‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 195 sur 277 · CHOLERA · texte numérisé non relu

CHOLERA

question. Bouchard l'attribue à une auto-intoxication (urémie) résultant de l'accumulation de produits toxiques dans l'économie, la lésion des reins ne permettant plus à ces organes de les éliminer. Il a réussi, en injectant sous la peau d'animaux des urines de cholériques, à provoquer les symptômes du choléra môme, mais il n'a pas produit le uiyosjs(l). Dans ces expériences, les produits qui déterminent les symptômes du choléra passent dans les urines; mais il n'en est pas de même des substances qui causent le myosis, qui restent accumulées dans l'organisme.

D'après Coste, il est très utile au point de vue du pronostic d'étudier la réaction pupillaire. En se basant sur de nombreuses recherches cliniques faites pendant l'épidémie de 1885, il arrive à conclure que la prompte réaction des pupilles à la lumière est un signe favorable, tandis que le défaut de réaction, qu'il existe du rétrécissement ou de la dilatation, présage sûrement un dénouement fatal. Si la réaction pupillaire est affaiblie, il faudrait y voir un indice d'une longue durée de la période de réaction.

Les opacités signalées dans le corps vitré ou, exceptionnellement, dans le cristallin Campart et Saint-Martin) prouvent que parfois le tract us uvéal est aussi atteint.

L'examen ophtalmoscopique pratiqué pendant la période algide permet de constater un rétrécissement des artères rétiniennes dont la coloration est d'un rouge foncé. Une très légère pression exercée avec le doigt sur le globe oculaire produit le pouls artériel ou rend exsangues les vaisseaux du fond de l'œil. Ces phénomènes sont la conséquence de la faiblesse du muscle cardiaque et de la diminution de la tension intra-vasculaire (Voir p. 232); on les observe en même temps que la disparition du deuxième bruit du cœur et du pouls radial.

Contrairement aux artères, les veines rétiniennes ont leur diamètre normal et contiennent un sang très foncé. De Grsefe a vu parfois le courant sanguin interrompu dans les veines ; de petits cylindres sanguins cheminent alors par poussées vers la papille, et ce phénomène peut être comparé à celui qu'on observe dans quelques cas à la suite d'embolie de l'artère centrale de la rétine.

Depuis longtemps déjà, on a parlé des obnnbilations de la vue dont se plaignent quelques malades au début ou dans le cours de la période algide du choléra. On ne sait encore s'il faut les attribuer à l'affaiblissement du courant sanguin ou à des troubles oculaires engendrés par les microbes ou par les produits toxiques amassés dans l'économie. La rétention d'urine est, en effet, très fréquentée la lin de la période algide du choléra asphyxique, et, d un autre côté, cette forme de choléra prédispose à la néphrite parenchymateuse, qui peut amener

(1) Bouchard, Auto-intoxications, p. 282.

l'auto-intoxication à cause des substances que renferment les urines, Plusieurs fois, dans la période réactive du choléra, on a constaté une très forte hi/pérémie de la conjonctive, qui peut même dégénérer en conjonctivite catarrhale.

Les complications secondaires, désignées sous le nom de typhoïdocholériques, n'ont aucune influence spéciale sur les yeux. Joseph prétend néanmoins que les pupilles sont toujours rétrécies, sauf dans les cas graves où il existe de la mydriase.

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