‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 108 sur 277 · E. — MALADIES DU FOIE · texte numérisé non relu

E. — MALADIES DU FOIE

L'hypérémie du foie, en provoquant la pléthore abdominale et par cela même une stase veineuse du cerveau, provoque également des troubles circulatoires de l'organe de la vision. Les malades, ceux surtout que leur travail oblige à regarder de près, se plaignent de maux de tôle, de vertiges, de douleurs frontales et orbitaires, tous phénomènes

causés par la faiblesse du muscle de l accommodation . L'amplilude de l'accommodation, qui à l'Age de quarante ans est de 3 à 5 D, tombe dans ces casa 2 D (Foerster). Les malades sont donc obligés de se servir de lunettes. Une fois l'byperémie du foie guérie (par les purgatifs et les alcalins) les troubles oculaires disparaissent.

Forster a également constaté dans des cas d'hypérémie du foie, la-présence dans les parties équatoriales du cristallin d'opacités se développant vers l'âge de quarante ans.

Le traitement alcalin (Carlsbad, Vichy, Marienbad) peut arrêter leur marche progressive, comme le démontrent des observations de Forster, qui cite plusieurs cas où les opacités cristaliniennes, grâce à ce traitement, sont restées stationnaires pendant dix à quinze ans. Mais il est impossible d'admettre la marche régressive de ces opacités cristalliniennes que quelques médecins de Carlsbad prétendent avoir observée à la suite du traitement alcalin (Seegcn, Hlawatschek). Ce dernier auteur cite trois cas de ce genre dans son ouvrage sur Carlsbad (édition de 1876). Autre chose est l'amélioration de la vue après un traitement alcalin. Cette amélioration s'explique par l'amélioration de l'état général.

Nous parlerons plus tard des troubles oculaires qui accompagnent l'ictère (xanthopsie) à propos des auto-intoxications.

Le xanlhelasme paipébral apparait sous forme de taches ou de nodules; il est bilatéral ou unilatéral (rarement), plus souvent au voisinage de l'angle interne que de l'angle externe de l'œil. Celte affection dépend-elle de l'état du foie ou bien de l'ictère? C'est ce qui n'estpas encore résolu. Sur vingt-sept cas réunis par Hebra, l'ictère n'a été constaté que quinze fois. Il peut encore arriver que le xanthelasme soit très prononcé, l'état du foie étant tout à fait normal, comme par exemple dans l'observation de Chauffard présenté à la Société médicale des hôpitaux de Paris.

Landolta vu deux fois la cirrhose hépatique accompagnée de relinile pigmentaire. D'après cet auteur les altérations anatomo-pathologiques dans les deux affections : cirrhose du foie et rétinite pigmentaire, seraient analogues. Dans la rétinite pigmentaire il s'agit d'une hypertrophie des fibres de soutènement delà rétine et surtout de celles qui entourent les vaisseaux ; leurs parois sont épaissies (d'où rétrécissement de leur calibre); bientôt survient une raréfaction du tissu nerveux et alors la rétine se présente à l'examen ophthalmoscopique sous l'aspect caractéristique de l'hyperplasie pigmentaire. A l'examen analomique la rétine est atrophiée, on constate la prolifération du tissu interstitiel du nerf optique, sa gaine interne est épaissie.

Le processus de l'hypertrophie du foie est en tous points analogue au processus ci-dessus décrit. On observe également des altérations du même genre dans le tissu interstitiel des reins avec un développement

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anormal de pigment. Il est invraisemblable, que des altérations semblables se reproduisent simultanément dans des organes si différents par simple hasard. Il est plus juste de supposer qu'il existe une cause commune. Dans un autre cas de Landoltla rate présentait les mêmes altérations que le foie et la rétine.

L'opinion de Landolt sur l'analogie entre les processus rétinien et les processus hépatiques se trouve confirmée par Litten qui a eu l'occasion d'observer une rétinite pigmentaire à développement aigu à la suite d'une cirrhose hypertrophique du foie. Cet auteur admet aussi que VAéméralopîe sans rétinite pigmentaire survenant dans des cas graves de cirrhose du foie serait due à une cause analogue. En tous cas l'héméralopie ne dépend pas du tout de l'ictère (1), comme le croient plusieurs auteurs : elle manque en effet dans l'ictère aigu très prononcé et au contraire elle est fréquemment observée dans la cirrhose atrophique du foie où le teint ictérique est à peine appréciable.

En tous cas il serait à souhaiter que les recherches sur l'étendue du champ visuel et Facilité de la vision des cirrhotiques soient entreprises sur une plus grande échelle.

Comme le glaucome peut être provoqué par les causes les plus diverses, on a tenté d'incriminer aussi les affections hépatiques. Ce qui est certain, c'est que chez les prédisposés elles peuvent en effet provoquer un accès aigu. Ainsi dans un cas de Forster, le glaucome était provoqué par un accès grave de péri-hépatite.

Il y a-t-il des complications oculaires qui appartiennent en propre aux maladies du pancréas? C'est ce qui est encore incertain. Il faut, cependant se rappeler que les affections du pancréas, comme, par exemple, la sclérose, l'atrophie, les calculs, provoquent une forme particulière de diabète sucré analogue à celle qu'on provoque artificiellement chez les animaux, en extirpant préalablement le pancréas, et appartenant au groupe des diabètes maigres ou diabètes consomptil's (Lemoine et Lannois), au cours desquels les complications oculaires ne sont pas rares.

Affections des dents. — Redard, Soc. franc, d'ophlhalni., 1SS6, 22 mai. — C reniera», Klin. Monatsli). f. Augenlioilk., 1886, Aug. — Brunschwig, Rev. d'ophthalm. , 1886. — Zicm, Àllgem. med. Centralleitung, 1887, nos 48-4!). — Galezoïoski, Progrès médical, 1888, n° 29. — Wieherkiewicr., Now. Lekarskie, 1890, n" 6-7 (polonais). — Forriter, lo?. cit., p, 71. — Jaeobsnn, loc. cit., p. 87. — Courtaix, Recherches cliniques sur les relations pathologiques entre l'œil et les dents. Thèse «le Paris, 1891.

Affections du pharynx. — Jacobson, loc. cit., p. 86. — Ziem, Ueber die Abhàngigkeit einiger Augenleiden von Rachenkrankheiten, AUgem. Med. Centralzeitung, 1886.

(1) Cependant un auteur récent, Hennig, prétend avoir observé un cas d'héméralopie due à la présence d'un ictère causé par une affection gastro-intestinale.

Trouw.f.s oculaires dans les ualadies de l'estomac. — De Graefe, Arch. f. Ophthalmologie, VII, 2, p. 143.

— Ibidem, VIII, 1, p. 209. — Jacobs, Berlin, klin. Wochenschr., 1868, p. 39. — Van den Bergh, Cli-

iiii|in> française, 1889, 23 avril. — Foersler, loc. cit., p. 73. Troubles oculaires dans les maladifs du tube digestif. — Foerster, loc. cit., p. 7i, 225. — Jacob-ion,

loc. cit.. p. SG. — /?. v. ffoesslin, Miinchn. Hed. Wochenschr., i 889, n" 6. — Wicherkiewicz, Now.

Lekarskie, 1890, n" '<-'■ Troubles oculaires dans ifs maladies du foie. — Landolt. Graefe's Archiv, XVIII, 1, p. 325. — Litten,

Arch. f. klin. Med., V. — Foerster, loc. cit., p. 7i, 77. — Jaeobson, loc. cit., p. 2f>. — Chauffard, Soc.

méd. des hôp., Il octobre 1889.

VI. — TROUBLES OCULAIRES DANS LES AFFECTIONS DES ORGANES RESPIRATOIRES.

A la suite d'affections catarrhales graves de la muqueuse respiratoire, on a souvent constaté l'apparition de Yherpès de la cornée. L'herpès cornéen est caractérisé par des vésicules remplies d'un liquide limpide ou légèrement troublé; il apparaît immédiatement après l'acmé de la fièvre, simultanément avec l'herpès labial et nasal et est accompagné de douleurs vives, de larmoiement et d'une légère injection péri-cornéenne. Les vésicules se rompent et à leur place il se forme des ulcérations, sur le bord desquelles on aperçoit des lambeaux d'épithélium. L'examen soigneux de telles ulcérations fait facilement reconnaître leur nature herpétique. Dans plusieurs endroits la perte de substance est plus considérable, là précisément où les ulcérations sont confluentes. La cornée est ancsthésiée dans ses parties affectées. La tension intra-oculaire est quelquefois sensiblement abaissée. Les paupières et le front restent intacts, ce qui distingue cette affection de l'herpès zosler ; sa durée est de un à un mois et demi; elle est unilatérale, à l'exception d'un cas rapporté par Horner.

A \asmle d'une toux violente (coqueluche, affection chronique des voies respiratoires) on voit apparaître des hémorrhagics dans le (issu souscutané des paupières ci des conjonctives, tout comme dans les troubles de la petite circulation, et dans la grande majorité des cas, les épanchemenlssanguinssont peu étendus, de la grosseur d'une tète d'épingle et situés par groupes; ces foyers d'hémorrhagies sont superficiels, sousépithéliaux et formés par la rupture des capillaires, qui se trouvent sur le sommet des papilles du derme. Dans quelques cas au contraire l'hémorrhagie est si considérable, que les paupières en présentent une coloration bleuâtre.

Ces foyers d'hémorrhagie apparaissent dans les morts par asphyxie, pendaison et étranglement; on connaît leur importance au point de vue de la médecine légale. Ils apparaissent, comme cela résulte d'expériences faites sur les animaux, dans la période convulsive de l'asphyxie et sont consécutifs à l'augmentation de la tension intra-vasculaire.

Les troubles de la petite circulation provoquent également des

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