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CHAPITRE XXII

La statistique médicale de l'armée distingue deux sortes de choléra : le choléra nostras ou sporadique et le choléra asiatique ou épidémique .

11 ne se passe guère d'années où les médecins militaires ne signalent dans les garnisons quelques cas de choléra nostras, qui figurent dans cette statistique parmi les maladies de Vappareil digestif, à côté de la diarrhée et de la dysenterie.

Le choléra asiatique, ne se manifestant dans l'armée comme dans la population civile qu'à de longs intervalles, n'est mentionné dans la statistique que pendant certaines années, alors que la maladie a fait son apparition dans différentes villes de garnison de France et d'Algérie.

Il est diflicile de déterminer les rapports plus ou moins intimes qui unissent le choléra sporadique et le choléra épidémique. Suivant certains auteurs, ils constitueraient deux formes de la même maladie ; suivant d'autres, ils se distingueraient nettement au point de vue de leur nature comme de leur origine.

Nous n'avons pas à énumérer ici les arguments qu'ont cherché à faire valoir les partisans de l'une ou de l'autre de ces deux opinions ; disons seulement que, parmi les cas relevés dans la statistique sous la dénomination de choléra sporadique ou nostras, un certain nombre doivent certainement être rapportés à des causes étrangères à toute influence cholérique.

Ces causes sont les suivantes : refroidissement sul)it, influence de la chaleur humide, absorption d'eau froide, émanations infectes provenant d'un égoùt, ingestion de fruits verts et acides,

d'aliments indigestes ou altérés, de conserves fermentées.

Quelques cas de ces cholêrines, qui éclatent à certains moments dans les garnisons, ne constituent pas autre chose que de simples indigestions ou des accidents consécutifs ù différentes intoxications alimentaires.

Le nombre des cas de choléra sporadique relevés sur les registres des entrées des malades à l'infirmerie et à l'hôpital, tend à se restreindre de plus en plus, par suite de la tendance que nous avons actuellement à rapporter ces états morbides, en l'absence de toute manifestation cholérique, à des influences complètement étrangères au choléra indien.

Ainsi, en 1889, il n'y a eu que 7 cas de choléra nostras signalés dans le rapport épidémiologiqae de la statistique de l'armée ; parmi eux, 3 ont été observés eu France et 4 en Algérie; en 1890, il y en a eu 5 avec deux décès, dans les XIII% XIV*^ et IV corps d'armée et dans la division d'Oran, et encore le diagnostic d'un des cas observés dans le IV° corps d'armée a-t-il été très contesté.

A. — Evolution éi'idémiquk j>ans les milieux militaires.

Le choléra est une maladie épidémique dont le foyer origine est dans l'Inde, et qui semble se propager en dehors de ce foyer par les communications humaines.

Au xvni'= siècle, pendant les expéditions entreprises par les Français et les Anglais pour s'assurer la possession de l'Inde, cette maladie fit un grand nombre de victimes parmi les troupes beUigérantes. En 1761, 3000 nègres et 200 Européens parmi ces troupes furent emportés par ce fléau (Lebègue de Preste).

Pendant la première moitié du xix" siècle, le choléra a fait à certaines époques iiTuption en Europe et en France et a donné lieu à plusieurs épidémies qui ont atteint simultanément l'armée et la population civile.

Nous nous contenterons de rappeler les plus importantes ; le lecteur trouvera dans l'intéressant article de L. Laveran (1) les

(1) L. Laveran, art. CiiOLiiiiA du Dictionnaire encycl. des sciences médicales, li-e série, t. XVI, p. 702.

indications les plus complètes sur cet important chapitre d'épidémiologie militaire.

Épidémie de J 832. — C'est en 183:^ que le choléra fit sa première apparition en France ; il débuta par Calais, où il l'ut signalé le 15 mars; onze jours après, il était à Paris, d'où il se répandit dans plusieurs dépai'tements ; il atteignit Marseille le il décembre, puis gagna la vallée du Rhône et fut importé en Algérie.

Dans les villes de garnison où il apparut, il étendit ses atteintes de la population civile à l'armée (1).

Il persista pendant quelques années au nord de l'Afrique ; en 183S, une épidémie assez sérieuse sévit même dans la garnison d'Alger (2).

Il en fut de môme dans les principaux ports de la Méditerranée et sur les côtes de la Provence, où furent signalés des cas assez nombreux de la maladie parmi les soldats (3).

En 1837, le choléra fit une nouvelle apparition à Marseille, d'où il fut importé par le 12" de ligne en Algérie, à Bône, ainsi que parmi les troupes qui prirent part au siège de Constantin e.

Épidémie de / 849. — La seconde apparition du choléra en France eut lieu en 1849; le mal s'y développa dans deux foyers distincts, l'un dans le Nord, où les localités les plus atteintes furent Dunkerque, Calais, Saint-Omer, et d'où le fléau se propagea à Paris (mars 1849) (4), l'autre dams le Midi, à Marseille (août 1849), d'où le choléra fut transporté en Algérie (3), à Tunis et au Maroc (octobre 1830).

(1) Voy.: Bégin, Analyse des Rappui'ls adressés au Conseil de santé des années sur le choléra-morbus observé dans les hôpitaux militaires et dans les régiments {Recueil de mém. de méd. mil., 1833, i'<^ série, t. XXXIII, p. 1) ; — Audouard, Histoire du clioléra-morbus qui a régné dans l'armée française au nord de l'Afrique en 1834-35, Paris, 1836.

(2) Scoutetten, Rapport sur le choléra d'Algérie eu 183j(Hec. de mém. de méd. mil., t. XXXIX, l'-« série, p. 21).

(8) Larrey, Notice sur le choléra indien qui a régné dans les ports méridionauxdela Méditerranée et en Provence pendant les mois de juillet et août 1835, (Ree. de mém. de méd. mil., 1835, t. XXXIX, p. 1).

(4) Waliu, Remarque sur le choléra épidémique qui a sévi à Paris en 1849, Paris, 1849; — Masselot, Thèse de Paris, 1849.

(5) Ely, Rem. sur le choléra épidémique observé en Algérie, Paris, 1851 ;— Bertherand, le Choléra en Algérie en 1849-30-51 (Al.i^er, 1852).

Cinquante quatre de nos départements furent atteints par l'épidémie qui fit 110000 victimes.

Épidémie de 1 853-55. — La troisième irruption du choléra en France coïncida avec le mois d'octobre 1833; la maladie commença par les départements du Nord ; Paris ne fut atteint qu'en novembre. Le clioléra parut se dissiper dans le courant de l'hiver, mais il se réveilla pendant le mois de février de l'année suivante. C'est alors qu'il sévit autour de la capitale et se répandit dans soixante-dix départements ; il détermina 143478 décès; il gagna Marseille par la vallée du Rhône, puis fut importé en Algérie (juillet 1854) (1), et en même temps en Grèce et à Gallipoli. Du 1^'' au 20 juillet, presque tous les bâtiments qui servirent à transporter les troupes françaises destinées à la Grimée présentèrent des atteintes de choléra pendant la traversée. L'épidémie sévit parmi ces troupes jusqu'en 1836 (2).

C'est à tort que, comme nous le verrons plus loin, Cazalas (3) a nié l'importation de la maladie en Orient et a fait jouer le principal rôle aux conditions hygiéniques défectueuses (usage prolongé et exclusif d'eaux souillées de matières organiques, miasmes paludéens, fatigues, privations), auxquelles étaient soumises les troupes pendant l'expédition si meurtrière de la Dobrutscha.

Vers la môme époque, des épidémies de choléra furent signalées en France, à Paris, à Nancy (4), en Algérie (5) et au Maroc (6).

La maladie parut môme s'acclimater dans quelques localités du Nord de l'Afrique, comme tend à le démontrer l'épidémie qui sévit en 1839 dans les camps de Pias-Monilhah et du Kiss

(1) Besuard, Note sur V épidémie de choléra qui a régné ù Consiuntine en août, septembre et octobre 1834 (Rec. de mém.de inéd. mil., -2" série, t, XVI, p. 217).

(2) Scrive, Relation médicale de la campagne d'Orient, 18S7, p. 72; — Chenu, Rapport sur le service médico-chirurgical des ambulances de Crimée, Paris, 1865; — Tellier, le choléra, à r hôpital de Varna en octobre et novembre 1854 {Rec. de rném. de mécl. mil ., t. XVIH, 2° série p. 189).

(3) Cazalas, Relation de l'éptd. chol. dans la première division de l' armée d' Orient en juillet et en aoûti^'H't {Rec. de mém. de méd . mil., 2° série, t. XV, p. 130).

(4) Cliatelaiu, Notice sur le choléra qui a régné dans la garnison de Nancy pendant le mois d'octobre 1853, (Rec. demém.de méd. mil..i. XVIII, 2" série, p. 213).

(3) Pliilippe, Epidémie de choléra à Batna {Gazette des hôpitaux, IS'6Q). (6) Roliiiger, .Vo^e SMî' le choléra épidémique de Tanger en 1855 (Rec. de mém. de méd. mil., t. XVIII, p. 174).

Marvauu, 39

(province d'Oran), consécutivement à un certain nombre d'atteintes observées dans la garnison d'Oran.

Au camp du Kiss, la mortalité causée par le choléra fut très élevée, puisque, sur un effectif de loOUO hommes, 3000 furent atteints ; la maladie fut à peu près locahsée aux troupes du camp ; la population civile des villages environnants n'offrit que quelques faibles atteintes. L'année suivante, une petite épidémie de choléra fut observée par Lévi (1) parmi les habitants d'un petit village de la Kabylie; sur 200 personnes, il y eut 28 cas, dont "23 furent mortels.

Épidémie de 1 865. — Le choléra a fait une quatrième iiTuption eu Fi-ance en 1865 (2) ; les premiers cas apparurent à Marseille (23 juillet 186o) (3), d'où le fléau rayonna vers les villes de la région (Avignon, Toulon, Arles).

La maladie fut signalée à Paris le 22 septembre, et^ de la capitale, elle gagna les départements voisins (Seine-et-Oise, Seineet-Marne, Seine-Inférieure). Les locahtés les plus éprouvées furent Amiens, Lille, Roubaix, Valenciennes, Brest, Saint-Brieuc.

Gomme dans les épidémies précédentes, de Marseille le choléra gagna le nord de l'Afrique (Algérie, Kabylie, Oasis, Maroc) (4),

Epidémie de 1875. — Le choléra pénétra une cinquième fois, en août 1873, en France, où il fut signalé d'abord au Havre, puis à Rouen, à Caen et à Fécamp. Il gagna Paris au commencement du mois de septembre, pendant lequel il donna lieu à 47 atteintes et à 25 décès dans la population civile (Delpech). De la capitale, il se répandit dans les départements environnants.

La statistique médicale de l'armée ne nous indique pas le nombre des atteintes, mais seulement le nombre des décès que détermina la maladie dans notre armée : sur les 99 soldats qui succombèrent, 32 appartenaient à la garnison de Paris ou aux localités environnantes. Du 29 août au 8 novembre 1873,

(I l Lévi, Épidémie de choléra observée en 18G0 au village kabyle de Rzaounia [Rec. de mévi. de méd, mil., 2° série, t. IX, p. 293).

(2) ChanipouilloQ. Ze Choléra e?il863 {Gaz. des hôpitaux, 1863).

(3) Didiot, le Choléra à Marseille en 1863, Paris, 1866.

(4) Voy.: Vincent et Colhirdot, Ze Choléra d'après neuf épidémies qui ontrér/tié à Alger depuis 1833 jusqu'à 1863, Paris, 1867; — J. Périer, Rapport sur le choléra de 1863 da7is la province d'Alger, Alger, 1866.

l'hôpital du V;il-de-Grâce reçut, eu outre de 28 diarrhéiques considérés couime suspects, 33 malades atteints de symptômes cholériformes à un degré plus ou moins prononcé. Ces malades fournirent 6 décès; les 27 autres guérirent et se décomposèrent en 6 cas graves et 21 cas bénins (1).

Épidémie de i 884-85. — Enfin, le choléra a fait une sixième apparition en France pendant les années 1884-83.

La maladie fut signalée le 13 juin 1884, à Toulon, parmi les marins de la division, distante de 2 kilomètres de la ville proprement dite; et ce ne fut que sept jours après, le 20, que la population civile fut atteinte. La garnison, qui se composait du 61^ d'infanterie, offrit ses premiers malades le 22 (3 cas) ; elle resta, grâce à l'éloignement des bataillons atteints et aux mesures hygiéniques qui furent prises, moins frappée que la population civile (26 cas, 11 décès) (Sedan).

La garnison de Marseille fut atteinte le 30 juin, quelques jours après la population civile, et fournit 34 cas et 14 décès, auxquels il faut ajouter 21 cas survenus sui- des militaires étrangers à la garnison.

La maladie s'étendit ensuite aux garnisons d'Aix (5 cas et 3 décès), d'Arles (6 cas et 2 décès) et de Tarascon (1 cas moi'tel). Les troupes du XV^ corps présentèrent 91 cas de choléra avec 31 décès.

Dans le XVP corps, moins éprouvé pourtant que le XV", le choléra sévit principalement dans la garnison de Carcassonne, où il apparut le 5 août, s'accompagna de plusieurs cas de diarrhée et frappa particulièrement le 17" dragons (23 cas et 8 décès, plus 71 entrées à l'hôpital pour diarrhée); la maladie apparut également dans les garnisons de Perpignan (100" de ligne, 12° de ligne), de Cette, de Lunel (9 cas avec 2 décès) et de Béziers.

Le choléra fut signalé en même temps dans plusieurs corps d'armée, où il ne donna lieu qu'à quelques atteintes ; ainsi, les XVIP et XVIIP corps n'offrirent que deux cas isolés, l'un àPamiers, l'autre à Bordeaux ; tous deux furent mortels ; dans le XIV'= corps, il y eut 3 cas, dont un mortel, à Embrun ; 10 cas et 8 décès à

(1) Voy. Kelscli, U Choléra an Val-de-Grdce en 1873 (iîec. de méin. de méd. mil., 1874, 3» série, t. XXX, p, 193).

Gap, plusieurs cas de cliolérine dans la garnison de Lyon ; dans le IP corps, il y en eut quelques-uns à Compiègne ; dans le I", 4 cas et 1 décès à Arras, 2 cas à Lille, 1 cas à Dunkerque, i à Douai et à Béthune; dans le IV corps, o cas sans décès, au Mans; dans le V corps, beaucoup de diarrhées cliolériformes à Orléans; dans le VIP, un cas à Belley ; dans le VHP, 2 cas à Dijon ; dans le XP, un cas à Nantes.

C'est surtout parmi les troupes du gouvernement militaire de Paris que le choléra fit le plus de victimes; c'est au mois de novembre 1884 qu'il fut signalé en même temps dans la garnison et dans la population civile de la capitale, c'est-à-dire quatre mois après son apparition dans le midi de la France. Fait intéressant et noté par L. Colin (1), la maladie éclata simultanément dans des casernes très éloignées les unes des autres : le premier malade, cavalier au 14' dragons, logé à la caserne Bonaparte (quai d'Orsay), fut atteint le 6 novembre. Durant la nuit suivante, deux nouveaux cas se manifestèrent en môme temps, le pi'emier chez un garde républicain de la caserne Napoléon, le second chez un soldat du 115'= de ligne, de la caserne de BeuiUy (faubourg Saint-Antoine). Le choléra ne pénétra que le 11 novembre dans les casernes du nord de Paris, où il sévit principalement sur les troupes de la caserne du Prince-Eugène.

La durée de l'épidémie dans la garnison de Paris fut comprise entre le 6 et le 29 novembre.

Le nombre des atteintes fut de 217, ainsi distinguées par L. Colin :

Cas complets (choléra) 63

Cas atténués (cholérine) 66

Diarrhées (plus ou moins suspectes) ... 93 Soit une moi'bidité de 13 par 1000 hommes. La mortalité fut représentée par 15 décès, soit 27 0/0 malades atteints de choléra et environ 1 0/0 de l'eflectif de la garnison.

Toutes les grandes casernes de la capitale, sauf celle des Tournelles et presque toutes les petites, furent touchées par l'épidémie. De France, le choléra fut importé le 4 août 1884 en Algérie et

(1) L. Coliu, le Choléra dans L'armée de Paria (Arc/i . de inéd. mtUt., 18Sj, t. V, p. as.ï).

dans la garnison d'Oran par un militaire qui venait d'Avignon ; à Oran, l'épidémie, qui dara jusqu'en novembre, fournit 34 cas et 9 décès parmi les troupes; puis elle s'étendit aux garnisons de Sidi-bel-Abbès (18 cas' et 3 décès) et de Mascara (6 cas sans décès).

Le choléra épargna presque complètement les garnisons de la province de Constantine, ou l'on signala pourtant des atteintes assez nombreuses (-41 cas et 23 décès) survenues au lazaret du Fort Génois à Bône, à partir du 26 septembre, sur des militaires arrivant de France et à destination de la Tunisie.

La division de Tunisie resta indemne. Il en fut de môme de la division d'Alger, où cependant deux bataillons de la légion étrangère, partis de Bel-Abbès, isolés à la Maison-Carrée, près d'Alger, fournirent 13 malades et 7 décès.

En résumé, pendant l'année 1884, l'armée française présenta 313 cas de choléra (233 en France et 80 en Algérie et en Tunisie), et 128 décès, dont 69 parmi les troupes de l'intérieur et 39 parmi les troupes d'Afrique (1).

L'année suivante, l'épidémie cholérique continua ses ravages, mais sous une forme plus atténuée, dans différentes garnisons de France et d'Algérie.

La maladie sévit principalement dans les XV"", XVIP et XVIII" corps d'armée, ainsi qu'en Algérie. La Tunisie resta encore complètement indemne.

Le premier cas de choléra enregistré à l'hôpital de Marseille fut celui d'un chauffeur arrivant du Tonkin sur VA77ia-one, et qui succomba le 23 juillet, peu d'henres après son entrée.

Le choléra sévissait depuis environ quinze joui'S sur la population civile de Marseille, quand, le 31 juillet, 4 soldats du 40^ de ligne furent atteints à peu près en même temps. Ce régiment fournit 11 cas, dont 7 mortels.

Les différents corps de la garnison de Marseille payèrent ensuite lenr tribut à l'épidémie, qui cessa le 24 août parmi les troupes, alors qu'elle con tinua à sévir dans la population civile.

Le 11 septembre, il y eut une deuxième poussée épidémique,

(1) Voy. Slatisttqt/e médicale de Vannée en 1884. Rapport, Paris, 1887. p. 29.

pviis le "2:5 une Iroisième, alors que 5 cas de choléra furent constatés parmi les 53 hommes débarqués de Vlrauaddy et entrés à l'hôpital pour des atrections diverses ; ces cas furent suivis de l'apparition de quelques atteintes dans la garnison (40" de ligne, l"'" hussards, 7" bataillon de chasseurs à pied).

Le 8 août, le choléra apparut dans la garnison de Toulon, qui, jusqu'au 8 octobre, fournit 39 cas et 4 décès ; dans celle de Nice (épargnée en 1884) et principalement au 111" de ligne (16 cas dont 4 mortels), enfin, parmi les troupes de Nîmes, d'Avignon et de Pont-Sainl-Esprit.

La môme année, quelques cas de choléra confirmé furent signalés parmi les troupes du XIIP corps, dans la 32'' division d'infanterie, qui faisait des manœuvres à proximité de la frontière d'Espagne. L'apparition de la maladie fut attribuée à l'arrivée parmi ces troupes de réservistes du 15'' de ligne ayant séjourné à Carcassonne, où régnait le choléra avant leur départ pour les manœuvres; ce départ avait eu lieu le 5 septembre. Le 8 et le 9 septembre, il y eut 4 cas mortels; puis, les jours suivants, quelques cas de choléra furent signalés dans d'autres corps (15" de ligne, 9'' d'artillerie). La maladie s'étendit à d'autres gai'nisons du XVP (Montpellier, Cette) et du XVIP corps (8 cas et.6 décès).

Le choléra fut encore importé de France en Algérie ; il fit sou apparition le 14 octobre à Alger, sur un brigadier du 6^ dragons, venant de Joigny et débarqué le jour môme d'un bateau parti de Port-Venflres. Ce malade séjourna malheureusement quelques heures dans un cabinet d'isolement de lliôpital du Dey (du 14 au 15 octobre); il fut le point de départ d'une petite épidémie, qui se développa dans cet établissement. Dans la nuit du 17 au 18 octobre, un malade fut atteint de choléra; 6 autres furent frappés la semaine suivan te, puis 3 autres du 1" au 11 novembre. Il y eut en totalité 11 malades, dont 8 succombèrent.

Le choléra fut signalé également dans les garnisons de Dellys (6 cas, 2 décès), d'Oran (2 cas) et de Sidi-bel-Abbès (68 cas, 32 décès) (1).

(1) Voy. Slalislique mi'fJ . de l'armée en 1885, Paris, 1888, Rapport., )>. 29.

LK CHOLÉRA ' Blo

Depuis 188o, une petite épidémie cholérique a eu lieu cette année dans la banlieue de Paris, mais on ignore absolument d'où le choléra a pu venir, et on a supposé avec un certain fondement qu'il aurait été occasionné par une reviviscence des germes de l'épidémie de 1884.

Dans les épidémies de choléra, l'armée est quelquefois épargnée, comme on l'a vu en 1830 dans certaines villes d'Allemagne ; ainsi, à Berlin, dont la garnison, qui s'élevait à 12000 hommes, ne fournit que 3o malades, et à Breslau où, sur 4000 hommes, il n'y eut que 30 cas (Scoutetenn).

Dans d'autres épidémies, au contraire, l'armée a été plus éprouvée que la population civile; c'est ce qui a été noté pour le département de la Seine, dans plusieurs épidémies, comme l'indiquent les chiffres suivants, représentant la proportion des décès cholériques :

ANNÉES

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