‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 19 sur 284 · RACINE SPINALE DU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

RACINE SPINALE DU NERF OPTIQUE

Nous ne saurions passer sous silence la quatrième racine du nerf optique, quoique son existence fasse encore l'objet de discussions. D'après Stilling, immédiatement en avant du corps genouillé externe quelques fibres des bandelettes optiques passent dans le pédoncule cérébral, se répandent à sa surface en formant éventail, et gagnent le pont de Varole. L'auteur a pu suivre leur trajet jusque dans la moelle allongée et dans l'entre-croisement des pyramides. Il explique, au moyen de ces fibres, la propagation d'un processus morbide de la moelle épinière au nerf optique. La plupart des auteurs qui se sont occupés de la question, comme vient de le faire récemment Angelucci, nient l'existence de la racine spinale du nerf optique.

Ce qui est certain c'est que, dans les cas d'affections de la moelle compliqués d'amaurose, l'examen anatomique n'a jamais permis d'établir une communication directe entre la dégénérescence du nerf optique et celle de la moelle épinière. L'altération du nerf optique commence, au contraire, dans la partie rétrobulbaire. Au début des affections de la moelle épinière (tabès dorsal), les troubles fonctionnels de la vue sont vraisemblablement d'origine vasculaire (Fôrster, E. Berger), et non la conséquence d'une lésion des fibres nerveuses dans le trajet du nerf optique.

Diverses théories ont été émises pour expliquer les rapports entre l'atrophie du nerf optique et les affections de la moelle épinière.

Albust, Arndt, Waldmann et N. Weis admettent qu'une méningite chronique peut se propager de la moelle au nerf optique.

Gowers et d'autres auteurs pensent que, simultanément ou successivement, le même phénomène de dégénérescence se produit dans des parties diverses du système nerveux, parties prédisposées à la dégénérescence.

Strûmpell, pour expliquer l'atrophie du nerf optique dans le tabès dorsal, invoque l'action toxique de la syphilis sur la partie périphérique du nerf. Pour émettre cette théorie, il s'est vu obligé de regarder tous les ataxiques comme syphilitiques.

Rieger et Fôrster (de Nuremberg) recherchent l'explication des rapports entre l'affection spinale et l'atrophie du nerf optique dans le grand sympathique. L'atrophie optique se développerait en un point qui serait en rapport direct avec la partie de la moelle la première atteinte ; elle serait la conséquence de troubles des vaso-moteurs.

Michel a démontré que, dans la paralysie labio-glosso-laryngée, il survenait une dégénérescence du nerf optique si la lésion atteignait les noyaux du facial et de l'oculo-moteur externe. L'atrophie optique se montre plus fréquemment comme complication dans les affections de la partie supérieure de la moelle allongée que dans celles de sa partie inférieure. De même, dans les affections de la moelle épinière, plus la lésion siège haut et plus les troubles oculaires sont fréquents. A ces considérations nous pouvons ajouter que, dans le tabès, les troubles oculaires du début ont tous les caractères de troubles circulatoires de la rétine (rétrécissement périphérique en forme de secteur). Aussi, ai-je été amené par toutes ces raisons à penser que les troubles de la vision dans les maladies de la moelle épinière pourraient être dus aux altérations de la moelle allongée, si fréquentes dans le tabès dorsal (sclérose, épendymite chronique), altérations qui intéresseraient en même temps les centres vaso-moteurs du nerf optique. Il ne m'a pas été permis de démontrer cette hypothèse par des expériences sur des animaux.

Stilling a constaté que quelques-unes des fibres optiques de la racine spinale pénètrent dans le nOyau de l'oculo-moteur commun, d'où elles passent dans les pédoncules cérébelleux supérieurs et dans la partie supérieure de la fosse losangique. Peltesohna observé, dans un cas d'apoplexie de la moelle allongée, le développement d'une atrophie du nerf optique ; la lésion hémorrhagique occupait le point delà fosse losangique où sont situées les fibres optiques de Stilling. On pourrait peut-être expliquer le cas de Peltesohn en admettant que, dans la fosse losangique, le faisceau optique de Stilling renferme les fibres vasomotrices du nerf optique. De toute façon, il est permis d'invoquer

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