CHAPITRE V LES HOMMES POLITIQUES
Chez les hommes politiques, le cœur est fréquemment malade. Huchard déjà jadis en avait fait la remarque. Les libations excessives des périodes électorales, les efforts de la voix dominant le tumulte des réunions publiques, les déceptions inavouées et muettes, les fluctuations de la popularité secouant le cœur, l'exaltant pour Técraser anéanti quand la vague adulatrice se retire et soulève de nouveaux venus à leur tour, autant de causes physiques et morales qui émeuvent, énervent, jettent pantelant sur la rive. Une fois touché l'homme politique tait son mal. La situation à défendre contre des rivaux toujours menaçants oblige le malheureux à faire front et à ne laisser soupçonner à personne un désarmement physique qui devant une attaque le jetterait à bas sans souffle et sans possibilité de reprise dans la lutte.
La nature de son mal lui assure, il est vrai, la faculté d'en dissimuler l'existence aux yeux d'un