‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 105 sur 284 · AFFECTIONS DU SINUS SPHÉNOÏDAL · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DU SINUS SPHÉNOÏDAL

m'ont prouve que la paroi qui sépare le sinus du canal optique est généralement très mince; mais, exceptionnellement, elle peut être très épaisse d'un coté, ou même des deux côtés. Quelquefois, lorsque cette paroi est mince, elle présente des solutions de continuité qui l'ont <pie la gaîne du nerf optique est recouverte par la muqueuse du sinus.

Plusieurs auteurs ont observé également des solutions de continuité sur la sellé turcique. On comprend ainsi comment un processus inflammatoire peut se propager du sinus vers le nerf optique et les méninges.

Ces solutions de continuité peuvent être aussi produites par l'atrophie sénile des os. Demarquay, par exemple, a vu survenir, chez un vieillard, la cécité et une méningite, à la suite d'une inflammation du sinus sphénoïdal, prouvée par l'autopsie. Cette inflammation avait été causée par une injection nasale très forte de nitrate d'argent, dans un cas où il s'était produit plusieurs récidives, après l'arrachement de polypes.

Un simple rhume, lorsque l'inflammation se propage vers le sinus, peut menacer la vue; il faudrait, je crois, expliquer ainsi plusieurs cas de névrite rétro-bulbaire aiguë par refroidissement.

En se livrant à des recherches attentives, on est étonné de voir combien il est fréquent que la névrite rétro-bulbaire soit précédée d'un rhume aigu. J'ai proposé de donner à ces cas de névrite ou de périnévrite rétro-bulbaire le nom de « canaliculaires ».

Il est difficile d'expliquer autrement comment le nerf optique, situé dans la profondeur de l'orbite, puisse être affecté par le refroidissement, tandis que l'œil lui-même reste intact.

il existe un symptôme, observé pour la première fois par Hock, qui possède une grande valeur pour le diagnostic de cette forme de névrite ou péri-névrite rétro-bulbaire. Lorsqu'il y a de l'inflammation de la gaîne du nerf optique, en dedans du canal optique (1), et que l'on comprime l'œil en arrière, le malade éprouve une certaine douleur. Ce symptôme ne se rencontre jamais, d'après Uhthoff, dans la névrite rétro-bulbaire d'origine toxique. On trouve aussi d'autres symptômes concomitants, dans la névrite optique canaliculaire : les mouvements de l'œil sont douloureux et il se produit de la douleur dans l'œil et dans le front. Au début, l'examen ophthalmoscopique est toujours négatif; mais, dans les cas avancés, on trouve les signes de la névrite optique.

Dans cette névrite résultant d'une péri-névrite optique intra canalem opticum, l'amaurose se manifeste en général très rapidement. Le plus souvent, la névrite rétro-bulbaire aiguë n'affecte qu'un seul côté ; mais

(1) Leber, Graefe, Saemisch Hundbuch, V, p. 813.

il est des cas où le processus envahit les deux yeux, en produisant une amblyopie subite ou de l'amaurose. Dans la névrite rétro-bulbaire aiguë bilatérale, les deux yeux sont toujours atteints damaurose l'un après l'autre [Perlia (1)]. Le canal optique étant très étroit, il est facile

de comprendre que le gonflement de la gaine optique puisse entraver le fonctionnement des fibres nerveuses. On n'a encore donné aucune explication de ces cas de névrite rétro-bulbaire. On a seulement

(I) Perlia, Klin. Monatsbl., 1866.

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