‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 61 sur 284 · I. — POLIENCÉPHALITE INFÉRIEURE AIGUË · texte numérisé non relu

I. — POLIENCÉPHALITE INFÉRIEURE AIGUË

a. POLIENCÉPHALITE INFÉRIEURE AIGUË HÉMORRHAGIQUE.

Cette forme peut être consécutive au traumatisme. Dans quelques cas de tabès dorsal, la paralysie nucléaire des muscles de l'œil est probablement d'origine hémorrhagique (Michel). Le pronostic de la forme hémorrhagique de la poliencéphalite inférieure n'est pas encore suffisamment connu. Nous avons déjà attiré l'attention sur le rapport entre la paralysie nucléaire aiguë hémorrhagique et l'atrophie du nerf optique (voir p. 20) dans le cas de Pellesohn.

Dans des cas de poliencéphalite inférieure hémorrhagique, on constata à -l'autopsie que la substance grise des ventricules cérébraux était d'une coloration rougeâtre avec de petites extravasations.

A la même affection appartiennent (Mauthner) les variétés suivantes :

a. Nona. — C'est la maladie du sommeil, affection qui est accompagnée de ptosis et de somnolence et qui est mortelle dans la plus grande majorité des cas.

6. Poliencéphalite inférieure aiguë. — Cette forme toxique, due à l'abus de l'alcool et se manifestant par des cauchemars, est probablement causée, d'après Mauthner, par la paralysie passagère de la substance grise centrale des ventricules.

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Les symptômes de cette maladie sont les mêmes que ceux, des autres formes de poliencépbalite inférieure, mais on observe en outre qu'elle se complique souvent de névrite optique.

Mauthner insiste sur ce fait que toutes les maladies du système nerveux accompagnées de lésions graves de la substance grise centrale des ventricules cérébraux sont caractérisées par la somnolence. Là-dessus, il base sa théorie du sommeil physiologique, qui serait d'après lui la conséquence d'une interruption temporaire du courant nerveux dans ces centres.

En effet, le sommeil commence par une lourdeur des paupières supérieures qui tendent à tomber, et par l'apparition de diplopie (Donders). Des autopsies de sujets morts de la maladie du sommeil ont, en effet, prouvé qu'il existe des altérations anatomo-pathologiques dans les parties du système nerveux dont la lésion, d'après Mauthner, provoquerait la somnolence.

(3. POLIENCÉPHALITE AIGUË INFECTIEUSE.

A cette forme appartient la paralysie nucléaire des muscles de l'œil consécutive à la diphthérie (Mendel) et à Vinfluenza.

Uhthoff a décrit un cas de paralysie de l'accommodation dans la convalescence de l'influenza où le malade présenta les symptômes de poliencéphalite inférieure (cycloplégie nucléaire), La guérison survint trois semaines après le début de la maladie. Deux autres cas de paralysie du muscle de l'accommodation consécutive à l'influenza, observés par Uhthoff, doivent, au contraire, être attribués à la paralysie périphérique toxique (ptomaïnes) de ce muscle.

Goldflam a publié deux observations très instructives de paralysie nucléaire consécutive à l'influenza :

I. Un médecin âgé de soixante ans a été atteint, peu de temps après une attaque d'inûuenza, de chute de la paupière gauche et de diplopie; huit jours après, on vit apparaître la chute de la paupière droite, de la faiblesse dans les jambes, et des convulsions dans la station. 11 avait eu un chancre à l'âge de vingt ans et des attaques d'épilepsie pendant ses études universitaires. A l'examen Goldflam constata un ptosis bilatéral complet; les globes oculaires étaient presque immobiles, les pupilles contractées avec conservation de la réaction lumineuse et accommodalive ; l'acuité visuelle était bonne de loin et de près. Peu à peu apparut une roideur des doigts de la main gauche avec une paralysie passagère des extenseurs du bras, suivie bientôt de paralysie des fléchisseurs de la main droite; le triceps brachial s'atrophia, les muscles de la partfe inférieure de la moitié gauche de la face perdirent leur force. Ces symptômes indiquent qu'il existait une lésion des cornes antérieures de la substance grise de la moelle épinière cervicale, ainsi que des noyaux du plancher du 4° ventricule. Bientôt survinrent la parésie des mouvements des lèvres, la difficulté de la prononciation, l'irrégularité du pouls, et, enfin, la difficulté de la déglutition et la mort.

II. Dans la 2me observation de Goldflam, il s'agissait d'une femme âgée de trente ans, qui sans cause apparente fut prise de douleurs de la nuque, suivies bientôt de ptosis, de diplopie, de paralysie des extrémités supérieures et inférieures,

de troubles de la parole et de la déglutition, de dyspnée; le pouls devint petit et accéléré, il apparut des frissons, et enfla des symptômes bulbaires et de la salivation. La dyspnée était si prononcée, qu'on s'attendait à une terminaison fatale. Petit à petit cependant ce symptôme diminua et la déglutition devint plus facile. La malade guérit et accoucha bientôt après.

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