RAPPORTS ENTRE LES MALADIES DES YEUX ET CELLES DU NE
cause dans [existence concomitante d'affections des sinus. Les autopsies ont prouvé combien les alfirliuiis des sinus sont, fréquentes dans les maladies infectieuses, surtout dans la jîèwe typhoïde, dans la pneumonie et dans l'influença. Les altérations des sinus, dans la fièvre typhoïde, ont clé constates anatomiquemenl par MM. Gibix (1800), Kern (1856), Voobl, Zuccarini et surtout par Weichshlbaum jlj. Ce dernier a observé également que ces altérations étaient très fréquentes dans la pneumonie '-tel (lanslinfluenza.il a trouvé des pneumocoques accompagnés ou non du staphylococcus pyogencs aurais dans les sinus de personnes mortes d'inlluenza ou de pneumonie, et il lui semble très probable que, dans les cas de méningite, c'est par celte voie que les microbes ont pu pénétrer dans le crune.
Pour la fièvre lyplioïde, on n'a pas encore trouvé le bacille d'Eberth dans les sinus ; mais on sait que, même plusieurs mois après la terminaison de cette maladie, on peut le rencontrer dans des tosous-périoslaux (Cornu.). Il est possible, d'ailleurs, que d'aures microbes se greffent aussi sur les muqueuses des sinus, qui sont itteintes dans la lièvre typhoïde.
Certains troubles oculaires du début de l'inlluenza sont absolument analogues à ceux que nous avons étudiés, comme symptômes réflexes, dans les affections du nez et des sinus ; tels sont : la phoiopbobie, i'hyperémie conjonctivale, l'injection péri -cornée une. La louleur dans les muscles de l'œil pendant leurs mouvements, la fatib ces muscles pendant le travail rappellent les symptômes ■êflexes ayant leur origine dans le trijumeau. Un observe très souvent de l'asthénopie musculaire, au début de l'inlluenza. M. Evehs- . essayé d'expliquer les sensations douloureuses daus les muscles de l'œil par l'action des ptomaïnes ; mais on sait actuellement que les plomaïnes produisent la paralysie des muscles à la u de la maladie. Il se produit généralement aussi, dans l'influenza, s douleurs orbitaires analogues a celles que l'on observe dans les affections des cavités voisines du nez.
Quelques variétés d'affections du nerf optique consécutives à l'influenza ne peuvent être expliquées que par une altération siégeant en dedans du canal optique (BbuijMbistkr), et ce sont particulièrement ces variétés qui répondent tout à fait à ce que nous savons de la névrite optique rétro-bulbaire canaliculaire ; elles guérissent aussi très bien par les injections hypodermiques de pilocarpine (Landsbbrg).
D'autres affections du nerf optique que l'on rencontre dans l'inlluenza, le scolome central, par exemple, sont d'origine toxique
(1) Wecchseluaum, cité parUF.ua™ et Tvbmak, loc. eit., p. 20
1,2) Weichseluaum, Wiener Gewellseliaft d. Aerzte, 1883, 10 novembre.
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(ptomalnes , je le montrerai, d'ailleurs, dans une autre communication.
(jnaiit à la névrlle opUquerétrn bulbaire cansUculalre, m e«l probable qu'elle provient ue la pr.iiu^niun, fi la ^ninoctu nerf optique, dePinflammaUoHdela muqueuse 'lu sinus sphénoïdal. (Voir ma ûhlrarffie du Blnua ïpnénoidal, p. 31.).
Il csi vraisemblable ffiic* r^i-l;iiin,'S névralgies du trijumeau, qui se développent pendant ou fila suite île llnfliienza (Mibpblbauk) il) sont le résultat de- l'état ïrritatif des organes terminaux du tri-> jumeau, situés dans les cavités voisines du nez. On a vu do fies névralgies (sus-orbitaires et Bous-orfenaifee), se montrer réfractaires au traitement électrique.
J"ai observé, dans l'épidémie d'intlnenza de 1889-00, un cas très vinlriil de névralgie sus-orbilaire droite, accompagnée- de photophobie, de blépharospasme et d'injection péri-rornéemie [affeclion probable du sinus frontal), dont la guorison survint Bn quelque* jours, après un écoulement de sécrétion purulente par la narine droite. Il me semble également probable que les abcès très profonds des paupières supérieures, que l'on a constatés à lasuilodol'inihienza (Landolt et attires auteurs) sont la conséquence d'affections du sinus Irontal. Je crois de même qu'un cas décrit par M. Lydek Dorthen comme abcès mélastatique de l'orbite, et qui s'est ouvert dans l'angle Interne de l'œil, est dû à. la propagation d'une inflammation des sinus vers le tissu orbilaire [Klin. Moimtsbl. 1891.)
Dans un cas de M. Weichselbaum (2) concernant un jeune homme, l'influenza se compliqua, huit joursaprès son début, d'un abcès do la paupière supérieure qui fut incisé. Le lendemain, des pliénomônes méningiliques éclatèrent et la malado ne Larda pas à succomber, Dans ce cas, comme dans tous les cas d'intluenza examiné par H . wiacHSELBArM les sinus étaient gorgés de pus.
Ces abcès orbitaires peuvent même n'apparaître que quelques semaines après la trrniinaison de la maladie.
Je n'ose pas alarmer que les all'eetions des sinus soient également la cause de l'apparition de certains troubles oculaires dans toulesles suites maladies Infectieuses. Maïs celle voie de propagation du processus vers l'organe delà vue a été établie pow)Ajièvre typhoïde.
M. NtniJtsw (3) a publié un cas, de névralgie smis-i.n'bilaire droite et de blépharospasme du même côté après une lièvre typ&olde BUlvM d'une rhinite suppuraUve droite.
(1) Mispblbalm, Uebeb. rsychosen naeh Influonza. Zeitsch.f, Psychia trie, 1890, fasc. I.
(2) Whchukmaum, Wiener Cos. d, Aer/te, 1890, 31 janvier.
(3) Nikdbn, Arçhiv f. Augcnheilk,, XIV, fasc. 3,4.
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Oo Ht la trépanation ; il *'■'■■■,, nia .lu pug v . ■ 1 1 : 1 1 1 1 lu sinus iiinxillairo, si le Lie douloureux ainsi que h tii.-( .i«n r..s i>;i ^i n. ■ disparurent.
Las affections des cavités voisines du ne» peuvent persister penciant des années après lu terminaison do la lièvra typhoïde. Elles provoquent, par voie réflexe, des céphalalgies, du utépharospasme ftt môme des spasmes eloiiiqucs des muscles do ia face, semblables an tic convulsif; c'est ce que j'ai observé une fois.
Pour expliquer comment ce dernier symptôme su rattache à un trouble réflexe d'origine du trijumeau, il sullit de rappeler un eus de H. Leber, dans lequel la névrectomie du nerf sus-orbitaii-e fit disparaître le tic convulsif. Voici l'observation du cas que j'ai recueilli moi-même dans ma clinique :
M. G., âgé de iS ans, comptable, se présenta aveu un clignotsmeni des paupières et d>'s muli'ai'llons rlouiques dos muscles Un la race. Il n'avait jamais clé malade dans son eu l'an te; aiais ci lia ans. auparavant, il avait été atteint de la lièvre typhoïde. Dans la convalescence de relia tttaiadie, des maux de tète se déclarèrent, et, depuis ce temps, les accès do céphalalgie se renouvelèrent très fréquemment. Les douleurs étaient localisées des deux cèles, dans la région suureilière dans le front et dans la joue. L'examen ophthalmoseopique ne révéla aucune anomalie ; il existait une myopie de une D., iwm légère conjonclivile, du larmoiement, de la photophobie, et de l'injection péri-eoméeune. L'acuité et le champ visuels étaient normaux,
L'examen rhinoseopique montra qu'il existait un léger gonflement de la muqueuse des cornets moyen et inférieur.
Les nerfs sus et sous-orlntaiivs élaienl un peu sensibles à la pression : les douleurs, par leur localisation, me firent penser que le blépharospasme pouvait être un symptôme réllexe d'une alVeetion des cavités voisines du nez. Je Ils alors pratiquer le lavage du nez et de ravîtes voisines avec une solution de chlorure de sodium et dese bicarbonate de soude, d'après la méthode de Kessel. Quelques injections suffirent pour soulager les douleurs névralgiques et, après un mois de traitement, le malade se présenta à ma clinique entièrement guéri ; le blépharospasme existant depuis la convalescence île la lièvre typhoïde elles maux de tête avaient complètement disparu. Cinq mois après, j'ai revu le malade et J'ai pu constater qu'il était toujours en parfait état,
e communication a eu pour but d'attirer l'attention de nos confrères sur le rôle important quo jouent les cavités voisines du nez dans la production de quelques troubles oculaires (I). Je demeure convaincu qucccluî de nos collègues qui voudrait s'adon-
(1) Voir la thèse de Kaplan, publiée sous ma direction : Le Sinus sphé-
noâlal eumino va. 1 d'infei'lieii inlra-crànienno et orbitaire. Paris 1SM, 23 décembre,
Ai RAPI'ORTS ENTRE LES H
ner à l'étude attentive i le cet intéressant sujet y ferait encore de nombreuses découvertes, susceptibles d'expliquer l'origine de troubles oculaires, dont la cause nous échappe aujourd'hui.
Les maladies des sinus sont généralement considérées comme des raretés. Il n'en est rien cependant ; c'est leur diagnostic qui est rarementétabli. L'origine des troubles réflexes que provoquent ces afîeclions nous échappe donc très Iréquemment.
Pourletraitement des maladies des sinus, dont la guérison l'ait
disparaître les troubles c — *~' ! — : ~ oie surtout à l'importante
communication do M. Jii va brochuresurla chirurgie
du sinus sphénoïdal.
hai'J'Outs E.\rnt: les maladies iicî mx et œu.ks di: nez. -15