‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 80 sur 177 · URINES · texte numérisé non relu

URINES

DIGESTION MS FÉCULiNTS

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Dans 9 cas sur ii observations, la proportion centésimale de Tacide carbonique dans Tair expiré est inférieure à la normale; dans 1 cas, elle est égale; dans A cas, elle est supérieure.

L'oxygène consommé est inférieur à la normale dans 10 cas; il lui est égal i fois et supérieur 3 fois.

Déjà ces chiffres vous laissent soupçonner que l'oxydation des matières ternaires introduites dans Talimentation ou engendrées dans l'organisme est en baisse. L'examen des chiffres des autres colonnes va vous confirmer dans cette opinion.

En effet, dans les 9 analyses complètes, la ventilation pulmonaire, exprimée par la quantité d'air expiré en une minute, tombe en moyenne de 7"S090à 5"S130, soit de 27,7 p. 100, et il n'est pas une seule de nos 10 analyses où la ventilation ne soit amoindrie. Voilà donc un fait bien acquis.

Évidemment la quantité totale, par minute, de CO* expiré, d'O* consommé, d'O* absorbé par les tissus se ressentira de celte diminution de la ventilation et de leur proportion centésimale. CO^ tombe à 179**,4au lieu de 276 centimètres cubes; 0* total à 233^,6 au lieu de 340 centimètres cubes ; 0* absorbé par les tissus à 54^,2 au lieu de 64 centimètres cubes.

La ventilation envisagée par minute et par kilogramme de poids est, en moyenne, inférieure à la normale (99**,8 au lieu de 107 centimètres cubes); mais, trois fois, elle a été légèrement supérieure. Quant aux proportions de CO* et d'O' total par kilogramme-minute, elles ont toujours été inférieures, sauf dans un seul cas où CO* s'est montré un peu supérieur. Les moyennes sont, pour CO*, 3*,40 au lieu de 4~,17, et pour 0* 4*,44 au lieu de 5*',13.

Les variations d'O* absorbé par les tissus sont trop considérables (0^20 à 1«',73) pour que la moyenne 1*^,04 au lieu de 0^96 ait d'autre valeur qu'une formule arithmétique. Il en est de même du quotient respiratoire qui avarié de 66 p. 100 à 95,87, soit en moyenne 79,7 p. 100 au lieu de 81,2 p. 100.

Donc, à considérer les choses en bloc et faisant pour un instant abstraction des cas particuliers, le chimisme respiratoire est en baisse dans la dyspepsie hypersthénique, ce qui équivaut à confirmer la formule que je vous donnais tout à l'heure, à savoir que l'oxydation des matières ternaires est amoindrie.

phyuoiogto Mais, ici, une grosse question se pose. Qu'est-ce qui

p«thoio0iqa6. çg^ amoindri? Est-ce l'aptitude oxydante de la cellule

organique, ou est-ce rapport ou la formation des matières ternaires

LA DYSPEPSIE HYPERSTHÉNIQUE PERMANENTE 2Ct

aptes à être oxydées? L'examen minutieux des analyses va nous permettre de résoudre la question.

En effet, ce qui a diminué, ce n*est pas l'aptitude oxydante do l'organisme, et cela pour deux raisons. La première, c'est que tous nos malades avaient considérablement maigri; plusieurs n'avaieni plus que la peau sur les os ; deux au moins, parmi eux, ont été pi ii pour des cancéreux. Qu'ils aient perdu du muscle, la chose est indéniable; mais ce qui est aussi indéniable, c'est qu'ils ont, pour la plu* part, plus ou moins complètement perdu leur tissu adipeux. 11 a donc bien fallu qu'ils brûlassent leurs matières ternaires à eux et, pour les brûler, il a bien fallu qu'ils le pussent.

La seconde raison n'est pas moins convaincante. Qu'exprime le quotient respiratoire, dont on a voulu faire, à tort, la valeur représeo* tative unique du chimisme respiratoire, sinon cette aptitude oxydante de l'oi^anisme ? Vous fournissez à cet organisme tant d'oxygène; il vous rend tant d'acide carbonique, suivant son aptitude à l'utiliser. La quantité absolue d'oxygène consommé est en rapport avec les besoins de l'organisme en oxygène ; mais le rapport entre l'O' consommé et le CO' produit, c'est-à-dire le quotient respiratoire, exprime la ma* nièredont cet organisme emploie l'O* qu'il consomme.

Regardez sur le tableau les chiffres qui expriment le quotient respiratoire : il est augmenté 7 fois, normal ou à peu près normal 2 fois, il n'est abaissé que 5 fois. Et dans quels cas est-il abaissé? L'un des cas est celui de cet individu dont je vous ai parlé et qui était atteint de crises d'hypersthénie liées à un carcinome des voies biliaires (n* 9) ; le deuxième (n* 3) était dans un véritable état cachectique; le troisième (nMl) était atteint d'hypersthénie aiguë transitoire; seuls, le quatrième et le cinquième (n*^ 5 et 14) avec des quotients relativement peu abaissés (75 p. 100 et 77,34 p. 100) étaient atteints de la forme commune de la dyspepsie hypersthénique. Aussi la moyenne générale du quotient, avec son chiffre de 79,77, est-elle fort prochiji de la vérité.

Leohimisme Puisquc cc u'cst pas l'organlsmc qui, sauf des

'*iïdia?^n* exceptions dont il est aisé de saisir le motif, a des fôcnient». pçp(jQ g^ faculté d'uliliscr l'oxygène, il faut bien que h diminution des échanges respiratoires tienne, soit à un manque des principes à oxyder et par conséquent à un moindre besoin de l'organisme en oxygène, soit à ce que la digestion viciée fournit à l'économie ou bien moins de principes ternaires à brûler, ou bien des principes ternaires insuffisamment préparés.

Et la preuve qu'il en est bien ainsi, je puis aussi vous la fournir.

fn LES DYSPEPSIES

D'abord, une preuve directe. Vous savez que, pendant la digestion, les échanges respiratoires augmentent d'une façon notable. Ce faiL a été mis hors de doute par les expériences de Hanriot et RiciiEr^ Pettenkoffer et Voit*, et par celles que j'ai faites avec le concours de Maurice BINET^ Vous verrez aussi dans le traité d'tlAMMARSTEN quc Ic quoticul respiratoire normal, étant avec un régime mixte de 73 à 80 p. 100, monte avec une alimentation végétale el hydiocarbonée à 100 p. 100 et au-dessus et descend avec une aliineiUalion exclusivement animale à 70 p. 100. Chez le jeûneur Cetti, Lkiimann et ZuNTZ^ ont vu diminuer sensiblement les échanges gnzcux.

Ccki tUant admis, nous avons étudié les échanges respiratoires à jeun el durant la digestion chez le malade qui figure au tableau sous le n' 3. Que se passe-t-il? Pendant la digestion la proportion centésimale de GO' monte de 2,4 à 2,8 p. 100, celle de 0« de 3,8 à 4,4 p.lOO; mais, comme la ventilation diminue d'une façon parallèle, les éc^lianges, en somme, ne subissent aucune variation : car ce n'est pas une variation suffisante que de constater 2*", 85 de CO'parkilogrammemîniilf* au lieu de 2*^,90 et un quotient de 63 p. 100 au lieu de 62 p. 100.

Après la preuve directe, voicLla preuve indirecte. Boua- MGAULT et MoNFËT Ont dosé, par différence, les matières ternaires de Turine choz sept de nos dyspeptiques du tableau n"" XXI. Chez deux d'enlrceux^la digestion des féculents jugée par l'examen du chimisme stomacal était très mauvaise, en ce sens que le liquide extrait de l*ftslomac et filtré était coloré en bleu par la teinture d'iode. Chez quatre, la digestion des féculents était satisfaisante ou bonne. Chez un dernier, cette digestion apparaissait très bonne. Les chiffres cidessous vous montreront la moyenne des matières ternaires trouvées dans r urine de ces trois groupes de cas.

Matières ternaires Matières ternaires par 2 i heures, par kilog. do poids.

Digestion mauvaise 6«^320 0«^i44

— satisfaisante 2«% 1 70 0«%035

— très bonne 08^520 0«^008

Plus la digestion est mauvaise, plus il passe dans l'urine de matières ternaires incomplètement oxydées; meilleure est la digestion,

1 . 1Ianr[ot et RiCHET. — Des échanges respiratoires chez rhorame, Tirage a part. t. Pettenkoffer et Voit. — Sitiungsberichle der k, Bayr. Académie der Wissens- Chfifiett nu Muncherif 1866.

3. Al ut HT Robin et Maurice Binet. —Archives générales de Médecine, juin 1896.

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