NEUF FACIAL
se perdent dans les muscles abducteur et élévateur de l'oreille, dans les[muscles frontal, orbiculaire, palpébral et sourcilier. 8gDans les cas de paralysie de ces derniers muscles, ainsi que dans la paralysie des muscles animés par le nerf facial inférieur (labiofacial), on peut conclure à une lésion périphérique du nerf. Les rameaux situés dans l'intérieur du canal de Fallope restent, au contraire, intacts.
Par contre, la paralysie de la corde du tympan (absence du goût),
Fig.9. — Coupe verticale et antéro-postérieure du bulbe, d'après Erb. — Les chiffres romains indiquent, par leur numéro d'ordre, le noyau d'origine des nerfs bulbaires. ,
du tiers postérieur de la langue) avec déviation de la langue, sécheresse de la bouche et paralysie des rameaux de la voûte du palais, résultent d'une lésion de la partie intra-temporale du nerf.
Les deux portions du nerf facial, le nerf oculo-facial et le nerf labio-facial, ayant des noyaux différents d'origine, il en résulte que la paralysie peut frapper l'une ou l'autre suivant le siège de la lésion.
Dans la paralysie faciale d'origine cérébrale résultant d'une lésion des noyaux striés, de la capsule interne, des faisceaux fronto-pariétaux, du centre ovale de Vieussens (Pitres), l'oculo-facial reste in-
tact, tandis que le labio-facial est paralysé. Cette paralysie est accompagnée d'une paralysie homonyme des membres.
Dans la paralysie faciale d'origine corticale, la paralysie des membres peut de même être homonyme. Comme on le sait, le centre du labio-facial est situé dans la partie inférieure de la circonvolution centrale, et notamment de la circonvolution centrale antérieure. La deuxième circonvolution frontale est l'origine supposée du nerf facialinférieur, tandis que le centre des mouvements des membres est situé dans les deux tiers supérieurs de la circonvolution frontale et de la pariétale ascendante et dans le lobule paracentral.
Pour plusieurs auteurs le centre de l'qculo-facial serait situé dans le gyrus angularis.
Dans la paralysie des faisceaux supérieurs du facial, on observe non seulement la paralysie de l'orbiculaire des paupières, du sourcilier, du frontal, mais aussi celle des muscles moteurs du pavillon de l'oreille. 0. Berger et Feré ont, en effet, observé l'absence des mouvements de l'oreille du côté paralysé.
Dans la paralysie peu prononcée du nerf oculo-facial, l'écoulement des larmes est troublé par la parésie du muscle de Horner, et il survient un léger ectropion de la paupière inférieure. Dans la paralysie plus prononcée, l'ectropion est lui-même plus accentué : le bord de la paupière inférieure est presque retourné et celui de la paupière supérieure est très fortement relevé en haut, de sorte que le bulbe de l'œil est découvert. La fermeture de l'œil est impossible ; d'où inflammation de la conjonctive et de la cornée, et même suppuration de cette dernière (0. Weber). Comme remède on a proposé, dans ces cas, une opération qui a pour but de rétrécir la fente palpébrale et de rendre possible l'occlusion de l'œil.
Lorsqu'on peut espérer la guérison de la paralysie, il est préférable de procéder à l'occlusion de l'œil à l'aide d'un bandeau.
BIBLIOGRAPHIE
Féré, loc. cit., p. 350. — Mendel, Berlin, klin. Wochenschr.. 1887, n° 48.
D. — NERF TRIJUMEAU (première branche).
Le trijumeau sort par ses deux racines de la protubérance, au niveau de l'origine des pédoncules cérébelleux moyens. La racine motrice est située en dedans et en avant ; la racine sensitive en dehors et en arrière. La première sort du noyau masticateur. La seconde qui serait formée, suivant Hyrtl, par la réunion d'une centaine de racines, sort d'un noyau gris, se prolonge à partir du tubercule de Rolando jusqu'à la partie antérieure de la protubérance et n'est qu'un prolongement de la corne postérieure de la moelle épinière. Les deux
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racines, après leur sortie de la protubérance, se rapprochent sans se confondre, se dirigent en avant et en dehors jusqu'au sommet du rocher, où elles pénètrent par une fente de dure-mère.
La branche sensitive du trijumeau forme, au niveau d'une dépression creusée sur le bord antérieur du rocher, le ganglion de Gasser. A partir de ce point, le trijumeau se divise en trois branches dont l'une, l'ophthalmique de Willis, innerve l'œil, traverse la paroi supérieure du sinus caverneux, passe dans l'orbite par la fente sphénoïdale et se divise en trois parties : 1° le nerf lacrymal, qui innerve la glande lacrymale, envoie une branche temporo-malaire vers la région de l'os malaire et fournit des rameaux à la région cutanée de l'angle externe de l'œil; 2° le nerf frontal, qui se divise en deux branches appelées nerf frontal interne et nerf sus-orbitaire (frontal externe). Le premier passe au-dessus du muscle oblique supérieur, se porte en avant et en dedans et innerve la peau de la paupière supérieure et du front. Le deuxième (frontal externe) se dirige par l'échancrure susorbitaire vers le front qu'il innerve ainsi que la partie de la peau qui n'est pas innervée par le frontal interne ; 3° la troisième branche de l'ophthalmique de Willis est le nerf nasal (naso-ciliaire) qui longe tout d'abord l'artère ophthalmique et le côté temporal du nerf optique, traverse ensuite, avec le nerf oculo-moteur externe, la fente qu'offre le tendon du droit externe (Hyrtl) et envoie, à ce niveau, la racine longue (sensitive) du ganglion ciliaire,qui fournit la sensibilité à la cornée. De là il se dirige en haut et en dedans et se divise, entre le droit interne et le droit supérieur, en deux branches, le nerf nasal interne (nerf ethmoïdal), qui pénètre à travers le trou ethmoïdal dans la cavité du crâne et, de là, traverse la lame criblée pour rentrer dans la cavité nasale. A travers le trou ethmoïdal, postérieur, un filament, appelé par Luschka nerf sphéno-ethmoïdal, se dirige de ce nerf vers le sinus sphénoïdal. Le second rameau du nerf nasal est le nasal externe. Il quitte l'orbite en longeant le côté interne du ligament palpébral interne et innerve la peau de la racine du nez, celle de la paupière supérieure (partie interne), le sac lacrymal, la caroncule lacrymale et la conjonctive.
On connaît aussi au trijumeau des rameaux sécréteurs. L'excitation du trijumeau produit V augmentation de la tension intra- oculaire ainsique des symptômes réflexes de diverse nature ; elle provoque :
1° La contraction réflexe des muscles animés par le facial, surtout de l'orbiculaire des paupières. Ce n'est pas seulement le toucher de la cornée ou de la conjonctive ; mais aussi l'irritation de la peau de la joue (Langendorff) et de certains points de la muqueuse du nez (E. Berger) qui ont pour résultat de produire des contractions de l'orbiculaire des paupières ;
2° L'hypersécrétion de la glande lacrymale ;
3° L'hypérémie dans certains vaisseaux sanguins (hypérémie de la conjonctive, injection ciliaire), comme on l'observe pendant l'accès du tic convulsif. Cette hypérémie est en partie réflexe, et en partie due à l'irritation directe des rameaux vaso-moteurs du trijumeau. D'après Doyon, le trijumeau contient encore des rameaux vaso-dilatateurs de la rétine ; il aurait aussi des rameaux trophiques.
Etiologie et symptomalogie de la paralysie du nerf ophthalmique de Willis. — La paralysie du trijumeau est due soit à une lésion de la base du crâne, soit à une lésion nucléaire (tabès dorsalis) comme l'a démontré Pierret, soit à une lésion du pont de Varole ou de la capsule interne. La paralysie de la première branche du trijumeau seule est due à une lésion siégeant dans la périphérie de ce nerf, dans l'orbite ou dans la fente sphénoïdale. La paralysie du nerf ophthalmique seul, consécutivement à une lésion nucléaire, n'est pas encore, suivant nous, suffisamment prouvée anatomiquement.
La paralysie totale unilatérale du trijumeau peut être d'origine basilaire, nucléaire ou fasciculaire.
Une lésion de la capsule interne provoque l'anesthésie du trijumeau avec l'amblyopie croisée et s'accompagne d'altérations d'autres nerfs sensitifs crâniens (voir p. 22). L'anesthésie est croisée par rapport au côté lésé.
Dans l'altération du pont de Varole, l'anesthésie croisée du trijumeau est associée à la paralysie faciale et à l'hémiplégie croisée (voir l'observation de Mendel et Hirschberg), ou bien elle est compliquée de la paralysie du facial et de l'oculo-moteur externe.
La paralysie de l'ophthalmique de Willis provoque l'anesthésie du front, de la paupière supérieure, du nez, de la conjonctive, de la cornée et de la muqueuse nasale. On a observé cependant des cas où la cornée, malgré la paralysie de l'ophthalmique de Willis, avait conservé sa sensibilité ; c'est ce qu'a vu Baerwinkel, qui a trouvé la conjonctive oculaire et palpébrale anesthésiée, tandis que la cornée avait conservé sa sensibilité. Les pupilles étaient également dilatées, et on ne notait .pas de différence dans les vaisseaux des conjonctives. D'autres cas analogues ont été observés par Jaccoud et Dieulafoy, et s'expliqueraient, suivant Claude Bernard, par ce fait que la cornée reçoit en partie ses nerfs du grand sympathique.
Dans une série des cas de paralysie du trijumeau, on a observé un arrêt complet de la sécrétion des larmes. Uhthoff décrit un cas de paresthésie de la deuxième branche du trijumeau qui avait amené le même arrêt de la sécrétion des larmes du côté malade. Cette affection (défaut de sécrétion) peut résulter d'une névrite migratoire due à une extraction d'une dent. Oppenheimer a fait connaître aussi un cas de paralysie du trijumeau et de l'oculo-moteur commun où la sécrétion des larmes n'existait que du côté sain.