‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 204 sur 277 · URÉMIE · texte numérisé non relu

URÉMIE

Yhéméralopie, celle-ci accompagnant surtout les cas de sérieuse gravité, par exemple ceux qui sont dus à la cirrhose atrophique du foie ; c'est ce qui résulte des observations de Frerichs, de Cornillon, de Litten et de Kœnigstein. Nous avons vu plus haut que, dans ces cas, l'héméralopie n'a rien avoir avec l'auto-intoxicalion par la bile, mais qu'elle est probablement produite par le développement, dans le tissu de la rétine, de lésions analogues à celles qui existent dans le foie.

On observe des hêmorrhagies rétiniennes dans quelques cas d'ictère, mais nous contestons qu'elles soient en rapport avec la résorption de la bile. Junge rencontra dans la cirrhose du foie avec ictère des épanchements sanguins dans la rétine et des altérations dans les couches à noyaux de celte membrane. Stricker observa également, dans un cas grave de cirrhose du foie, des hêmorrhagies rétiniennes qui augmentèrent même après la disparition de l'ictère. Dans un cas de carcinome de la vésicule biliaire et du foie, Buchwald trouva aussi des hêmorrhagies rétiniennes. Dans la plupart des cas de cette nature, l'acuité visuelle n'est nullement atteinte par les hêmorrhagies de la rétine.

On sait que c'est surtout dans la forme atrophique de la cirrhose du foie, où l'ictère est peu prononcé (coloration subictérique) que des hêmorrhagies se font le plus facilement dans divers organes. On observe alors des épistaxis, des gastrorrhagies, des hêmorrhagies de la plèvre et du péritoine, du melaena, du purpura, des hémoptysies, des entérorrhagies, tandis que la cirrhose hypertrophique, qui détermine un ictère très accusé, ne se complique pas d'hémorrhagies. Par conséquent, nous pouvons conclure que les hêmorrhagies rétiniennes ne sont pas produites par l'ictère, comme le supposait Foerster.

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