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CENTRE CORTICAL DES MOUVEMENTS COORDONNÉS DES YEUX

Les centres sous-corticaux des mouvements coordonnés des yeux sont sous la dépendance d'un centre cortical, qui est localisé dans la circonvolution frontale ascendante. La lésion de ce centre produit la déviation conjuguée des yeux vers le côté opposé, et rend impossibles leurs mouvements vers le côté de la lésion. Pour l'exposé des cas fort intéressants de lésions du centre cortical des mouvements associés des yeux qui ont été observés par Stark, Hitzig, Goldthammer, Bechterew et Bail, nous renvoyons à l'excellent résumé de Landolt et Éperon.

7. SYMPTOMATOLOGIE DES TROUBLES FONCTIONNELS DES MOUVEMENTS COORDONNÉS DES YEUX.

Les troubles fonctionnels des mouvements coordonnés des yeux peuvent se présenter sous divers aspects :

a. Déviation conjuguée. — H y a déviation des deux yeux dans une même direction [déviation conjuguée); ils sont déviés soit à gauche, soit à droite. Si l'on demande au malade de tourner les yeux du côté opposé à la déviation, il le peut généralement, mais avec une certaine difficulté . Parfois la tête est tournée du même côté que les yeux, mais habituellement elle est tournée du côté opposé. Gad a constaté dans un cas un fait intéressant : les mouvements des yeux vers le côté opposé à la déviation étaient impossibles, mais si le ma-r

lade fermait un œil, l'autre regardait bien dans la direction où les deux ne pouvaient se tourner en même temps.

La déviation conjuguée est un symptôme qui se rencontre très fréquemment dans les altérations anatomo-pathologiques du cerveau résultant d'hémorrhagie, d'encéphalite, de néoplasie, de ramollissement. Prévost qui, le premier, observa la déviation conjuguée, dit que les yeux sont déviés du côté de la lésion. Mais Vulpian et Landouzy ont montré que la direction de la déviation variait selon que la lésion siégeait dans les couches corticales ou dans le mésencéphale. En outre, la déviation est différente selon qu'il y a contracture ou paralysie conjuguée.

Voici les conclusions auxquelles est arrivé Landouzy :

1° Un malade qui tourne les yeux (d'ordinaire la tête et les yeux) vers ses membres convulsés est atteint d'une lésion hémisphérique (cortico-pédonculaire), de nature irritative ;

2° Un malade qui détourne les yeux de ses membres paralysés est atteint d'une lésion hémisphérique de nature paralytique ;

3° Un malade qui tourne les yeux vers ses membres paralysés est atteint d'une lésion protubérantielle, de nature paralytique ;

4° Un malade qui détourne les yeux de ses membres convulsés est atteint d'une lésion protubérantielle, de nature convulsive.

b. Nystagmus. — Sous ce nom on désigne une affection caractérisée par des spasmes cloniques des muscles des yeux, qui se manifeste par des mouvements involontaires et associés des muscles oculaires. Suivant la direction dans laquelle les mouvements oscillatoires des yeux sont exécutés, on distingue le nystagmus en horizontal et rotatoire.

Le nystagmus existe même à l'état de repos, si le regard des deux yeux est parallèle. Les mouvements oscillatoires augmentent d'intensité pendant les mouvements des yeux.

Sauf de rares exceptions, le nystagmus est toujours binoculaire. Sa présence ne permet pas de localiser la lésion dans tel ou tel centre du système nerveux. On l'a constaté, en effet, dans la lésion des tubercules quadrijumaux, dans celles des couches optiques, des corps restiformes, du cervelet (Râhlmann, Hitzig).

c. Paralysie de la convergence. — Elle est due à une lésion du centre de la convergence.

Nos connaissances sur le siège de ce centre sont encore bien incomplètes. Henoch le place dans les tubercules quadrij unie aux, d'autres dans les noyaux gris du bulbe et Parinaud dans le vermis inférieur.

1. Dans la paralysie essentielle de la convergence fort bien décrite par ce dernier auteur, on observe une diplopie croisée se manifestant dans diverses directions du regard. Les pupilles réagissent à

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la lumière, mais elles ne se contractent pas pendant l'accommodation. Généralement il n'y a point de mydriase. Mais l'amplitude de l'accommodation des deux yeux est, ou bien diminuée, ou bien complètement annihilée.

Dans un certain nombre de cas de paralysie ou de parésic de la convergence, attribués à l'insufiisance des droits internes, l'afï'ection est produite par une altération centrale du système nerveux. On a constaté cette paralysie dans la neurasthénie, dans l'hystérie (Borel), dans quelques formes d'intoxication par la morphine ou l'alcool (de Graefe), dans l'ataxie locomotrice (Landolt, Hubscher), dans le goitre exophthalmique (Moebius, Struempell). Dans cette dernière affection, la paralysie doit être attribuée non seulement aux troubles d'innervation consécutifs aux altérations des centres de la convergence, mais aussi à l'obstacle mécanique produit par l'exophthalmie elle-même.

2. La paralysie combinée de la convergence, décrite également par Parinaud, est ordinairement accompagnée de paralysie des mouvements combinés en haut et en bas. Les mouvements de latéralité sont au contraire toujours conservés. Landolt remarque avec raison que ces symptômes de la paralysie combinée de la convergence peuvent être attribués à une lésion du noyau de la troisième paire.

d. La paralysie essentielle de la divergence s'observe, suivant Parinaud, à la suite d'une lésion isolée du centre de la divergence. Elle se manifeste par une diplopie homonyme, avec peu d'écartement des images. Cet écartement reste à peu près le même dans toutes les directions du regard.

Dans quelques cas, comme Landolt l'a constaté dans l'ataxie locomotrice par exemple, la paralysie de la convergence est accompagnée de celle de la divergence.

e. Symptôme de Graefe. — On sait qu'à l'état normal le releveur de la paupière supérieure se baisse, quand le regard est dirigé en bas. Dans le goitre exophthalmique, la paupière, d'après de Graefe qui a observé le premier le fait, ne se meut pas lorsqu'on regarde en bas. Ce symptôme n'est pas constant dans le goitre exophthalmique et s'observe surtout au début de l'affection.

A quoi attribuer ce phénomène ? Suivant nous, à une lésion des fibres d'anastomose entre les noyaux du releveur de la paupière supérieure et du droit supérieur. Nous verrons plus loin que dans le goitre exophthalmique il existe, en effet, des lésions bulbaires.

Il est possible que les prétendues fibres d'entre-croisement de l'oculo-moteur commun (entre-croisement dont l'existence est loin d'être confirmée par l'expérience clinique [Mauthner]) ne soient autre chose que des fibres reliant diverses parties du noyau de la troisième paire. On pourrait de cette façon expliquer certains faits d'incoordination des mouvements associés des yeux ainsi que la paralysie de la conL

vergence dans le tabès dorsal, où les lésions de la troisième paire sont très fréquentes.

BIBLIOGRAPHIE

Landolt et Eperon, Traité de de Wecker et Landolt, t. III. — Féré, Anatomie médicale du système nerveux. Paris, 1886. — Mauthner, Die nucleâren Augenmuskellahmungen. Wiesbaden, 1885. — Mauthner, Die nicht nucleâren Augenmuskellahmungen. Wiesbaden, 1887.

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