FIÈVRE RÉCURRENTE
uvéal survenant à la suite de la fièvre récurrente, forme dans laquelle le corps ciliaire serait atteint.
Dans quelques cas cependant c'est surtout la choroïde dans laquelle des altérations survenant à la suite de la fièvre à rechute se sont développées. Celte affection oculaire se manifeste au début par le développement d'opacités dans le corps vitré, causant des troubles visuels.
Les symptômes de cette affection du tractus uvéal commencent à rétrograder au bout de quelques semaines, rarement il reste des opacités du corps vitré. On a vu cependant, par exception, dans de tels cas la formation de décollement de la rétine, finissant par l'atrophie du globe oculaire (Blessig). L'affection du tractus uvéal peut en outre causer des opacités cristalliniennes. C'est ainsi qu'on a observé le développement de cataracte polaire postérieure (opacité des parties centrales des couches corticales) à la suite de la fièvre récurrente. La cataracte finit par envahir tout le cristallin (Jacobson, loc.cit., p. 106). On a aussi observé comme issue terminale d'affections oculaires à la suite de la fièvre récurrente, l'occlusion de la pupille et des altérations de la partie périphérique de la choroïde.
Les hommes sont bien plus disposés que les femmes à ces affections oculaires; ce sont surtout les personnes entre vingt et trente ans qui sont attaquées; les affections oculaires sont plus fréquentes dans les épidémies graves que dans les épidémies légères. C'est ainsi qu'elles étaient bien plus fréquentes dans l'épidémie observée par Mackenzie en 1843, dont la mortalité était de 2,5 p. J00, que dans celle observée par Estlander en Finlande, où la mortalité n'était que de 1,36 p. 100. En effet, dans la seconde épidémie de fièvre récurrente, finlandaise, d'une mortalité de 8,4 p. 100, la fréquence des affections oculaires était plus considérable. Les observations nombreuses d'affections oculaires à la suite de la fièvre à rechute, mentionnées par Blessig et Peltzer, paraissent aussi avoir été faites pendant des épidémies graves.
En ce qui concerne la thérapie de l'affection du tractus uvéal, il faut empêcher la formation de synéchies postérieures de l'iris, en instillant de l'atropine dans le sac conjonctival ; pour favoriser la résorption des produits inflammatoires, il faut faire des injections hypodermiques de pilocarpine.
On a en outre observé de la parésie du muscle de l'accommodation dans la convalescence de la fièvre récurrente, sans que le sphincter fut atteint. Logetschnikow a observé ce phénomène en cinq cas. Jacobson suppose que cette parésie du muscle de l'accommodation, s'explique probablement par des altérations inflammatoires dans le corps ciliaire, qui ont occasionné des changements dans l'élasticité de la zone de Zinn et du muscle de l'accommodation. Nous pensons qu'il s'agit
ici, comme dans des cas de mydriase unilatérale passagère, publiés par Peltzer, de paralysies périphériques des branches intraoculaires de l'oculomoteur commun, occasionnées parles toxines de la lièvre à rechute.
Wallace et Mackenzie ont relaté des cas de cécilé subite, au cours d'une affection inflammatoire du tractus uvéal. Mackenzie dit : « Le malade perdit la vue de l'œil affecté instantanément », et il pense que ce cas rappelle plutôt une amaurose qu'une ophthalmite. Dans un cas semblable d'Estlander, les troubles du corps vitré était si minimes qu'on pouvait observer les contours de la papille avec l'ophthalinoscope, et pourtant il existait une amblyopie très forte.
Pour expliquer ce fait, Estlander admet l'existence d'une légère affection sympathique de la rétine. Foerster a vu survenir, chez un jeune homme, une amaurose passagère de l'œil droit, qui dura plusieurs heures, et qui était apparue le deuxième jour du second accès de la fièvre récurrente. Après la disparition de l'amaurose, l'acuité visuelle resta plus faible du côté qui avait été atteint. Il est à remarquer que, dans ce cas, l'amaurose apparut entre les accès, tandis que généralement les troubles oculaires se manifestent après la dernière crise. A lui seul, ce fait démontre que les amauroses passagères qui surviennent dans le cours de la fièvre récurrente. sont dues à d'autres causes que les affections du tractus uvéal qui compliquent cette maladie.