‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 48 sur 277 · GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

GRAND SYMPATHIQUE

nard, doux causes interviennent : 1° l'excitation du muscle dilatateur de la pupille; 2° le resserrement" des vaisseaux de l'iris.

Mais nous savons par les recherches d'Hénocque, de Gruenhagen, d'Eversbusch et d'autres qu'il n'existe pas de dilatateurde la pupille; de sorte que, dans ces circonstances, la dilatation pupillairc dépend seulement de l'action des vaso-constricteurs. Ces nerfs vaso-constricteurs de l'iris auraient, d'après Salkowsky, leur centre dans la moelle allongée, d'où ils se dirigent vers le centre cilio-spinal de Budge et de là vers le nerf sympathique cervical.

Sehiffa, en effet, observé la dilatation des vaisseaux de l'iris à la suite de la section de la moelle allongée. Nous-même nous avons rencontré un cas de myosis consécutif à une lésion de la moelle allongée.

Lesser croit que les nerfs dilatateurs de la pupille ont pour origine la moelle allongée, la moelle épinière cervicale et le grand sympathique cervical.

Les nerfs dilatateurs de la pupille accompagnent le plexus carotidien; de là, d'après Snellen, Hippel, Gruenhagen et Leber, ils passent en partie dans le trijumeau, mais suivant Balogh ils se jetteraient ensemble dans le ganglion de Gasser.

Symptômes cliniques des lésions de la partie cervicale du grand sympathique. — Le resserrement pupillaire consécutif à la paralysie du nerf sympathique est très prononcé. La pupille réagit moins à la lumière qu'à l'état normal; dans l'obscurité, par exemple, elle se dilate peu. Il en résulte qu'à l'éclairage faible l'inégalité des pupilles, dans les cas de lésion unilatérale du grand sympathique cervical, est plus prononcée qu'à l'éclairage fort. La pupille du côté paralysé n'a plus sa forme circulaire.

En nous basant sur cette déformation pupillaire, nous attribuons le myosis qu'on observe dans le tabès dorsalis aux seuls troubles vaso-moteurs.

L'instillation d'atropine dans l'œil dont la pupille est rétrécie par suite de paralysie du grand sympathique produit une dilatation relativement peu prononcée. Mais cette dilatation se maintient très longtemps, quelquefois même pendant quatre à cinq semaines.

Horner a le premier observé (1869) une légère ptosis consécutive à la paralysie du sympathique cervical, et ce fait s'explique par la paralysie du muscle palpébral supérieur de Muller. Dans ce cas, la ptosis n'est cependant pas assez prononcée pour que la chute de la paupière amène le recouvrement de la pupille.

Quant aux phénomènes vaso-moteurs observés à la suite de paralysie du sympathique cervical, on peut les diviser en deux périodes. Tout d'abord, on observe une rougeur prononcée d'une moitié de la face, une augmentation de la sécrétion de la sueur et une élévation de la température du côté malade. Dans la seconde période, survient

l'atrophie des tissus, la pâleur de la moitié de la face, l'abaissement de la température ; la sécrétion de la sueur s'arrête. Tous ces phénomènes n'apparaissent pas simultanément. C'est ainsi que L'élévation de la température et la dilatation des vaisseaux peuvent être observées en même temps que l'arrêt de la sécrétion des glandes sudoripares.

Dans la paralysie des libres du sympathique cervical, les rameaux vaso-moteurs peuvent être atteints sans que les rameaux oculopupillaires soient lésés.

Dans ce dernier cas, la lésion du sympathique n'est très probablement pas localisée à sa portion cervicale, où les deux sortes de fibres nerveuses sont réunies, mais s'étend au parcours central du nerf.

Samelsohn cite un cas extrêmement intéressant : à la suite d'une paralysie du sympathique cervical du côté droit de la face, on n'observa qu'une diminution de la largeur de la fente palpébrale, une rétraction du bulbe oculaire et un rétrécissement de la pupille; du côté gauche, tout d'abord rougeur, élévation de la température de la peau et sécrétion sudorale très prononcée ; ensuite pâleur de la face, abaissement de la température, diminution de la sécrétion sudorale. Ces phénomènes s'expliquent par ce fait que du côté droit les nerfs oculo-pupillaires étaient paralysés, pendant que du côté gauche c'étaient les nerfs vaso-moteurs du sympathique qui étaient atteints de paralysie. Dans un autre cas (d'Adamuck), on a observé les symptômes d'irritation des rameaux oculo-pupillaires du côté droit (dilatation de la fente palpébrale et mydriase). Au contraire, on a constaté du côté gauche les symptômes d'une paralysie des nerfs vaso-moteurs : pâleur de la face, abaissement de la température, sécheresse de la peau, diminution de la sécrétion lacrymale, resserrement des vaisseaux rétiniens.

Chez ce malade, qu'on a pu observer au début même de l'affection, on a constaté une irritation des rameaux oculo-pupillaires du côté droit et celle des vaso-moteurs du côté gauche.

Brunner a publié un cas très intéressant d'irritation prolongée des rameaux oculo-pupillaires et de paralysie des rameaux vaso-moteurs du sympathique de même côté. La fente palpébrale était, dans ce cas, un peu plus large du côté gauche (malade , la pupille était dilatée et réagissait peu à la lumière. Du même côté, il existait de la pâleur, de l'amaigrissement et une absence de sécrétion sudorale delà lace.

L 'enfoncement <lu bulbe oculaire consécutif à la paralysie prolongée du sympathique cervical doit être attribué non seulement a la paralysie du muscle orbitaire de Mttller, mais aussi, en partie, à la perle partielle de la graisse du tissu rétro-bulbaire.

Il faut encore noter l'abaissement très considérable de la tension intra-oculaire dans la paralysie du grand sympathique cervical.

Page 1