^20, sans trace d'acides de fermentation. Quinze jours après, le malade est examiné à nouveau : liquide acide (29',70), mais il n'y a que des traces d'HGI libre; l'acidité est surtout lactique.
Un dernier exemple. G'est celui de cet individu de soixante-cinq ans, alleinl de cancer des voies biliaires. II avait été vu par Bourget, qui pensa à un ulcère de l'estomac d'origine hyperchlorhydrique et conseilla un régime et un traitement appropriés qui furent suivis d'une gi ande amélioration dont la durée fut de six mois. Puis les crises rerouimencèrent. On fit l'examen du chimisme stomacal après repas d'épreuve, au cours d'une crise, et l'on trouva une acidité totale de 3""%^ en HGI, avec ^^%Sb d'HGI libre. La crise passa; il survint une léf^ère teinte subictérique. On profita d'un vomissement spontané après le petit déjeuner du matin pour faire un second examen; le liquide filtré était à peine acide; il ne renfermait plus trace d'acide chlorhydiiiiue.
En résumé, dans l'hypersthénie aiguë d'origine hépatique, il existe un état variable du tonus musculaire de l'estomac associé à un chimisme variable.
Uâtrotimfi^ Entre l'état de la nutrition dans l'hypersthénie
d^a ïiîfi dobaDgea. j^jgyg d'originc hépatique et la variété précédente, d'origine alimentaire, la différence est absolument caractéristique et dénote, de la façon la plus manifeste, l'influence exercée par la cause sur le processus morbide.
Dix analyses faites avec l'aide de Bouilhon, de Bournigault et de MowFETj sur l'urine recueillie en dehors des crises, m'ont donné les résultats condensés, sous forme de moyennes, dans le tableau suivant ;
Tableau IX. — Moyennes des échanges chez dix sujets atteints de dyspepsie hypersthénique d'origine hépatique. (Analyses faites en dehors des crises.)
CARACTÈRES de Furine.
Par 24 heures.
Par
kilog.
RAPPORTS DÉCHANGE.
Pour
Quantité