‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 189 sur 284 · FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE

autre cas de cécité accompagné de plosis qui se manifesta au quinzième jour et dura pendant quatre jours. Il n'y avait ni albuminurie ni épistaxis. Dans un cas de ïolmatschew, l'amaurose se développa dans la quatrième semaine de la lièvre typhoïde et disparut quelques jours après.

Dans un cas de Fremineau les troubles oculaires se présentaient en forme d'hémianopsie, ils se manifestaient déjà au troisième jour de la maladie, cinq jours après il se déclara l'amaurose de l'œil gauche, qu'on a pu constater même deux mois après. La pupille de cet œil était immobile à la lumière. Le malade guérit à la suite d'injections de strychnine.

Il n'est pour le moment pas possible d'expliquer l'hémianopsie dans ce dernier cas; elle est peut-être causée par une affection (hémorrhagie) d'une handelette optique. L'amaurose transitoire sans albuminurie simultanée ne peut pas être expliquée par une hémorrhagie cérébrale, car la combinaison de ptosis avec, l'amaurose parle justement contre la supposition d'un processus (hémorrhagie) circonscrit à la base, du crâne, admis auparavant à tort par quelques auteurs anciens. Ces amauroses transitoires sont à notre avis probablement de nature toxique et dues à l'influence des toxines sur le nerf optique.

Les cas de névrite rétro-bulbaire observés dans la fièvre typhoïde et finissant par l'atrophie du nerf optique demandent probablement une autre explication. Carron de Villards a déjà observé que l'épidémie de fièvre typhoïde en 1817 occasionnait une série d'amauroses persistantes. Bouchut a observé deux cas de cécité complète également persistante après la fièvre typhoïde. Dans le premier cas le fond de l'œil était normal, dans le second on a pu constater l'atrophie du nerf optique. Benedikt a observé l'atrophie du nerf optique de l'œil droit chez un malade atteint d'hémiplégie gauche. L'existence simultanée de ces deux affections est évidemment fortuite, puisque aucune lésion cérébrale localisée ne pouvait les expliquer. Mooren aussi a décrit des cas d'atrophie du nerf optique survenant après la fièvre typhoïde. Seale a observé un cas d'amblyopie dans la convalescence de la fièvre typhoïde, elle aboutissait après quelques semaines à une atrophie totale du nerf optique. Il n'est pas possible d'expliquer cette atrophie par l'adynamie comme l'a fait Arlt pas plus qu'en supposant une méningite intercurrente, qui attaquerait justement le nerf optique sans occasionner d'autres paralysies. Nothnagel supposait une compression successive des nerfs par du tissu cicatriciel de nouvelle formation. Nous pensons qu'il s'agit ici d'une affection du nerf dans son canal. Puisque les cavités voisines du nez sont souvent ou presque toujours (Weichselbaum) atteintes dans la fièvre typhoïde, alors la maladie pourrait facilement se propager à travers des déhiscences de

la paroi séparant le canal optique du sinus sphénoïdal vers la gaîne optique. La supposition que les toxines de la fièvre typhoïde peuvent occasionner non seulement une amblyopie passagère, mais aussi des altérations anatomopathologiques persistantes, est difficile à soutenir; cette hypothèse n'explique pas l'atrophie unilatérale du nerf optique observée dans le cas de Benedikt.

On a quelquefois observé des abcès cornéens dans la convalescence de la fièvre tvphoïde (Saemisch, Foerster, H. Adler). Des altérations inflammatoires dans le trwtus uvéal à la suite de la fièvre typhoïde sont également très rares, tandis qu'elles sont assez fréquentes dans la fièvre récurrente. Holtz a observé un cas de choroïdite présentant de grandes plaques exsudatives blanches dans la choroïde et des opacités dans le corps vitré accompagnées d'iritis et de descemétite; l'acuité visuelle s'est améliorée dans ce cas après des injections hypodermiques de pilocarpine. L'affection a fini par une atrophie partielle de la choroïde aux endroits où on avait observé les plaques.

A la suite de la fièvre typhoïde en quelques cas graves la paralysie de V accommodait' m, et la mydriase ont été observées. Jacobson suppose que la paralysie de l'accoinodation serait due à la présence d'une méningite basilaire circonscrite. La parésie du muscle de l'accommodation est d'ailleurs beaucoup plus fréquente dans la convalescence de la fièvre typhoïde que la paralysie du dit muscle.

On n'a observé que rarement des paralysies des muscles extrinsèques de Vœil survenant pendant, et surtout à la fin de la fièvre typhoïde* Henoch décrit un cas de ptosis double avec paralysie de l'oculomoteur externe et aphasie chez une enfant de onze ans. La paralysie s'est montrée dans la troisième semaine. J'ai observé moi-môme un cas de ptosis survenue aussi dans la troisième semaine dans un cas grave de fièvre typhoïde. Elle est survenue deux jours avant la mort, occasionnée par une hémorrhagie intestinale.

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