‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 54 sur 284 · AFFECTIONS DES MÉNINGES CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES MÉNINGES CÉRÉBRALES

a. Pachyméningite. — Hématome de la dure-mère. — Ces

affections se manifestent, au début, par des symptômes d'excitation cérébrale, maux de tête, etc., etc., symptômes accompagnés de resserrement de la pupille. Dans les cas d'hématome de la dure-mère, on observe le rétrécissement de la pupille correspondante (Dieulafoy, I, Path. int., p. 579). Une névrite optique (Stauungspapille) a plusieurs fois déjà été constatée dans l'hématome de la dure-mère (Zacher). A l'autopsie, on a trouvé l'espace intravaginal du nerf optique dilaté, altération que les anciens auteurs expliquaient par l'augmentation de la tension intra-crânienne.

b. Apoplexie des méninges. — Dans les hémorrhagies méningées on observe, d'après Hutchinson fils, du côté malade ou bien des deux côtés à la fois, la mydriase, qui serait, d'après cet auteur, le symptôme d'une augmentation de la tension intra-crânienne; le myosis au contraire est très rare. Il faut, en effet, se rappeller que, vu les nombreuses causes du changement (par voie réflexe) du diamètre des pupilles, on ne peut conclure de la présence de la mydriase ou de myosis à l'existence d'anémie ou d'hypérémie du cerveau. Un certain nombre de symptômes de processus cérébraux en foyer, l'aphasie, la cécité verbale, l'hémianopsie, dont nous avons déjà parlé, résultent également d'hémorrhagies méningées.

A la suite des hémorrhagies méningées, quelquefois très abondantes, qui surviennent au cours de l'accouchement, on a souvent observé du strabisme et des convulsions.

c. Méningite aiguë (simple, tuberculeuse, cérébro-spinale).

1° Dans la première période de la méningite simple on observe la myosis, attribuée par Jacobson à l'irritation du nerf oculo-moteur commun. Mais, comme la myosis devance les autres symptômes d'irritation cérébrale, il nous semble plus rationnel d'attribuer ce symptôme à l'hypérémie du cerveau.

2° Dans la seconde période de la méningite, on peut observer la

mydriase ou la myosis, quelquefois aussi l'inégalité des pupilles.

Dans la méningite basilaire, on constate tout d'abord la myosis, plus tard la mydriase, l'inégalité des pupilles, l'affaiblissement ou même l'absence totale du réflexe lumineux de la pupille.

Très souvent la même pupille change de diamètre. L'assertion qu'une forte dilatation de la pupille serait l'indice d'un fort épanchement hydrocéphalique est vraie dans la grande majorité des cas, mais pas dans tous.

Dans la première période, on observe du strabisme causé par l'irritation de l'oculo-moteur commun, des mouvements involontaires et lents du globe oculaire et quelquefois du nystagmus. Dans la seconde période delà méningite on voit apparaître la paralysie des nerfs cérébraux, par exemple la ptosis uni ou bilatéral; les globes oculaires exécutent des mouvements incoordonnés, ou bien ils dévient en dedans ou en dehors (Strumpell). Dans les muscles animés par le nerf facial on observe, pendant la première période, des mouvements spasmodiques et de légères contractions toniques; dans la deuxième période on constate la paralysie des muscles innervés par ce nerf.

Il faut noter, du côté de l'organe de la vision, une série de complications dues à la propagation du processus pathologique par la voie de la gaîne du nerf optique ou des vaisseaux vers l'œil, comme, par exemple, la choroïdite, et rrido-choroïdite avec opacité du corps vitré, l'affection du nerf optique et de la rétine. Cette dernière peut être également atteinte par l'embolie. D'après Bouchut, une congestion plus ou moins intense de la papille optique serait la règle dans la méningite (surtout dans la première période). Cette congestion peut se terminer par une névrite optique (Stauungspapille). La tuméfaction de la papille et le voile œdémateux qui occupe son pourtour sont quelquefois peu prononcés. Tout autour des vaisseaux apparaissent quelques petits foyers hémorrhagiques en forme de stries. On a observé dans quelques cas de méningite une amblyopie ou de Vamaurose. Dans cette amaurose, la réaction pupillaire peut ou non être conservée. Tandis que dans d'autres maladies infectieuses la conservation de la réaction pupillaire rend le pronostic de l'amaurose en général bénin, ce même symptôme n'a aucune signification au point de vue du pronostic dans l'amaurose d'origine méningitique. Hirschberg, en effet, a observé un cas d'amaurose méningitique, où la réaction pupillaire était conservée, et peu après il survint une atrophie du nerf optique. Les troubles fonctionnels delà vue consécutifs à l'affection du nerf optique causée par la méningite sont ou la cécité complète ou l'amblyopie avec un rétrécissement concentrique du champ visuel. Dans la méningite cérébro-spinale, l'apparition des troubles delà vue est tardive, de sorte qu'on les a regardées comme des accidents de la convalescence. Dans quelques cas de cette

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