F. — GRAND SYMPATHIQUE
Portion cervicale du grand sympathique. — La portion cervicale du grand sympathique est formée de trois, quelquefois seulement de deux ganglions. Le ganglion cervical supérieur donne deux branches supérieures, dont l'une s'anastomose au niveau du trou déchiré avec le plexus gangliforme du pneumogastrique, avec l'hypoglosse et avec le glosso-pharyngien. L'autre branche accompagne la carotide interne et forme le plexus qui l'entoure. De ce plexus caroti-
dien se détachent les rameaux destinés au ganglion de Gasser, aux nerfs ocnlo-inoteurs commun et oxlerne et au pathétique.
Le ganglion cervical supérieur s'anastomose avec les troisième, quatrième, cinquième et sixième nerfs cervicaux.
Le ganglion cervical inférieur est souvent réuni au ganglion cervical moyen, et alors ils donnent des rameaux communs, qui remontent vers le trou vertébral des apophyses transverses des dernières vertèbres cervicales. Les rameaux externes du ganglion inférieur forment le plexus qui entoure les artères axillaire et bumérule. Ce ganglion s'anastomose avec les sixième, septième, huitième, neuvième nerfs cervicaux et avec le premier nerf dorsal.
Recherches physiologiques. — Des recherches célèbres de Claude Bernard, il résulte que le grand sympathique cervical envoie des rameaux aux vaso-moteurs de la moitié correspondante de la tête. La section de ce nerf provoque, en effet, la dilatation des vaisseaux de la moitié de la tête correspondant à la section; les oreilles deviennent plus chaudes, la sécrétion de la sueur s'exagère en même temps que la sécrétion salivaire. La pupille est contractée, le globe de l'œil semble rétracté par suite de la paralysie du muscle orbi taire de Muller.
En excitant le bout central du tronc sympathique cervical, la pupille se dilate, le globe oculaire fait saillie et les vaisseaux cutanés de la face se resserrent.
Par les recherches de Budge et de Chauveau, nous 'savons que les rameaux du sympathique qui innervent l'iris sortent de la moelle épinière. En employant la méthode de Waller pour provoquer la dégénérescence descendante des nerfs sectionnés, Chauveau a pu démontrer que ces rameaux sortent de la région cervicale inférieure de la moelle épinière, du centre cilio-spinal de Budge. Suivant Chauveau, le centre cilio-spinal se trouve entre la sixième vertèbre cervicale et la deuxième dorsale.
Le nerf sympathique cervical reçoit, au moyen des rameaux communicants, des fibresqui naissent dans le centre cilio-spinal. L'excitation de ce centre provoque, comme celle du grand sympathique cervical, la dilatation de la pupille.
Ajoutons encore que le grand sympathique envoie des rameaux vers les muscles palpébraux supérieur et inférieur de Muller, formes l'un et l'autre de fibres lisses, et qu'il contient des rameaux 1 1- « » phiques «le l'œil. Brown-Séquard a, en effet, observé des troubles trophiques de l'œil et du cerveau consécutivement à la section du sympathique cervical. Ces phénomènes cependant ne se produisenl pas toujours.
La dilatation pupillaire consécutive à l'excitation du sympathique cervical a été expliquée de différentes façons; suivant Claude Ber-