ANOMALIES DES OS DU CRANE ET DE LA FACE
crâne. Ainsi chez un individu examiné par Virchow et qui offrait une synostose île toutes les sutures de la base, Hirschberg avait constaté une diminution de l'acuité visuelle des deux yeux; le champ visuel était normal d'un côté, rétréci en dedans de l'autre côté.
Dans un autre cas, Hirschberg rencontra, avec une déformation crânienne produite par une ossification prématurée, une cataracte zonulaire bilatérale. Dans ces deux cas, on ne saurait expliquer par les anomalies du crâne les lésions de l'organe de la vue. Il faut avouer qu'on ne peut pas expliquer davantage le nystagmus que Haehlmann a vu coïncider plusieurs fois avec des vices de conformation de la tête et du cerveau.
Les trous anormaux qui existent entre le frontal, les os nasaux ou L'ethmoïde peuvent donner passage à des méningocèles. Si la tumeur traverse un trou osseux placé entre le lacrymal et l'apophyse montante du maxillaire supérieur, elle peut faire croire à une tumeur de l'œil. Quand le trou est situé entre l'ethmoïde, le frontal et le lacrymal, l'encéphalocèle ou la méningocèle pénètre dans l'orbite, et il est parfois très difficile de distinguer ces tumeurs orbitaires des kystes dermoïdes. Il arrive cependant que le diagnostic puisse être établi avec précision : c'est lorsque la compression de la tumeur provoque des symptômes cérébraux; on a alors la certitude qu'il s'agit de méningocèle.
La croissance anormale des os qui n'est que partielle et qui frappe surtout les extrémités est connue sous le nom d'acromégalie ; elle parait avoir une tendance à s'accompagner quelquefois d'un développement irrégulier des os du crâne. On observe, dans quelques cas d'acromégalie, des troubles oculaires qui semblent dus à une compression des nerfs optiques, soit par les parois du canal optique, soit par la selle turcique hypertrophiée (hémianopsie temporale dans une observation de Schulze). L'atrophie du chiasma et des nerfs optiques a été constatée à l'autopsie dans les cas de Hanrot, Fritsch et Klebs.
Surmont a vu l'acuité visuelle considérablement diminuée chez une fille de dix-h uit ans atteinte d'acromégalie . L'exame n ophtalmoseopique lui montra qu'il existait une névrite optique bilatérale. C'est probablement parce que la maladie s'était développée pendant la croissance qu'elle avait atteint les mains, les pieds et la selle turcique (1).
Dans un cas d'acromégalie observé par Pinel-Maisonneuve, il existait, outre la névrite optique, de l'exophtalmie (symptôme constaté douze fois sur quarante et quelques observations connues jusqu'à ce jour); la tension intra-oculaire était augmentée, et les pupilles, insensibles à la lumière, réagissaient cependant durant l'acte de l'accommodation. Il est probable que les deux trous optiques étaient rétrécis
(1) Voir Souza-Leite, Thèse de Paris, 1890.
et qu'en outre les veines ophtalmiques comprimées ne permettaient plus au sang de s'écouler dans le sinus caverneux. Parisotti a rencontré un cas remarquable : l'affection du nerf optique s'accompagnait de paralysie de l'oculo-moteur externe.