‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 194 sur 277 · CHOLliRA · texte numérisé non relu

CHOLliRA

Dans les cas graves de choléra, on voit de bonne heure une coloration bleuâtre {cyanose) envahir les paupières qui, en même temps, se ferment avec diflicullé. Si l'on demande aux malades de fermer les yeux, ils le font, mais, aussitôt après, les paupières s'écartent de nou-

veau. Ce phénomène résulte sans doute d'une certaine faiblesse de l'orbiculaire des paupières.

Lasécrétion des larmes est diminuée dans le choléra. Quelles que soient les douleurs qiùls éprouvent, les malades ne pleurent jamais, et L'instillation de substances irritantes dans le sac eonjonctival, de teinture de laudanum par exemple, ne provoque aucune hypersécrétion des larmes (de Grœfe).

Pendant La période asphyxique, les yeux des cholériques sont généralement dirigés en haut, de sorte que la cornée n'est visible que dans une petite partie lorsqu'elle n'est pas totalement recouverte par la paupière supérieure. La portion de la conjonctive qui n'est pas couverte par les paupières est habituellement sèche et injectée. On a aussiobservédes echyrnoses dans cette partie de la conjonctive (Joseph) et on prétend que leur apparat ion est d'un présage très fâcheux. Tous les malades (12) sur lesquels Joseph a rencontré ces ecchymoses ont succombé.

A la fin de la période algide, on a parfois noté une opacité de la pardi' inférieure de la cornée, qui n'est pas recouverte par les paupières. An bout d'un ou deux jours, ils se forme une eschare superficielle, de couleur brune, qui se détache ; la partie de la cornée qui avait conservé sa transparence se met alors rapidement à suppurer. De Grade admet que la kératomalacie qui survient dans le choléra est de nature névro-paralyjUqûe ; mais il est incontestable que la dessiccation joue un rôle très important dans la pathogénie de cette affection. D'après Camparl et Saint-Martin, la sensibilité de la cornée serait toujours diminuée à La tin des cas graves de choléra.

L'apparition de /a>-/ies noirâlres dans la selérotique est, on le sait, un symptôme liés défavorable. Ces taches se montrent autour du rebord cornéen inférieur; leur forme est irrégulière et quelquefois on les voit augmenter de surface, plusieurs d'entre elles se réunissant en une seule. Pour Boehm et de Gniefe, ces tâches sont produites par la dessiccation de la sclérotique, qui ne commencerait pas du côté de la conjonctive. Elles peuvent se présenter aussi aux paupières intérieures (de Grsefe). Jusqu'à ce jour, on n'en a pas fait l'examen auatomopathologique.

L'enophlalmos, ou enfoncement du globe oculaire dans l'orbite, est aussi très prononcé dans la période algide du choléra ; il est dû à une diminution considérable *\^ liquide des tissus rétro-bulbaires.

Dans la même période, les pupilles sont généralement contractées (de Grœfe ; an déduit, elles sont, au contraire, fréquemment dilatées (Campart cl Saint-Martin). De Grœfe admet que le myosis, dans la période algide, est causé par la paralysie du grand sympathique cervibal ; Jacobson pense qu'il est dû à des causes mécaniques ou à l'altération du sang ou des vaisseaux, mais il n'ose pas trancher la

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