AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX CHEZ L'HOMME
symptômes nerveux réflexes, comparables à ceux que Ton observe chez la femme atteinte d'une maladie de la matrice. On devrait donc supposer que dans les affections chroniques de la prostate il survient des troubles oculaires rappelant ceux qui accompagnent les affections utérines. Mais, d'après Guyon, on constate de très grandes différences dans l'état général des prostatiques : les uns sont très nerveux et leur état général est sérieusement atteint; les autres ne présentent aucun trouble de ce genre. C'est seulement chez les malades de la première catégorie qu'on doit rencontrer des troubles oculaires, mais les auteurs n'ont encore rien publié à ce sujet.
Dans deux cas, il m'a été possible d'établir un rapport entre des troubles oculaires et une prostatite chronique. La première fois, il s'agissait d'un homme de vingt-huit ans, offrant une forte hypersécrétion de la glande lacrymale, sans rétrécissement des canaux. Depuis des années, le malade était affecté d'un coryza qui avait résisté à toutes les médications employées. Ayant constaté l'existence d'une prostatite chronique, j'ai fait traiter cette affection par un confrère, et je vis s'améliorer en même temps le larmoiement et le catarrhe chronique de la muqueuse nasale.
Chez le second malade atteint de prostatite chronique, j'ai constaté que la rétine se fatiguait à la lecture et qu'il survenait rapidement des images complémentaires; le patient se plaignait de mouches volantes qui l'incommodaient parfois fortement. L'examen attentif de l'œil ne me montra rien d'anormal. Chaque fois que, par suite de mauvais temps, de froid, l'affection de la prostate s'aggravait, les troubles oculaires augmentaient. Je finis par persuader au malade qu'il devait se faire traiter au moyen d'instillations de nitrate d'argent à travers la partie postérieure de l'urèthre. Bientôt l'affection de la prostate s'améliora et, avec elle, l'état général : un certain nombre de symptômes nerveux (dyspepsie, insomnie, répulsion pour le travail) disparurent, et le malade cessa de se plaindre de symptômes du côté des yeux.
Nous ne possédons qu'une observation de choroïdite métastatique à la suite d'abcès de la prostate, et c'est à Haltenhoffque nous la devons; le cas se termina par la mort.
Hogg a noté la fréquence de la cataracte chez des malades atteints à' hypertrophie de la prostate et de rétrécissement de l'urèthre. Peut-être faut-il attribuer cette fréquence à l'affaiblissement général et au marasme prématuré ; c'est ce que de nouvelles recherches pourront établir.
Foerster, qui regarde l'affaiblissement général comme une cause prédisposant aux accès de glaucome, cite des cas où la lésion a apparu à la suite d'une cystite; il dit aussi avoir vu survenir le glaucome chez un jeune homme de vingt et un ans, épuisé par la masturbation.
Il nous faudrait encore mentionner les troubles oculaires qui appa-
2fi4 PARTIE SPÉCIALE.
raissent à la suite de l'uréthrite blennorrhagique; mais nous reviendrons sur ce sujet dans le chapitre consacré aux maladies infectieuses.
BIBLIOGRAPHIE
Foer&ter, \w. cit., p. or>, 102. — Jacobson, loc rit., p. 37. — Milliken (B.-£.), Amer. Journ. of Ophthalmologie, issu, octobre. — Power, Analysé dans la Deutsche Medizinal teitung, 1889. — Ilnqg, On the relation of cataract, stricture of the uretbra and enlargement of the prostate. Lancét, ^'-, II, p. 708.
XV. — TROUBLES OCULAIRES DANS LES ANOMALIES DE LA CROISSANCE ET LES AFFECTIONS DES OS.