‹ Les maladies du SénégalChapitre 19 sur 56 · DU VILLAGE DE NGAPARON · texte numérisé non relu

DU VILLAGE DE NGAPARON

Bicarbonate de chaux. . . .

Sulfate de chaux

Chlorure de magnésium. . .

Chlorure de sodium

Oivde de fer .

traces

traces

traces

traces

Total des sels. . . .

ISO

Ajoutons que M. Corre a trouvé l’eau de Joal détestable, celle du village des Saracolais de Portudal était douceâtre et faiblement acide. L’eau de Portudal est claire et limpide, sans odeur, un peu douceâtre au goût ; elle cuit bien les aliments, contient peu de débris végétaux. Enfin, celle du dernier puits, recueillie au village de Ngaparou, à 5 kilomètres de Portudal, n’avait ni odeur ni saveur sensibles k

Les eaux pluviales, qui jouent un rôle si important dans l’ali mentation de la population européenne de Saint-Louis et de Corée, ont fait l’objet de recherches fort intéressantes de M. Louvet, pharmacien de la marine^. M. Louvet a étudié à Saint- Louis les eaux tombées pendant toutes les journées pluvieuses de l’hivernage de 1875. Il a donné les résultats de 28 analyses d’eaux recueillies en 28 occasions différentes.

Son attention s’est portée principalement sur les substances ammoniacales que pouvaient contenir ces eaux. Il employait un procédé particulier pour doser l’azotite d’ammoniaque®; l’action de l’eau à froid sur le permanganate de potasse a été examinée avec soin. Ne pouvant reproduire tous les détails de ces in-

‘ Corre, Recherches sur la maladie du sommeil {Archives de médecine navale, t. XXVI, p. 292).

* Observations recueillies sur les eaux pluviales à Sa'nt-I.ouis (Sénégal) eu 1875 [Annuaire de la Société météorologique, t. XXIV, p. 178).

' Voy. Louvet, Procédé de dosage de Vazotite d’ammoniaque dans les eaux météoriques, in la Pharmacie de Lyon, 1875, numéros 14 et 15.

A. LülllUS.

téressanles recherches, nous essayerons de les résumer dans ie tableau suivant. (Voy. ce tableau p. 104.)

Nous n’avons pas besoin d’insistersur l’importance de ces analyses. Nous ferons seulement remarquer que la plupart de ces eaux de pluies ont été versées par un ciel orageux ; c’est, en effet, presque toujours pendant les orages que la pluie tombe au Sénégal. Les quantités d’azotite d’ammoniaque contenues dans ces eaux s’expliquent par l’inlluence des nuages électriques sur l’atmosphère.

Les analyses des pluies du 21 août, du 4 septembre, et de celle du 23 au 24 novembre, qui a été si abondante, ont donné surtout des résultats remarquables. La première montre la forte quantité d’ammoniaque (7 milligrammes par litre) que peuvent contenir à un moment donné les eaux météoriques. A mesure que les pluies se prolongent, l’eau versée est d’autant plus pure. L’ammoniaque, qui, donne à peine des traces de sa présence dans l’eau, analysée, à la troisième épreuve, le 24 novembre, disparaît complètement dans l’eau recueillie à la fin de l’averse.

Les matières organiques sont, comme les sels, entraînées de l’atmosphère par l’eau du commencement des averses. Le rôle des pluies est donc purificateur de l’air. Après une grande pluie, l’air se rapproche non seulement de sa composition chimiquement pure, mais de cet état de pureté bien plus grande encore que Tyndall appelle l’air o|itiqucment vide, c’est-à-dire ne contenant aucune de ces poussières au milii u desquelles vivent les germes.

Un des premiers explorateurs de la Sénégambio, Jobson b dit que, dans c( tte contrée, les premières pluies laissent des miiiqucs et des taches non seulement sur la peau, mais jusque sur les habits, et que, « pour peu (pi’on les laisse à l’humidité, il s’y engendre des vers tort dégoûtants ; au contraire, il n’arrive lien de semblable après les dernières pluies, ce qui vient alors de ce que l’air est jturgé des particules malignes dont il était infecté. » Malgré son exagération, celte affirmation d’un ancien observateur est digne d’étre placée auprès des observation> réontes. Malheureusement, à la pluie ne larde jamais,

' Voyage de Jobson (1091), dans la CoUeciion de voyages de Walck-uai r, 1. V, p. 2S9.

TOI'OOIlAlMlIt; MLDU'.ALK DU SliNUGAL.

au SôiummI, de succéder une évaporation rapide et abondante.

On voit, d’après cos recherches, que l'eau versée par les j)luies sur le sol de notre colonie, et servant à la hoisson de la plupart des Européens, est loin d’être de l’eau distillée pure'. Si l’on réflécliit que les clTets de la malaria se font surtout sentir pendant la saison des pluies; que les lièvres paludéennes s’observent à des distanci’S souvent fort grandes des marécages cl an vent de ces marécages, on peut se demander si les pluies ne sèment pas partout le poison fébrigèiK!, poison (jui n’a pas beaucoup de chance de tomber sur un terrain ingrat. Après la pluie, il se inultipiie pour se répandre de i ouveau dans l’almesphère alors qu’un soleil ardent vient produire l’évaporation si considérable dont nous aurons à parler lorsque nous nor.s oecupcraiis des météores. Dans l’hivernage, le marécage est partout là où la surface du sol n’est pas complètement imi’.erméablc ; la moindi’c flaque d’eau devant une maison accuse, par les fièvres qui atteignent les habitants do cette maison, la présence de la cause, si difficile à saisir dans son essence môme, qui produit l’accès de fièvre.

Que d’inconnus à découvrir, que de rocherchei à faire pour connaître la nature de ces corpuscules organisés dont les analyses nous montrent les éléments chimiques en si grande quantité dans les eaux de pluie du Sénégal, c’est-à-dire dans l’atmosphère dn pays d’où la pluie les entraîne mécaniquement dans sa chute, ainsi que le prouve la pureté d’autant plus grande des eaux à mesure que les averses se prolongent.

Au milieu des poussières de l’atmosphère se trouvent ces petits cires qui sontlcs agents de la fermentation, de la putréfaction de tout ce qui a eu vie à la surface du globe » (Pastaur). L’atmosphère est remplie d’organismes; la vie y abonde, y pullule comme dans la mer (Gaston Tissandier). Ces organismes doivent certainement jouer un rôle sur notre économie.

Quand on considère la grossièreté de nos moyens d’investigation, il n’y a pas lieu de s’étonner de l’ignorance dans lnqi:ellc nous sommes encore touchant les causes des m iladics.

‘ Au iiiouient où nous écrivons ceci, nous apprenons que He grands travaux sont en voie d’exécuiion pour apporter à Sainl-l/ouis lis’caux douces du marigot de Limpsar. Ce trayail, terminé, procurera un bien-être inconnu à ce' te ville et y changera les conditions de l’hygiênc.

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