II. — POLIENCÉPHALITE INFÉRIEURE SUB-AIGUE ET CHRONIQUE
Nous allons examiner les différentes formes sous lesquelles cette affection se présente. Malheureusement les recherches anatomo-pathologiques sont peu avancées, de sorte que nous ne nous baserons que sur les manifestations cliniques. Dans notre groupement systématique nous tiendrons surtout compte des travaux de Mauthner.
a. MALADIE DES NÈGRES. NÉLANANE.
Sous ce nom on désigne une maladie qui règne parmi les nègres du Sénégal et qui produit de la somnolence, de la faiblesse musculaire, de l'amaigrissement, de l'apathie, de l'abattement, de la paralysie des muscles de l'œil, et qui se termine après deux ou trois mois par la mort.
p. MALADIE DE GAYET.
Sous ce nom Mauthner désigne une maladie décrite par Gayet, et qui est caractérisée par de la somnolence, du ptosis, de la paralysie des autres muscles extrinsèques de l'œil animés par l'oculo -moteur commun. On observe de l'apathie, de l'affaiblissement musculaire et de la somnolence, sans troubles de la motilité, ni de la sensibilité. Le malade de Gayet est mort cinq mois après le début de la maladie ; à l'autopsie, on trouva une poliencéphalite inférieure.
La maladie de Gayet, d'après Mauthner, est probablement identique à la nélanane. Sa longue durée dans le cas de Gayet doit être attribuée vraisemblablement à ce qu'on nourrissait le malade pendant l'interruption de la somnolence, ce que probablement on ne fait pas aussi consciencieusement au Sénégal.
y. MALADIE DE GERL1ER. VERTIGE PARALYSANT.
Cette affection, suivant l'excellent travail de Haltenhoff (de Genève), règne surtout dans plusieurs villages de la Suisse et atteint principalement la population masculine et pauvre. L'accès apparaît le plus souvent dans l'après-midi et se caractérise par : a. la parésie frappant principalement les extenseurs ; b. la douleur de la nuque ; c. les troubles oculaires, dont un des premiers est le ptosis.
EMBOLIE ET THROMBOSE DE L'ARTÈRE BàSILAIRE. 101
Le début des accès est si brusque que les malades tombent comme foudroyés. La durée d'une attaque est de dix minutes environ. Dans l'intervalle, les malades se sentent bien. L'affection est épidémique ; ses causes sont encore inconnues; elle se termine toujours par la guérison.
S. POLIÉNCÉPHALITE INFÉRIEURE SYPIULITIQUE.
Cette affection doit être attribuée à une endartérite syphilitique. Il s'agit d'un processus amenant la dégénérescence par oblitération totale ou partielle des branches de l'artère basilaire consécutivement à une endartérite syphilitique; c'est ce qui explique que les troubles fonctionnels ne correspondent nullement à des lésions d'un groupe anatomique des noyaux des muscles de l'œil. Ce qui est caractéristique, c'est que la lésion des noyaux est discontinue et n'a aucun rapport avec le schéma de Kahler et Pick (voir p. 32). Nous reviendrons encore sur cette importante forme de poliencéphalite inférieure en parlant des troubles oculaires consécutifs à la syphilis.
6, POLIENCÉPHALITE INFÉRIEURE CONSÉCUTIVE A l'ÉPENDYMITE CHRONIQUE.
L'épendymite proliférante chronique des ventricules cérébraux se termine par la sclérose et la dégénérescence des noyaux des nerfs moteurs de l'œil ; elle se manifeste cliniquement par la paralysie desmuscles oculaires. On observe des paralysies nucléaires des muscles de l'œil, consécutives à l'épendymite, surtout dans le tabès dorsal et dans la paralysie générale.