‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 6 sur 115 · RÉACTIONS DES CARACTÈRES ET DES MALADIES · texte numérisé non relu

RÉACTIONS DES CARACTÈRES ET DES MALADIES

sexuel, comment feraient-ils pour ne pas être sobre ou chaste ? Chez d'autres encore, les susceptibles, les timides, les indécis, les signatures de leur travers s'effaçant par faute d'objet oii ils puissent s'inscrire, ce n'est guère que dans les menus détails de tenue ou de conversation que se révélera la petite tare personnelle qui les fait reconnaître. A l'état normal, chacun apprécie qu'il soit favorablement parlé de lui. Le malade double cette satisfaction par le besoin qu'il éprouve de voir adjoindre la promesse de la santé à l'éloge de sa personne. C'est le rôle du médecin de répondre à ce désir. Seulement, pour réussir dans sa tâche, il lui faut trouver les paroles qui pénètrent, et voilà le difficile. Les mots qui charment Tun exaspèrent l'autre. L'attention sympathique ne va qu'aux formules qui flattent les faiblesses de l'intéressé. Pour dire ce cela guérira » le médecin avisé enveloppera son affirmation d'un cortège d'arguments médicaux, cela s'entend, mais présentés dans le groupement qui recevra le meilleur accueil. Les anciens médecins possédaient à fond la technique de cet art. Ils savaient la manière d'aborder une sensibilité. Le tact, la finesse, une compréhension avertie du mécanisme des sentiments leur permettaient sans peine de réussir au premier contact et de convaincre .

Si la maladie retentit sur le caractère en réac-

lu LES M^ILÂDÏES DES CARACTÈRES

tions diverses, à son tour le caractère est susceptible de modifler, de ralentir, ou d'exciter l'allure du maL Les tendres, les susceptibles, les timides, tous ceux qui sentent vivement, allument vigoureusement, en cas de fièvre, les foyers thermiques, atteignent des degrés de température plus élevés que les médisants et les sots. S'acharner à baisser un degré thermique est s'insurger contre le mode de sensibilité d'un sujet. La véritable thérapeutique consiste à s'attaquer à la cause de la fiëvre, non à la fiëvre elle-même, de même qu'en matière morale, toute considération sociale mise à part, il convient moins de flétrir la faute que de déplorer les conditions préUminaires qui l'ont fatalement préparée. Une sensibilité riche signifie en eflet abondance d'énergie et celle-ci ne restreint pas son cours à rirrigation du caractère. Elle déborde, inonde les nerfs el les ganglions du sympathique, s'agite^ à la moindre alerte, en mouvements impétueux et soudains. Ne nous effrayons pas de ce tumulte ; sachons que maintes fois il traduit un effort curatif de la nature, effort un peu bruyant, tantôt efficace, tantôt impuissant. Une main prudente veillera simplement à tirer le meilleur parti de la situation, à réprimer doucement l'effervescence^ à la diriger, à ne jamais l'éteindre brutalement sous les manœuvre» d'une médication agressive el maladroite.

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