IX. — TROUBLES OCULAIRES CONSÉCUTIFS A DES MALADIES ADYNAMIQUES
Dans ce chapitre, nous laisserons de côté les troubles fonctionnels de l'organe de la vision qui apparaissent dans le cours ou à la suite des maladies microbiennes (paralysie des muscles extrinsèques et intrinsèques de l'œil, amblyopie, amaurose, scotome central] ; nous nous en tiendrons aux altérations de la vue qui résultent d'un affaiblissement général causé par certaines maladies entraînant une perte de forces considérable.
Une des lésions qu'on rencontre le plus fréquemment est ïenophthalmos, c'est-à-dire l'enfoncement de l'œil dans l'orbite par suite de la disparition d'une certaine quantité de graisse du tissu rétrobulbaire.
La parésie du muscle de V accommodation est probablement, dans plusieurs cas, la conséquence de la diminution de la force motrice de ce muscle.
La xérose de la conjonctive, la kératomalacie et Yhéincralopie s'observent chez des enfants affaiblis et chez des adultes épuisés par la maladie.
Dans la xérose, la partie de la conjonctive qui n'est pas recouverte par les paupières, se gonfle légèrement; elle est voilée plus tard par une sécrétion blancbùtre, mousseuse, ou bien par une coucbe de croûtes blanchâtres. L'examen histologique a montré que cette sécrétion, ces croûtes,* contiennent une foule de gouttelettes graisseuses en suspension dans un liquide, et des cellules épithéliales remplies de granulations graisseuses. On a attribué cette prolifération des cellules épithéliales avec dégénérescence graisseuse à l'invasion d'un bacille (bacille de la xérose) et de microcoques réunis en groupes.
Plusieurs auteurs, parmi lesquels Xeisser, Kuschbert, Leber, etc., ont étudié le bacille de la xérose. P. Ernst ayant employé un réactif double au méthylène et au brun de Bismarck, a vu ce bacille renfermer, dans des bâtonnets jaunâtres ou rougeàtres, de 1 à 3, parfois même de 0 à 8 glomérules d'un bleu foncé.
■De nouvelles recberches entreprises par Schreiber tendraient à prouver que ce bacille ne serait pas la véritable cause de la xérose conjonctivale ; cet observateur a, en effet, rencontré le même bacille dans d'autres affections oculaires, notamment dans le pannus scrofuleux, la conjonctivite phlycténulaire et la conjonctivite chronique' Aussi est-il d'avis que le bacille de Neisser et de Kuschbert n'a rien à voir avec les symptômes de la xérose de la conjonctive. Il pense que ce bacille n'est qu'un saprophj te et que le vrai parasite de la xérophthalmie nous est encore inconnu.