VARIOLE
pendant la période de dessiccation ; Adler prétend qu'on ne les rencontre jamais avant le douzième jour de la maladie. D'autres auteurs ne les ont observées que plus tard; ainsi, Neumann, sur 1142 varioleux, na jamais vu d'iritis dans le cours même de la maladie, mais à sa suite, lorsque surviennent les abcès et les furoncles. D'accord avec lui, Hirschberg a proposé de nommer celte iritis post-vav ipleuse. Les symptômes cliniques de cette affection sont ceux de l'iritis séreuse ; il est très rare qu'elle soit compliquée de synéchies, comme on l'observe dans l'iritis plastique. La marche de l'iritis post-varioleuse est lente. 11 arrive qu'elle s'accompagne d'opacités du corps vilré, dues sans doute à des complications du côté de la choroïde.
Comme on le voit surtout dans les affections du tractus uvéal, la variole peut déterminer l'apparition de la cataracte polaire postérieure, siégeant dans les parties centrales de la couche postérieure du cristallin, ou bien des opacités ries couches corticales tout entières. Ilutchinson fils a rencontré, chez une fille de trente-sept ans, la cataracte totale des deux yeux, consécutivement à la variole. On a cité aussi plusieurs cas de glaucome à la suite de cette maladie, et nous nous souvenons en avoir nous-même observé un exemple.
On ne trouve d'altérations de la rétine que lorsque la variole se complique de néphrite. H. Adler a vu trois cas de névro-rétinites diffuse et albuminurique à la suite de la variole; Manz en a publié deux cas, et on en rencontrerait des observations dans quelques autres auteurs. L'affection peut débuter pendant la période de dessiccation, mais en général elle n'apparait que plus tard. Dans tous les cas mentionnés dans les auteurs, la rétinite s'est terminée par la guérison.
h'amaurose urémique est très rare dans la variole, de même que l'amaurose sans altération du fond de l'œil. Riedel, un de mes élèves, a publié une observation très intéressante d'amaurose bilatérale, survenue brusquement à une époque peu avancée de la maladie; l'examen analomopatbologique, fait par moi-même, montra l'existence dé névrite périphérique du nerf optique. Il est probable que la lésion analomique que j'ai constatée est identique à celle qu'ont montrée d'autres nerfs à la suite de la diphthérie. Dans les deux cas il s'agit d'une névrite périphérique toxique (ptomaïnes).
Caparésie du muscle de l'accommodation a élé observée plusieurs fois à la suite de la variole, et elle a duré fort longtemps chez certains malades; elle doit aussi être attribuée, selon toute vraisemblance, à l'action toxique des ptomaïnes sur les parlies périphériques des filets nerveux qui animent ce muscle. En faveur de cette théorie, on peut invoquer le fait mis en évidence par Jacobson (1), à savoir que la parésie de l'accommodation se rencontre sans iritis ni cyclite.
(i) Jacobson, loc. cit., p. 86.