L'ALIMENTATION DES RAGES
à se tourner d'un autre côté. Les races qui ne boivent que de Teau ne progressent guère, les siècles de civilisation les recouvrent sans modifier la mentalité originelle. Le culte des ancêtres, chez les Chinois, s'il n'est point totalement lié à l'habitude de boire de l'eau qui caractérise l'hygiène de la race, est sans doute redevable d'une partie du tribut qui lui est assigné, à cet usage alimentaire qui maintient dans leurs accords héréditaires le rythme des pensées ancestrales.
Une telle mentalité arrête Tessor de l'imagination et l'immobilise dans la fixité d'un cadre effacé et modeste. Les œuvres d'art éclosent difficilement sur un semblable terrain. On remarquera le caractère peu artiste des races qui n'usent que de l'eau, à moins, comme nous le verrons tout à l'heure, qu'elles n'éclairent les grisailles de l'esprit par la vivacité du tempérament sexuel, et c'est Thistoire des peuples méridionaux. L'influence de la femme, si elle s'exerce partout, nulle part cependant n'a acquis l'empire dont elle dispose dans le midi de la France, en Italie et en Espagne. La femme remplaçant le vin, plus d'une fois, cette substitution s'est opérée et a marqué de son empreinte le caractère des œuvres qui étaient nées de ce stimulant d'une autre nature. Il y a près de vingt ans, déjà, cette double influence nous avait arrêté dans l'étude que nous avions consacrée aux vieux Maîtres de
m LES MALADIES DES CARACTÈRES
h\ médecine ^ « A la femme, disions-nous^ Paracelse préférait la bouteille. Si l'une et Tautre détournent a l'occasion de la tâche imposée, au moins revient-on à la besogne, un peu las parfois de la distraction prise, mais quand même plus lucide lorsque la dialraction ne s'est égarée que vers la femme. De n'avoir estimé que la bouteille a valu une des caractéristiques de Paracelse. D'être resté sobre a valu plus de jugement à Van Helmont. »
Au régime exclusif de l'eau, si l'esprit s'engourdit^ le corps s'encombre de déchets. Des statistiques anglaises confirmées en Belgique* ont démontré que les buveurs de vin et de bière vivent plus longtemps que les abstinents. Toute exception faite en faveur de privilégiés qui atteignent un âge avancé, les abstinents semblent exposés à l'incruslalion calcaire de leurs vaisseaux (athérome) moins peut-être du fait des sels calcaires que renferment les eaux de boisson que de l'absence de stimulation sur les sécrétions internes. L'eau ne stimule pas; elle se contente de balayer et encore avec mollesse. lOllfî n^empêche nullement les artëres de se durcir et une étude serait à entreprendre sur les morts précoces par hémorragie cérébrale chez les sujets (|ui, indemnes d'une maladie rénale ou infectieuse,
^ Ch, F1B88INGER. La Thérapeutique des Vieux Matires (Soc, EdU. Scimt.), 2» édit. 1896, p. 133 (épuisé). * Legh^nd. La longévité à travers les âges, p. 247.