CHAPITRE PREMIER LES HTSTÉRIQUES
Les névroses doivent^ ce semble, être considérées comme des r-eacLions nerveuses ^ vis-à-vis d'excitations du sympathique, ces dernières d'origine émotive le plus souvent et s*accompagnant ou non de troubles dans les fonctions digestives et l'élaboration des sécrétions internes.
Li^escitation émotive du sympathique seul semble donner lieu aux manifestations hystériques; quand les fonctions digestives et les sécrétions internes sont viciées, les divers types de neurastliénie se dessinent avec leur cortfege d'asthénie et d'anxiété, certaines d'entre elles enrichies de traits surajoutés qui leur valent une physionomie spéciale (maladie de Basedow, insuffisance surrénale). Le déscquilibre nerveux produit de la sorte détermine4-il des troubles qui aboutissent a la cristallisation dos images mentales, les idées fixes émotives prennent racine — idées Qxes motrices, c'est-à-dire tics, manies, — idées fixes anxieuses, c'est-à-dire obsessions, scrupules, phobies.
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La clinique et la thérapeutique plaident en faveur d'une semblable conception que la physiologie asseoira sur des bases définitives à son heure.
L'éitiotivité accrue de Thystérique, c'est elle sans doute qui assure cette faculté d'auto-suggestion 8UP laquelle avec tant de raison insiste M. Bab in ski. Seulement cette émotivité, d'où vient-elle sinon d'une excitation morbide du sympathique qui amène du déséquilibre dans les réactions vasomoLiices, et peut-être des troubles dans la répartition de l'influx nerveux : contractures, paralysies, trembtcments, hyperesthésies, névralgies ; Finflux nerveux désorienté, ici en trop, là en trop peu, s'accumule, s'évanouit, superpose les accidents de la circulation nerveuse troublée, à ceux de la circulation sanguine véhémente, incertaine et contradictoirt.\
Qu'on nous permette de rappeler ce que nous disions déjà il y a sept ans^ : « L'instrument mental de rhystérique, toujours sous pression, a hâte de se décharger en bavardages, gesticulations, parfois en véritables crises convulsives, de l'excès d'énorgie qui l'étouffé. On écrit que l'hystérique esl un pauvre. Quelle erreur ! C'est un riche, mais un riche qui ne sait pas gérer sa fortune. Il dépense à tort et à travers, follement, sans compter.
^ Gh^ FiRssiNGER. Erreurs socicUes et maXadiei moral$$, 1908. Perrin édit., p. 268.
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Si le dénûment entre jamais dans la maison, c'est à la façon d'une gêne passagère, provoquéL^ par une prodigalité qui ne connaît pas de frein k».
Et nous ajoutions : « Supposez que rhystérique soit en état de déGcit mental. Gomment expliquer que les plus grands génies dont s'honore rhumanité aient souvent eu des hystériques pour mëres? Le génie appartient à un instrument mental riL^h(\ mais discipliné. L'énergie en excès dont souffrait sa mère, il la canalisée, drainée, arrêtée au service de sa réflexion et de sa volonté ».
Une pareille conception soulève un problème physiologique des plus complexes : les rapports ilti sympathique avec les associations d'idées et des émotions avec l'intelligence. Toute la vie suhconsciente du sujet est interrogée par des investigations de cet ordre; or, cette vie entretenue par les représentations motrices des mouvements et des attitudes^ trouve, dans les réactions émotives du sympathique, matière à enregistrement d'imafies mentales nombreuses, mobiles, successives et chaotiques.
L'instabilité d'idées et d'humeur de l'hystéri(juii, son don d'amplification, de déviation de la vérité, puise en majeure partie sa raison d'être dans U
* RiBOT. La vie inconsciente et les mouvements, Félix ÂlcaHj
déséquilibre de son système sympathique. Les modificatiotiâ circulatoires, les spasmes intérieurs, la mimique du visage inscrivent des images successives et promptes dans la cire du caractère, zébrée de la sorte de mille incisures croisées qui dénoncent le désordre, l'impulsion, la contradiction, TaSolement des marques imprimées à tort et à travers. Les conditions d'éducation défectueuse réclament une large part de culpabilité dans la production de ces secousses émotives. Balzac insistait jadis sur le danger d'épouser une fille unique. Gâtée par ses parents^ elle vit dans la satisfaction de ses caprices, ignore la règle, la discipline, s'émeut à la moindre résistance, néglige d'apprendre à se contenir, s'irrite, gesticule, ébranle sans répit les branches vaso-motrices de son sympathique. L'hystérie de la fille est préparée par la faiblesse négligente des parents.
U existe àTétat normal trois sortes de femmes : les inquiètes, les aigres et les sèches. Les premières, émotives, anxieuses, aux réactions sympathiques véhémentes; les secondes, les aigres, mal adaptées, comme nous Tavons dit ^, à la minute du présent et en état d'irascibilité permanente contre les changements du milieu; les troisièmes, les sèches, logi-
^ Cw* FiBBstNOER, Là formation dsB c^ractèrUr Perriii^ éôitt
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cîennes dans leurs idées, logiciennes dans leurs actes, et comme telles obstinément fermées à tout appel du cœur, infatuées de leur mérite et^ parce que dénuées d'imagination, aveugles sur les con-^ séquences de leurs actes et commettant toutes les bévues.
L'hystérique est une exagération du premier type. L'inquiétude chez elle est devenue tumultueusBj agitée, bouillonnante, écrasant des panaches d'écume contre les obstacles dérisoires, incapable de mesurer reffort, bavarde, gesticulante, fatigante, énervante.
Ces notions psychologiques ne demeurent point àTétat de simples curiosités verbales» Seules, elles permettent d'instituer, en connaissance de cause, un traitement rapidement efficace, celui-ci visant à la fois les réactions sympathiques débridées et Tétat émotionnel primordiaL
Une double médication atteint le résultat : d'une part risolement, et de l'autre l'hydrothérapie froide. L'isolement loin des siens offre un premier avantage : la suppression des attitudes émotionnelles, à Toccasion des menus incidents de la vie quotidienne. De plus risolement est doublé d'une disci-< pline : lever, repas à heures régulières, durée des promenades et des occupations fixée àTavance, contrainte à une obéissance absolue. Toutes ces con-
U tES AiALADIEâ DES CâBâCTÈREB
di tiens dûment observées calment, réfrènent» équilibrent. Les réactions sympathiques r ordonnent, el les bousculades en sont exclues. Quant à Thydrothérapie froide, elle cingle, stimule les mutations nutritives, les régularise. En sorte que par la voie organique elle réalise le même effet que les mesures d'isolement obtenaient par voie psychique.
Sortie de sa maison de santé, Thystérique rentrera dans la catégorie des inquiètes ordinaires, avec les risques naturellement prévus d'une rechute BOUS Forage de nouvelles circonsUnces émotives.