‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 8 sur 115 · LAMOUR-PROPRE · texte numérisé non relu

LAMOUR-PROPRE

Tamour-propre varie naturellement au gré de l'âge. L'enfant est fier de ses jouets, de sa force, de la fortune de ses parents ; la femme jeune a l'orgueil de sa ligne, la femme vieille rappelle avec complaisance ses succès d'autrefois. A mesure que le sympathique fonctionne avec moins de feu, l'amourpropre se refroidit. Le vieillard réduit son amourpropre à la constatation de sa verdeur : il a quatrevingts ans et son esprit, demeurant alerte, court dans l'agilité des belles années.

Dans les maladies aiguës, même note. Le souci de sa beauté abandonne la femme et Thomme cesse de se carrer dans la complaisance de ses mérites. Si la maladie se prolonge et respecte les frontières du sympathique, Thomme, comme le vieillard, se remémore le passé et les belles époques de ses ardeurs. Il en va autrement de l'aliéné; ici le sympathique veille et l'esprit se trouble. L'amour-propre s'exalte avec la perte du contrôle de soi. Les aliénés s*affublent d'oripeaux, de décorations et de plaques; les femmes se composent des toilettes invraisemblables. Ne sourions pas à leur misère : ils exagèrent peut-êtire, mais combien peu !

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