‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 12 sur 115 · CHAPITRE V LES SENTIMENTS ET L'ESPRIT DE SUITE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V LES SENTIMENTS ET L'ESPRIT DE SUITE

L'esprit de suite est attaché à la fermeté des idées^ mais cette fermeté doit sa possibilité de résistance à la puissance de domination qu'elle a conquise sur les sollicitations des mouvements affectifs. Plus robuste de nature, doué d'un système nerveux moins vulnérable, T homme triomphe dans cette maîtrise où la femme ne peut Tégaler. La pauvre créature a trop à se débattre au milieu des répercussions émotives où la bouscule son sympathique pour dominer cet orage dans une attitude de persévérance et de calme. L'esprit de suite lui fait défaut et cette lacune paie la rançon de sa sensibilité débordante. Trop de nerfs, un utérus tumultueux sont des bases fragiles à Tédification d'une volonté. Les maîtresses femmes le deviennent surtout au retour d'âge ; leurs organes devenus paisibles ne déchaînent plus des vents contraires sur le frêle esquif où naviguent leurs résolutions.

Sans doute, dans la jeunesse, certaines condi-' tiens d'entraînement favorisent l'aptitude à fixer les désirs : rexercîce physique exerce un rôle modérateur, encore que Tinfluence de son action ait été sensiblement grossie. Une jeune fille qui fait travailler ses muscles, ne calme pas forcément son sympathique viscéral ; elle le stimule et Teffet est inverse. Pour Papaiser il faudrait pousser jusqu'à la fatigue et alors le cerveau risquerait de chavirer directement. Plus sûrement que l'exercice physique interviennent, à titre de pacificateurs, les éléments éducateurs et l'expérience de la vie. Un but à atteindre, carrière, examen, orientent l'esprit dans l'unicité de sa voie. La nécessité de la réussite commande la continuité de la contrainte. A cet effort, le cerveau s'aguerrit et impose silence eux rumeiu'B intempestives de la sensibilité. Le risque est même réel qu'un mutisme affectif incurable finisse par stériliser les terrains du sentiment, BÎ fertiles chez la femme. Maintenir l'équilibre est difficile ; fortifier l'esprit sans dessécher le cœur, tel apparaît l'idéal. Il est plus près d'être cueilli par la femme qui, au lieu de travailler, se contente de souffrir. Les peines et les humiliations dévorées en silence, voilà les grandes éducatrices. Aidées du sentiment religieux, ce sont elles qui enseignent la droiture, l'égalité d'humeur, la constance dans les affections, la suite des idées*

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