‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 24 sur 284 · PAKALYSIES DES MUSCLES DE L'ŒIL · texte numérisé non relu

PAKALYSIES DES MUSCLES DE L'ŒIL

de paralysies des muscles de l'œil, il sera très utile d'exposer les symptômes de ces paralysies.

, Le trouble fonctionnel d'un muscle paralysé de l'œil se traduit par l'absence du mouvement de l'organe dans la direction dans laquelle s'exerce l'action du muscle. S'il y a seulement parésie, l'étendue du champ de fixation est diminuée. Dans l'œil dont un muscle est paralysé, le muscle antagoniste, dont l'action n'est plus contre-balancée, fait dévier l'œil dans sa direction. Par suite, les objets fixés par les deux yeux ne produisent plus d'images dans des parties correspondantes de chaque rétine, mais en des points qui, dans la vision binoculaire, reçoivent les images d'objets différents. C'est pour ce motif que, dans les cas de paralysie d'un muscle de l'œil, les objets ne produisent plus une seule image et que le malade en distingue deux. Les premiers symptômes de la parésie d'un muscle de l'œil sont donc de la diplopie et des vertiges, qui en sont la conséquence.

Le diagnostic de la paralysie d'un muscle dont l'action s'exerce en sens horizontal est très facile ; il suffit de se rappeler que le droit interne tourne l'œil en dedans, et que le droit externe le tourne en dehors. Lorsqu'on lui fait fixer une bougie après lui avoir mis un verre rouge devant un œil, le malade atteint de diplopie indique de quel œil il voit l'image droite ou gauche.

Dans l'œil paralysé, l'image est déplacée dans la direction où le muscle paralysé exerçait son action à l'état normal. Dans la paralysie d'un muscle droit interne, les deux images sont à la même hauteur et parallèles ; celle de l'œil malade étant déplacée en dedans, il y a diplopie croisée. Lorsque la paralysie affecte le muscle droit externe, il y a diplopie homonyme.

Les yeux sont mus en haut par les muscles droits supérieurs et obliques inférieurs ; c'est le droit inférieur et l'oblique supérieur qui tournent l'œil en bas.

Le droit supérieur amène en haut et en dedans l'extrémité supérieure du méridien vertical de la cornée. Si ce muscle est paralysé, l'image prend la direction qu'imprime à l'œil le droit supérieur dans l'état normal ; elle est croisée, située plus haut et son extrémité supérieure se dévie en dedans. Quant à l'œil lui-même, il est dévié en bas et en dehors.

Le petit oblique dirige l'œil en haut, et entraîne, en même temps, l'extrémité supérieure du méridien vertical vers le côté externe. L'image, dans un œil dont le petit oblique est paralysé, est située plus haut, et son extrémité supérieure est déviée en dehors; elle est homonyme.

Le droit inférieur tourne l'œil en dedans et en bas, et dévie en dehors l'extrémité supérieure du méridien vertical de la cornée. Lorsque ce muscle est paralysé, l'image est croisée, abaissée et déviée en dehors.

Le muscle oblique supérieur tourne l'œil en bas et en dehors, en inclinant en dehors le sommet du méridien vertical de la cornée. Les images de l'œil, lorsque le muscle oblique supérieur est paralysé, sont homonymes, abaissées et dirigées en dehors.

Dans la paralysie du r éleveur de la paupière supérieure, cette paupière est abaissée ; mais il convient de remarquer que le ptosis à un faible degré peut être également produit par une paralysie des fibres lisses du muscle palpébral supérieur de Millier, muscle qui est animé par des filets du sympathique.

Si plusieurs muscles sont paralysés à la fois, il faut examiner avec soin la motilité de l'œil. Les muscles droits interne et externe peuvent être paralysés du même côté sans qu'il en résulte de diplopie. L'examen du champ de fixation, qu'on pratique à l'aide du périmètre de Fœrster, dénote alors l'existence d'une paralysie musculaire. Disons en passant que le champ de fixation a, dans l'état normal, de 34 à 45 degrés en haut, de 45 à 57 degrés en bas, de 45 à 50 degrés en dedans, et de 42 à 50 degrés en dehors.

Dans la paralysie du sphincter de la pupille, celle-ci est dilatée (mydriase) et ne réagit ni à la lumière, ni à l'accommodation.

La paralysie du muscle de l'accommodation se traduit par des signes très divers, selon l'état de réfraction des yeux du malade.

Un individu atteint d'une myopie très prononcée ou moyenne (jusqu'à 3 D) ne présente aucun trouble fonctionnel, ni lorsqu'il regarde des objets éloignés, ni lorsqu'il fixe des objets rapprochés.

S'il existe une faible myopie, de l'emmétropie ou un peu d'hypermétropie, le malade voit très bien de loin, mais il est incapable de lire ou d'écrire.

Dans les cas où l'astigmatisme est corrigé par une contraction irrégulière du muscle de l'accommodation; dans l'hypermétropie très prononcée, qui oblige ce muscle à agir pour que le malade puisse regarder de loin, la paralysie du muscle de l'accommodation détermine des troubles oculaires analogues à ceux de l'amblyopie. Cette amblyopie apparente est d'ailleurs très facile à corriger par l'emploi de verres cylindriques ou convexes. Un certain nombre d'amblyopies consécutives à des maladies infectieuses, dont nous parlent les auteurs anciens, ne sont probablement que le résultat de paralysies passagères du muscle de l'accommodation.

Un appareil construit sur mes indications, et à l'aide duquel on peut combiner diverses séries de verres, sert à constater l'existence de paralysie ou de parésie de l'accommodation.

Cet appareil est composé de deux palettes, l'une antérieure, plus courte, et l'autre postérieure. Cette dernière est garnie de deux attelles latérales, en cuivre, dans lesquelles est emboîtée la palette antérieure; celle-ci glisse donc dans la palette pos térieure au moyen de ces attelles. La palette postérieure contient de haut en bas les verres suivants : 0, + 1 , -f- 2, + 3, — 3, — 2, — 1D ; la palette antérieure : + 0,5 +

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