PUPILLE
La réaction pupillaire est sous l'influence nerveuse : 1° des rameaux nerveux qui conduisent le réflexe lumineux et qui vont de la rétine vers le centre du mouvement du sphincter irien; 2° du fonctionnement de ce dernier centre; 3° des nerfs centrifuges (oculo-moteur commun et sympathique), qui régularisent le diamètre de la pupille.
a. Réaction de la pupille à la lumière. — Nous savons (d'après Gudden) que les rameaux amenant le réflexe lumineux de la pupille (voir fig. 1) ne se trouvent que dans le centre de la rétine.
Ces rameaux passent tout d'abord, avec les faisceaux des fibres maculaires, dans le nerf optique (de son côté temporal). On peut les reconnaître anatomiquement, selon Gudden, à ce qu'ils présentent une épaisseur plus considérable.
En général, ils sont plus réfractaires aux processus pathologiques diffus, ce que démontrent quelques casd'amaurose où le réflexe lumineux est conservé (Heddaeus) abstraction faite des cas d'amaurose d'origine corticale.
On a pu suivre le parcours des fibres optiques servant au réflexe pupillaire en dedans la bandelette optique du même côté. Elles quittent, d'après Darkschewitsch , cette dernière dans le voisinage des tubercules quadrijumeaux, passent à travers les couches optiques jusqu'à la glande linéale et gagnent, à travers la commissure postérieure, le noyau de l'oculo-moteur commun. En faisant une section passant par la partie postérieure de la couche optique (sans intéresser la commissure postérieure) ou la partie postérieure de la paroi latérale du troisième ventricule, Darkschewitsch a produit la dilatation pupillaire seulement du côté correspondant à la section.
Moeli admet lui aussi que les rameaux pupillaires se trouvent au voisinage des parois du troisième ventricule. Dans un cas d'absence de réflexe lumineux observé par lui — le nerf optique étant normal — l'autopsie lui a fait constater la présence d'une tumeur dans la partie antérieure du troisième ventricule. Les nerfs optiques et les nerfs oculo-moteurs communs étaient intacts. Par conséquent, il fallait admettre que l'absence du réflexe lumineux était sans doute due à la lésion des fibres nerveuses servant au réflexe pupillaire. Le siège de la lésion était dans la paroi du troisième ventricule, sur le trajet des fibres vers le noyau de l'oculo-moteur commun.
Mauthner, de son côté, admet également en théorie la localisation
du parcours des fibres servant au réflexe lumineux, dans la paroi du troisième ventricule.
Mendel a cherché, d'une façon assez originale, à trouver le centre du réflexe lumineux de la pupille. Suivant en cela la méthode d'expériences employée par Gudden dans ses recherches sur l'entrecroisement des nerfs optiques, il détruisit l'iris chez des animaux nouveau-nés ; plus tard, il constata chez ces animaux, dont le centre du réflexe lumineux de la pupille ne fonctionnait point, une atrophie du ganglion de l'habenula du même côté. Se basant sur ces expériences, Mendel conclut que le ganglion de l'habenula est le centre du réflexe lumineux de la pupille, et que c'est par l'intermédiaire de ce centre que se transmet l'irritation du nerf optique vers le nerf oculo-moteur commun.
Voici comment, d'après Mendel, se produirait la réaction pupillaire à la lumière. L'irritation passe du nerf optique vers la bandelette optique et le ganglion de l'habenula correspondant. De là elle gagne le noyau de Gudden, celui de l'oculo-moteur commun et enfin l'iris. L'expérience clinique a permis d'observer des cas où le réflexe de la pupille à la lumière manquait d'un seul côté, et était conservé de l'autre côté. Ce fait prouve que les fibres optiques servant au réflexe lumineux de la pupille ne subissent aucun entre-croisement partiel avant leur terminaison dans le noyau de la troisième paire, à l'inverse de ce qui se passe pour les fibres optiques servant à la perception lumineuse et de ce qu'il faut admettre pour les fibres optiques servant à la réaction consensuelle de la pupille.
La pupille réagit 1° à la lumière: 2° elle se dilate lorsqu'on excite des nerfs de la peau; 3° elle se rétrécit pendant l'accommodation, b. La dilatation de la pupille peut être produite par diverses irritations des nerfs sensitifs de la peau. — Elle se produit lorsqu'on excite le trijumeau, après la section du tendon des muscles de l'œil dans la strabotomie, lorsqu'on sonde le canal naso-lacrymal. La dilatation est très facilement produite chez des gens sensibles en irritant leur peau. Chauveau nous a démontré que ce fait se produit par l'intermédiaire de la moelle épinière, et spécialement des cordons postérieurs, dont l'excitation produit la dilatation de la pupille.
Schiff et Foa ont pu provoquer la dilatation de la pupille en excitant la moelle épinière, mais à la condition seulement que les cordons postérieurs fussent irrités. De même l'irritation du centre de la respiration, situé dans la moelle allongée, produit, d'après les mêmes auteurs une dilatation de la pupille.
c. Réactionpupillaire consensuelle. — En éclairant la rétine d'un œil, il se produit, comme l'on sait, une contraction de la pupille de l'autre œil. Ce phénomène s'explique par ce fait : 1° que probablement les rameaux conduisant le réflexe lumineux ne se terminent pas seule-