‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 98 sur 277 · AFFECTIONS DU SINUS MAXILLAIRE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DU SINUS MAXILLAIRE

du tissu entourant la plaie, et ont été probablement causées par le déplacement des bouts de la gaze vers le côté nasal. Ceux-ci, devenus voisins du nerf sus-orbilaire, l'ont comprimé et ont amené des névralgies sus-orbitaires très fortes suivies d'anestbésie et de troubles vasomoteurs (œdème passager) des parties de la peau animées par ce nerf.

Notons encore L'emphysème du pourtour de la listule produit par un éternuement trop violent. Ce symptôme sans importance, ne devait pas nous empêcher de conseiller au malade de vider par éternuements le contenu du sinus frontal, tout en lui recommandant une certaine prudence.

Qu'il me soit permis de comparer ce moyen si simple de vider le sinus à la méthode de Yalsalva^parla trompe d'Eustache) qui, lorsqu'il y a abus, peut également devenir nuisible au malade. C'est après de nouvelles recherches qu'on pourra préciser dans quel cas il convient d'ouvrir le sinus par la paroi antérieure (frontale) ou par la paroi inférieure (orbitaire), ou bien encore par les fosses nasales. Dans tous les cas. mon observation me semblait digne d'être communiquée à mes confrères.

On connaît bien les symptômes des tumeurs du sinus frontal, par exemple le déplacement de l'œil en dehors, en bas et en avant. Il existe d'autres signes concomitants (paralysies des muscles oculaires), qui sont probablement la conséquence de la paralysie des nerfs par compression. Nous citerons, par exemple, un cas d'Elschnig, où une hydropisie du sinus avait déterminé du ptosis et l'impossibilité de mouvement de l'œil ipour Scheff et Zuckerkandl, il s'agissait d'un kyste par rétention d'une glande muqueuse). Wœlfler pratiqua la résection de la paroi du kyste; l'œil reprit sa mobilité normale, mais le ptosis persista.

Les polypes du sinus frontal ont une certaine importance en clinique, parce qu'en se développant, et par le fait d'ostéoporose, ils peuvent perforer la paroi orbitaire du sinus. G.-N. Walker a observé un cas d'abcès orbitaire, qui récidiva plusieurs lois et guérit après extirpation de polypes du sinus frontal.

Pour les particularités relatives aux tumeurs du sinus frontal, nous renvoyons aux traités de chirurgie.

b. Affections du sinus maxillaire. — Les troubles oculaires qui se développent dans le cours des maladies du sinus maxillaire sont d'origine réflexe ou causés par un processus pathologique {infection, tumeurs). Les altérations de la muqueuse du sinus sont le plus souvent la conséquence d'affections dentaires. Aussi, dans les maladies du sinus maxillaire, les troubles réflexes sont-ils moins connus, parce qu'ils sont généralement attribués aux affections dentaires.

A propos des troubles oculaires réflexes, nous avons déjà dit que .c'est Ziem qui a découvert le rétrécissement du champ visuel, dans

une affection du sinus maxillaire; mais il en donne une fausse interprétation. A notre avis, ce symptôme est d'origine réflexe. Ziem admet que le pus, en se collectant dans le sinus maxillaire, peut entraîner l'ectasie de ce sinus. Il considère le rétrécissement du champ visuel comme très vraisemblablement causé par la compression exercée sur le nerf optique par la paroi supérieure du sinus devenue ainsi proéminente. « Dass durch eine Eiteransammlung in der letzteren und eine Ectasie des Sinus ein Druck auf den an der oberen Wand desselben verlaufenden N. opticus zu Slande kommen, ist allerdings warscheinlich. »

Mais cette explication est en désaccord avec les données anatumiques. Une ectasie de la paroi supérieure du sinus, qui comprimerait le nerf optique, devrait d'abord provoquer de l'exophtlialmie et des troubles dans la mobilité de l'œil. Or, ces symptômes n'existaient pas dans le cas de Ziem. C'est pour cette raison que je ne puis partager son avis et que je ne pense pas qu'un processus de cette nature puisse produire l'atrophie du nerf optique.

Mentionnons encore comme troubles oculaires réflexes, dans les maladies du sinus maxillaire, la parésie de l'accommodation, l'amblyopie, l'amaurose (?), l'bypérémie veineuse de la papille, la mydriase. Ce dernier signe réflexe, produit par irritation du trijumeau, s'observe même dans le sondage du canal naso-lacrymal (lîampoldi). Dans un cas de Ziem, tous ces symptômes disparurent après la trépanation du sinus maxillaire.

Parmi les affections secondaires infectieuses que l'on a observées à la suite de maladies du sinus, nous citerons l'abcès orbitaire, dont nous expliquons le développement de la même façon que pour le sinus frontal. Ziem, qui en a observé un cas accompagné de symptômes de dacryocystite, admet que le pus est transporté, par les vaisseaux, du sinus vers l'orbite. Je ne crois pas que, jusqu'à ce jour, l'examen anatomo-pathologique ait encore fait découvrir ce chemin fourni par les vaisseaux. Dans le cas où il n'y aurait pas de solution de continuité entre le sinus maxillaire, d'une pari, le canal naso-lacrymal et l'orbite, d'autre part, on pourrait faire jouer à une ostéo-périoslite dé cette paroi le rôle d'intermédiaire entre les affections «les organes en question. La paroi qui sépare le canal nasolacrymal du sinus maxillaire est toujours extrêmement mince. On peut égalemenl expliquer par L'intermédiaire du sinus maxillaire, les cas d'abcès de la paupière inférieure causes par l'ostéo-périostite d'une racine dentaire I laspar .

Pour l'exophthalmie due à des tumeurs du sinus maxillaire, nous renvoyons aux traités de chirurgie.

c. Affections des cellules ethmoïdales. — Comme troubles oculaires d'origine réflexe, on n'a constaté que du larmoiement, qui

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