‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 13 sur 115 · LES SENTIMENTS ET L*ESPRIT DE SUITE · texte numérisé non relu

LES SENTIMENTS ET L*ESPRIT DE SUITE

Cherchez-vous une femme complète, celle qui associe en elle la faculté d'aimer tendrement et de régler ses pensées avec méthode, vous ne la découvrirez que sur une nature dont le rêve brutalement déchiré s'est laborieusement adapté aux conditions du réel qui tracent la destinée de chacun.

L'esprit de suite annonce la maîtrise de soi, la mattrise de soi signifie subordination des images affectives aux images mentales. Communément, dans les âmes fougueuses, cette subordination n'est obtenue que dans un domaine restreint, celui où se peignent les images du but prémédité de longue haleine ; en dehors de cette région limitée, les vagues des secousses émotives continuent d'ébranler et souvent de ravager les abords d'une volonté errante, fragile et désemparée.

Demandez à un esprit de cette sorte de se fixer sur un ordre de considérations qu'il estime dé-« nuées d'intérêt, il se reconnaîtra incapable, et c'est un autre à côté de lui qui décidera à sa place. Pour dressé qu'il soit à l'acceptation d'une idée permanente que ménagent ses heurts, le sympathique entrera en révolte si vous abusez de sa docilité. Il n'est consentant que pour l'esprit de suite appliqué à im mode de pensées défini ; pour celles dont il n'a point été informé par une délibération énergique, il se regimbe et continue d'inscrire dans le cerveau les représentations émotives de ses exci-

Sft LES MALADIES DES CARACTÈRES

tations rapides et mobiles. Do là une grande faiblesse : des velléités inconsistantes, des décisions incertaines et contradictoires dans les circonstances accessoires de la vie. Nombre d'hommes de marque ont été domestiqués par des femmes subalternes ; l'autorité de ces dernières était attachée à la démonstration de cette infériorité maritale. Le côtiî par où l'homme les domine, non pas seulement elles, mais ses contemporains, leur échappe ; ne Tapercevant pas, elles n'ont de regards et d'impatience que pour les mille détails de second ordre où leur mari s'avoue impuissant à prendre parti j alors qu'elles, les harengères, avancent et foncent devant elles, résolues et sans timidité.

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