‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 55 sur 277 · TROUBLES OCULAIRES DANS L'HYDROCÉPHALIE. A · texte numérisé non relu

TROUBLES OCULAIRES DANS L'HYDROCÉPHALIE. A

toxiques (alcool, nicotine), des troubles fonctionnels tels que L'inégalité des pupilles, le tremblement de la langue et des mains.

G. TROUBLES OCULAIRES DANS L'ilYDROCÉI'IIALIE.

a. Hydrocéphalie des enfants. — Dans l'hydrocéphalie primitive des enfants, les orbites sont enfoncées sous la saillie des os frontaux. Les yeux, d'après Strùmpell (loc. cit., p. 418), sont le plus souvent dirigés en bas, grâce à une innervation insuffisante des muscles des yeux et aussi à la forme irrégulière de l'orbite. Parmi les organes des sens, c'est l'œil qui est le plus souvent atteint. L'espace intervaginal du nerf optique est dilaté; et en effet à l'examen ophthalmoscopique on observe une névrite optique assez peu prononcée, avec absence du pouls veineux de la rétine, ou bien une atrophie du nerf optique, avec rétrécissement des artères et dilatation des veines. Les troubles fonctionnels qui en résultent sont l'amblyopie ou la cécité absolue. Les deux yeux ne sont pas frappés au même degré : il se peut que l'un soit atteint d'amblyopie, l'autre d'amaurose. Dans certains cas on a vu l'amblyopie accompagnée de rétrécissement concentrique du champ visuel, ce qu'on a voulu attribuer à une altération des faisceaux périphériques du nerf optique.

b. Hydrocéphalie des adultes. — On constate les mêmes altérations à l'examen ophthalmoscopique que dans l'hydrocéphalie des enfants. L'amaurose doit être attribuée en partie à la dégénérescence du nerf optique consécutive à la névrite, mais surtout à la dilatation très prononcée du diverticulum de Michel situé dans le chiasma, dilatation qui entraîne la compression des fibres optiques.

Les cas d'hydrocéphalie interne, qui se présentent avec les symptômes d'une névrite optique et d'écoulement continuel du liquide cérébro-spinal par les fosses nasales, sont très intéressants. Pristley- Smith (de Birmingham) a le premier observé ce dernier symptôme, chez un malade qui avait en même temps des polypes nasaux. D'après lui, ces polypes avaient produit l'inflammation des sinus sphénoïdaux et des cellules ethmoïdales, d'où l'écoulement de liquide. D'après nous, cette opinion est inexacte, attendu que les symptômes d'inflammation des sinus sphénoïdaux et des cellules ethmoïdales sont tout à fait différents de ceux observés par l'auteur.

En dehors des cas observés par Smith, nous connaissons d'autres cas analogues observés par Bristowe, Elliotson, Nettleship, Leber, Nothnagel, Emrys-Jones. Dans un cas dont nous devons l'observation à Leber, le liquide fut examiné au point de vue chimique parDollens, et son identité avec le liquide cérébro-spinal a été démontrée. L'écoulement continu peut se produire par une narine ou par les deux ; la quantité de liquide rendue dans les vingt-quatre heures

peut dépasser un litre et demi. Dans tous les cas l'affection frappa des jeunes gens; elle débuta sans qu'on pût invoquer aucune influence extérieure, avec des symptômes d'augmentation de pression intracrânienne, des maux de tète, des vertiges, de la faiblesse motrice, mais très rarement des crampes; en outre l'acuité visuelle peut diminuer jusqu'à amener la cécité complète. L'examen du fond de l'œil montre qu'il existe dé l'atrophie du nerf optique consécutive à la névrite optique. Cette atrophie ne se développe pas simultanément et, avec la même rapidité dans les deux yeux. Ainsi, dans le cas de Leber, l'œil droit était atteint d'amaurose, tandis que de l'œil gauche le malade pouvait compter les doigts à 12 mètres. Au début, le champ visuel était d'une étendue normale du côté nasal, mais très rétréci du côté temporal, phénomène qu'on pourrait attribuer à une lésion des fibres optiques voisines du diverticulum de Michel.

Aussitôt qu'apparaît l'écoulement du liquide cérébro-spinal par le nez on voit cesser les symptômes d'augmentation de pression intracrànienne (maux de tête, vertige, etc.). L'écoulement peut continuer pendant des années, comme dans le cas d'Emrys-Jones, qui l'observa pendant douze ans par la même narine. Dans ce cas, l'atrophie du nerf optique était plus développée du côté de l'écoulement du liquide que de l'autre. Dans un seul cas de Pristley-Smith, l'écoulement s'est produit tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Chez un malade de Nothnagel, le liquide s'écoulait aussi par le cul-de-sac de la conjonctive. La communication s'était probablement établie par l'espace supravaginal du nerf optique, la capsule de Tenon et les lymphatiques antérieurs de l'œil. Si l'écoulement s'interrompt pendant longtemps, tous les symptômes d'augmentation de pression intra-crànienne réapparaissent (somnolence, vertiges, etc.). Dans les cas de Nettleship et de Leber, on observa l'anosmie ; dans celui de ISettleship des palpitations du cœur; dans celui de Baxtor de l'hypertrophie de la glande thyroïde.

L'explication de ces phénomènes devint possible le jour où Leber a remarqué le premierl'apparition d'une déformation hydrocéphalique du crâne, se manifestant par la proéminence appréciable du front.

L'opinion de Pristley-Smith qui attribue ces symptômes à une lésion des sinus sphénoïdaux et des cellules ethmoïdales est fausse, attendu que dans l'autopsie qui fut faite du sujet observé par Baxtor, ces cavités pneumatiques étaient intactes ; on ne constata qu'une hypérostose des us du crâne. Baxtor suppose qu'une affection chronique quelconque des sinus sphénoïdaux ou de la région voisine de l'ethmoïde peut provoquer ces symptômes par la propagation du processus inflammatoire vers le chiasma et les parties voisines du cerveau. Morel Mackenzie, qui a examiné un des malades de Pristley- Smith pendant L'interruption de l'écoulement du liquide rachidien,

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