PREMIERE PARTIE
HISTORIQUE
Il est difficile de trouver des notions écrites sur les questions qui font l’objet de ce livre. Bien qu’elles aient été étudiées surtout par des Français, nos bibliothèques parisiennes en sont pauvres.
Dans l’antiquité, un des premiers, Lucrèce s’est intéressé à la voix humaine (i). « Souvent la voix blesse le gosier et les cris causent de l’irritation dans la trachée » et plus loin « lorsque les sons ont été chassés du fond de la poitrine, la langue, cette mobile ouvrière de la parole, les articule et l’inflexion des lèvresles modifie de son côté ».
A Rome, les orateurs du Forum connaissaient bien les conditions de la santé vocale. Cicéron nous a laissé dans son livre « L’Orateur » d’importants préceptes sur le fonctionnement de la voix. « Tel est le caractère merveilleux de la voix. Elle a trois tons : l’aigu, le grave et le moyen qui forment toute la puissance, toute la douceur et la variété du chant...
(i) Lucrèce. Livre IV. Édition Garnier, p. ig3 et ig4. Castex.
L’orateur étudiera donc les diverses inflexions de la voix et devra en parcourir tous les degrés, tous les tons, hauts et bas. » (i)
L’empereur Néron, rapporte Suétone, mettait une plaque de métal sur son abdomen quand il s’exercait à la parole ou au chant, car il avait remarqué que sa voix devenait ainsi plus sonore. Il y avait à Rome trois genres de professeurs distincts pour l’entraînement des voix : les vociferarii, qui faisaient travailler l’intensité et l’étendue, les vocales, qui donnaient la souplesse, les phonasci enfin, qui lui assuraient ses divers ornements.
Dans son « Institution oratoire », Quintiliena laissé des considérations sur le fonctionnement de la voix.
Les acteurs de l’antiquité parlaient sous le masque. Je me suis demandé si ces masques n’avaient pas, outre leur effet scénique, le but pratique de favoriser la voix. J’ai institué dans ce but quelques expériences qui ont été publiées en 1897(2). Il en résulte que : i° pour l’auditeur, la voix porte mieux, gagne en netteté et en qualités diverses ; 2° pour l’artiste, elle semble aller plus aisément devant lui, tout en sonnant nettement à ses oreilles.
Mon savant confrère, le D r Moura ( 3 ), nous a fait connaître les importants progrès du chant sous les règnes de Pépin le Bref et de Charlemagne.
En l’an 754,Pépin ayant délivré le pape Étienne II, assiégé dans Rome par Astolphe, roi des Lombards,
(1) Cicéron. L’orateur. Traduction Charpentier, p. 188.
(2) C.A.STEX. Effets du masque antique sur la voix (Journal : La Voix, janvier 1897).
(8) Moura. Voix, et registres. Lecture à VAcadémie de médecine, 6 novembre 1888.
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reçut, en signe de reconnaissance, deux chantres de la chapelle pontificale pour instruire ceux de l’abbaye de Saint-Médard en Soissonnais.
Quelques années plus tard, Charlemagne était à Rome. Ses chantres ordinaires qu’il avait amenés se prirent de querelle avec leurs collègues romains qui leur reprochaient d’altérer le chant grégorien. La discussion fut portée devant l’empereur qui répondit :
« Quelle est l’eau la plus pure ? Celle des sources vives ou celle des rigoles qui en découlent. » C’était donner raison aux chantres du pape. Deux nouveaux maîtres de chant furent cédés à Charlemagne par Adrien I er . Ils avaient nom: Théodore et Benoît, et fondèrent à Metz une école de chant où se formèrent les premiers maîtres de l’art français.
Les chantres et les enfants de ces maîtrises primitives vivaient en commun sous la direction d’un chef intitulé Préchantre. « Châtiez les enfants, disait Gerson, qu’ils s’habituent à être sobres. A ce prix, ils conserveront leur voix. »
Au moyen-âge, les chantres utilisaient les voix de poitrine et de tête. Il semblerait même, d’après le Traité de Marchetto de Padoue, que déjà ils considéraient comme une des plus grandes habiletés du chant de passer de la voix de poitrine à la voix de tête et réciproquement.
L’Espagnol Cerone, dans le Melopeo, paru en i6i3, exposait les règles de la vocalise, de la prononciation, donnait des conseils pour la tenue du chanteur et pour l’hygiène de la voix. Un grand nombre d’exemplaires de cet ouvrage périrent dans un naufrage du navire qui les transportait de Naples en Espagne.
Dans « l’Art de chanter », paru en France, en 1671. Baciliy étudiait la voix de fausset chez lesCastrati.
Le mot« Registre », d’après le D' - Moura, remonte au xvn c siècle. Dès cette époque on l’employait comme synonyme de « voix ».
Tosi (de Bologne) nous apprend qu’en 1723 on enseignait, dans les écoles, d’après la classification des registres, qu’on distinguait en registres de poitrine, de gorge, de tête et de fausset (1).
A partir du xviii 0 siècle, nous voyons apparaître, sur la physiologie de la voix, diverses théories dont une certaine part est acceptable encore.
Dodart étudiait les causes de la voix de l’homme et de ses divers tons (2). « Le son, écrivait-il, a pour
cause les vibrations des lèvres et de la glotte.
tous les tons viennent de Y anche de l’homme, c’està-dire de la glotte... On ne peut comparer la cause qui met en branle les lèvres de la glotte qu’au vent impérieux donnant dans le papier entr’ouvert qui joint un châssis mal collé avec la base d’une fenêtre. » Cette théorie est connue sous le titre de Théorie du châssis bruyant.
Elle était attaquée en 1741 par Ferrein. Après avoir expérimenté sur des larynx de cadavres, il concluait : « J’ai cru trouver dans les lèvres de la glotte des cordes capables de trembler comme celles d’une viole. J’ai regardé l’air comme l’archet et l’effort de la poitrine comme la main qui fait promener l’archet. » Cette théorie est bien moins établie que la précédente.
(1) D>' Moura. Congres international de laryngologie. Paris, 1889.
(2) Dodart. Mémoires de l’Académie royale des Sciences, 1700, 1706,
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Magendie, en 1816, revient, dans ses Eléments de physiologie, à la comparaison du larynx humain avec les instruments à anche, et il insiste sur le fait que les cavités sus-laryngiennes modifient leur forme pour se mettre à l’unisson du son laryngien. Il entrevoyait déjà le rôle important des résonateurs, si bien étudié plus tard par Helmholtz.
En i 835 , Lehfeldt (i) émet l’idée que les voix de tête et de poitrine different en ce que, pour la première les bords libres des cordes vibrent seuls, et que pour la deuxième elles vibrent dans tout leur épaisseur.
En i 833 , paraît à Paris un ouvrage de Bennati : « Organes de la voix humaine. Etude physiologique et pathologique » où l’on trouve quelques idées, assez vagues, du reste.
L’Académie des sciences, en i 838 , trouvant insuffisantes les diverses théories, mit au concours la question du mécanisme de la voix.
Dequevauviller remporta le prix. Dans son mémoire est relatée cette intéressante expérience : Sur un larynx de plâtre qui ne rendait d’abord aucun son, il enlève les cordes vocales pour les remplacer par des languettes de caoutchouc. Variant la tension de ces languettes avec des poids différents, il obtient des sons variés.
L’invention du laryngoscope parCzermak(deBuda- Pest), a fait faire un grand pas à la solution du problème. Il serait injuste cependant de ne pas dire que déjà Longet et d’autres physiologistes
(i) Lehfeldt. De vocis formatione. Berlin, i 885 .
avaient vu fonctionner la glotte chez le chien, en amenant au dehors le larynx de l’animal à travers une incision pratiquée sur le devant du cou. Grâce au laryngoscope, nous avons eu les importants travaux de Manuel Garcia, Ch. Bataille, professeur au Conservatoire, Édouard Fournié, Moura, Gouguenheim et Lermoyez.
Tandis que les savants s’ingéniaient à expliquer la voix, les artistes donnaient un grand essor à l’art du chant.
A la fin du siècle dernier, les maîtrises étaient très prospères. La voix des enfants y était prudemment entraînée, avant comme après la mue. La puberté franchie, ces jeunes larynx possédaient déjà une éducation vocale très avancée, et plusieurs artistes de grande valeur sont sortis de ces maîtrises, devant leurs succès à l’entraînement précoce qu’ils y avaient subi.
Alors aussi, sous l’impulsion du célèbre maître napolitain Porpora (1686-1767), prit son essor la grande École italienne de chant. Porpora eut pour élèves Cafarelli et Farinelli, Porporino, la Molteni. Ces artistes, pour la plupart, cultivaient avec prédilection la gymnastique, la virtuosité que les Bouffes italiens portèrent à son plus haut degré.
En même temps brillaient en France Garat (1764- 1823), remarquable par le charme de sa voix et qui fut professeur au Conservatoire de Paris dès sa fondation, Manuel Garcia, Rubini. Laruette et Trial, qui
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ont laissé leur nom à des emplois définis, inaugurèrent la comédie chantée. C’étaient plutôt des chanteurs sans voix.
Après Garat et le baryton Martin, qui mit en vogue la voix de tête, se forma l’École française avec Po.nsard, Damoreau-Cinti, Levasseur, Elleviou, Falcon, Stolz. Je m’abstiendrai de nommer les grands artistes encore vivants et si souvent applaudis sur les scènes les plus illustres.
Le 23 juin 1819, le baron de Gérando avait proposé à la Société pour l’instruction élémentaire d’introduire le chant dans les écoles populaires. Des essais comparatifs de méthodes furent faits à l’École modèle de la rue Saint-Jean de Beauvais ; mais ce fut seulement en i 835 que, sur le rapport d'une commission spéciale dont faisaient partie Orfila, Cochin, Bouvatier, Périer et Boulay(de la Meurlhe), le conseil municipal vota à l’unanimité l’enseignement du chant dans les écoles communales de Paris. Il fut immédiatement introduit dans trente écoles.
Aujourd’hui, des Conservatoires existent dans la plupart des grandes villes, non seulement en France et en Italie, mais en Allemagne, en Angleterre, en Russie, en Amérique, formant des artistes dans la langue nationale.
Et cependant, de nos jours, le chant ne semble pas en voie de prospérité. C’est l’avis de ceux qui ont qualité pour en parler. Parmi eux je citerai MM. Faure, Gailhard, Capoul qui voient les causes de cette infériorité temporaire dans la disparition d’un grand nombre de maîtrises où les voix étaient exercées dès l’enfance, dans la composition musicale actuelle, dans le développement qu’a pris l’intensité
des orchestres, enfin dans l’abandon des études d’agilité et de la méthode vocale italienne (école rossinienne) qui forma de si grands chanteurs. Les directeurs de nos scènes lyriques ne manquent pas d’appeler l’attention sur cet état de choses. Ils ne regrettent pas seulement les maîtrises, mais encore le « pensionnat du Conservatoire » où les élèves pouvaient, à l’abri des petites misères de l’existence, s’adonner entièrement à l’art du chant, dans les meilleures conditions possibles.
On raconte qu’un premier ténor, Sontheim, soutint un procès pour n’avoir pas à sacrifier sa voix dans certains opéras de Wagner. C’était l’époque où le maître renonçait à la représentation de son Tristan et Yseult à Vienne, les artistes ayant déclaré que leurs rôles n’étaient pas chantables.
La remise en honneur du plain chant, selon la tradition grégorienne que poursuit là Schola Cantorurïi de l’Eglise Saint-Gervais, à Paris, ne pourra que servir utilement au développement des voix.
Quelques travaux récents sur les altérations de la voix sont encore à citer.
En 1869, Rossbach (1) faisait imprimer à Wurtzbourg une « Physiologie et Pathologie de la voix humaine. »
Mon maître, Krishaber, donnait en 1876, dans les
(1) Rossbach. Physiologie und Pathologie der Menschlichen Stimme. Würtzburg, 1869.
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Annales des maladies de l’oreille et du larynx, un intéressant article sur le « nasillement », trouble que nous aurons à étudier.
Puis c’est, en 1880, le livre important de Colombat fils (de l’Isère) : Traité d’orthophonie, où sont analysés le bégaiement et les vices de la parole avec les procédés du redressement (Paris, Asselin, 1880).
La même année, Thaon (de Nice), lisait au congrès laryngologique de Milan un mémoire sür « L’hystérie et le larynx » où l’aphonie hystérique est particulièrement bien étudiée.
,Au Congrès international de Londres (1881), Bayer (de Bruxelles) communiquait une étude de : « L’influence de l’appareil sexuel de la femme sur l’organe vocal et sur la formation de la voix. »
En i 884 , c’est Bosworth (de New-York), qui, au Congrès international des sciences médicales, à Copenhague, vient étudier la Voix dans le Chant et son Éducation méthodique. 11 établit que les principes de l’éducation vocale doivent être basés sur les lois de la physiologie, que la découverte du laryngoscope a fait naître un grand nombre de méthodes reposant sur des idées trop étroites, qu’aucune méthode respiratoire n’est rationnelle si elle est exclusive. Il montre que les registres sont jusqu’à un certain point arbitraires, chaque individu ayant son propre registre.
Haudmann, en 1887 (1), donne une étude sur la voix et la parole humaine au point de vue physiologique et psychologique.
(1) Haudmanx. Die Menschliche Stimme und Sprache in physiologischpsycbologischer Beziehung. Munster, 1887.
Un des premiers, en 1887, Trifîletti (1) étudie la voix eunuchoïde. Un homme de 4 i ans avait gardé sa voix infantile, bien que son larynx eût acquis les dimensions normales. La glotte, dans la phonation, présentait un espace triangulaire à base postérieure.
En 1887 encore, Morell-Mackenziefait paraître son « Hygiène de l’organe de la voix ».
A signaler aussi le livre de G. Nuvoli sur la physiologie, l’hygiène et la pathologie des organes vocaux (1889, L. Yallardi, éditeur, à Milan).
Puis l’étude de G. Leuch sur le mutisme hystérique,. qui peut apparaître comme une endémie et qui est d’origine psychique (1790, Münch, Med. Woch.
En 1891, la ventriloquie attire l’attention de deux laryngologistes allemands : R. Wagner (2) et E. Bleuler ( 3 ). Ayant étudié un ventriloque viennois, en photographiant sa cavité buccale, ils ont vu que le mécanisme se produit par le rétrécissement de la cavité buccale (abaissement du voile du palais, soulèvement de la langue) et surtout par le ralentissement de l’expiration.
A la Société de laryngologie de Berlin (20 mai 1892), Rosenberg parle des troubles de la voix et de la parole dans la paralysie agitante.
La même année, nous trouvons dans le New-York med. Journal un article intéressant de Bach ( 4 ) sur le traitement de l’aphonie hystérique. Comme il s’agit souvent d’une faiblesse dans l’expiration, il cherche
(1) Trifîletti. Archivii italiani di laryngologia, juillet 1887, p. 129.
(2) R. Wagner. Münch. med. Woch., n° 17, 28 avril 1891.
( 3 ) E. Breuler. Ibid., 26 mai 1891.
( 4 ) Bach. New-York medical Journal, 22 octobre 1892.
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à rendre la tension à la colonne d’air expirée en faisant appliquer la langue contre les dents supérieures ; ou encore ses malades essayaient de tousser en donnant à la toux le son des diverses voyelles. L’amélioration était rapide.
Le journal La Voix a inséré, en 1892 (page n 3 ), un article du D r Hobbs (d’Atlanta), président de la Société américaine de Laryngologie, sur les maladies de la voix, mais il y étudie plutôt l’anatomie pathologique des diverses parties de l’appareil vocal « sans s’occuper de l’étiologie et de la pathologie des formes si variées qui produisent dos troubles de la fonction vocale. » Or, c’est bien là ce que je veux étudier dans ce livre.
En février 1892, Collet (de Lyon) insère dans les Annales des maladies de l’oreille et du larynx , une intéressante étude sur « le tremblement des cordes vocales et les troubles de la phonation dans la sclérose en plaques ».
Entre temps on trouve signalés des mutismes hystériques. Tel celui qu’ont observé MM. Troisier et Lermoyez(i). Un homme de 36 ans, après de copieuses libations, est pris d’hémiparésie avec hémianesthésie droites et mutisme absolu, de nature hystérique. Ce dernier trouble persista seul. Le malade ne pouvait émettre le moindre son, bien que les mouvements des lèvres et de la langue fussent intacts. Au laryngoscope, les cordes, d’ailleurs normales, restaient en abduction permanente quand le malade voulait donner l’effort phonatoire. La guérison fut obtenue avec
(1) Troisier et Lermotez. Bulletins et Mémoires de la Société médicale des hôpitaux, i4 avril et 22 avril 1892.
quelques électrisations extérieures. Ces paralysies phonatoires hystériques sont susceptibles de guérir aussi par suggestion ou par une vive impression morale. Elles avaient été étudiées par G. Ficano au premier Congrès de la Société italienne de laryngologie (Rome, 26, 27 et 28 octobre 1892).
En 1893, à la Société française de laryngologie, y M. Poyet appelait l’attention sur les hémorragies à répétition des cordes vocales.
Que d’obscurités seraient éclairées, s’il était possible d’obtenir de bonnes épreuves photographiques du larynx en fonctionnement! Reprenant les premiers ossais de Czermak (1860), Musehold (de Berlin) (1) a imaginé, en 1892, un nouvel appareil avec lequel il a obtenu quelques clichés intéressants.
Garel (de Lyon) a perfectionné notablement la laryngo-photographie, comme on a pu s’en rendre oompte par les épreuves qu’il a présentées en 1899^ la Société française de laryngologie.
Holbrook Curtis (de New-York), se range au premier rang parmi les laryngologistes qui se sont occupés des troubles de la voix. On lui doit un mémoire sur « les effets des mauvaises méthodes de chant sur la voix. (2) »
En 1893, Paul Garnault nous donne une traduction de l’excellent ouvrage de MM. Lennox Browne et Emile Behnke sur « la voix, le chant et la parole ». Ce livre mérite d’être souvent feuilleté par les phonologistes.
(1) A. Musehold. Un nouvel appareil pour la photographie du larynx. Annales des mal. de l’oreille et du larynx, i8g3, p. 25.
(2) H. Curtis. Congrès médical Pan-Américain. Washington, 5, 6, ,7, 8 septembre 1893.
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Dans la Revue de laryngologie, en 1894 (i er et i 5 février, i er mars), Joal étudiait « les influences des odeurs sur la voix », intéressante question sur laquelle nous aurons à revenir.
Le grand nombre d’ablations des ovaires que les gynécologistes ont pratiquées dans ces dernières années indiquaient des recherches au point de vue de leurs conséquences sur la voix. Moure (i), d’après deux observations personnelles, a constaté que la voix de la femme devenait plus grave, comme enrouée, que le soprano se transformait en mezzo-soprano. Ce serait l’inverse de ce que la castration produit chez l’homme. J’ai pour ma part (2) fait des recherches sur la question. Elles sont consignées plus loin (page i4g).
Enfin, au XII e Congrès international de Moscou, mon distingué confrère le P r Krause (de Berlin), analysait dans un important mémoire « Les maladies de la voix, leurs causes et leur traitement », et tout dernièrement Ricardo Botey (de Barcelone) donnait dans les Annales des maladies de Voreille et du larijnx ( 3 ) sa contribution personnelle à la question qui m’occupe.
Ces deux derniers travaux représentent ce qui a été écrit déplus précis et de plus étudié sur la question. Je ne pouvais me dispenser de leur emprunter ce qui manquait à mes recherches personnelles.
(1) Moure. La voix parlée et chantée, n° 55, p. 217, juillet 1894.
(2) Castex. Société française de laryngologie, 1896.
(3) R. Botet. Annales des mal. de l’oreille et du larynx, septembre