CHAPITRE II
I. Variations qu'a présentées cette mortalité depuis 1822 jusqu'en 1890. — Il est bien difficile d'évaluer la mortalité militaire pendant la période anlériem'e à 1862, année qui, comme on sait, a été celle de la première publication de la statistique médicale de notre armée. Pourtant, antérieurement à cette époque, quelques recherches ont été faites pour résoudre cette importante question.
D'après des relevés inédits de l'Administration de la guerre, Benoiston (de Châteauneuf) (1) avait évalué les pertes de cette armée, en 1822-23, à 28,1 décès pour 1000 hommes.
En 1846, le général Paixhans (2), dans un discours prononcé à la Chambre des députés, estimait cette mortalité à 19 pour 1000 hommes, chifïre qui fut adopté par Boudin (3) pour la période 1842-1848.
En 18.59, ïholozan (4) avait appelé l'attention sur les principales conditions de la profession militaire qui intervenaient dans la mortalité des soldats.
En 1860, L. Laveran (.5), empruntant des documents inédits au Ministère de la guerre, établit que la mortalité des troupes françaises à rintérieur avait été d'environ 16 pour 1000 hommes
(1) Benoiston (de Châteauneuf), Etude sur la mortatité dans /'infanterie française (Annales d'hyg. et de méd. lég., 1833, t. X, p. 239).
(2) Moniteur universel, séance du 2 avril 1846.
(3) Boudin, Etudes d'hygiène publique sur l'état sanitaire de la mortalité des armées {id., 1846, t. XXV).
(4) Tholozau, de l'Excès de fnortalité du à la profession militaire {Gazette méd. de Paris, 1859).
(5) L. Laveran, Recherches statistiques sur les causes de la mortalité de l'armée servant à l'intérieur (Annales d'hyg. et de méd. lég., 1860,2' série, t. XIII).
pendant la période 1846-1838 (moins les années 1834-S3, correspondant à la guerre de Crimée).
J'ai reproduit, dans le tableau suivant, les chiffres fournis par la statistique officielle depuis 1862 jusqu'en 1890, pour représenter la proportion des décès survenus annuellement dans notre armée (1) :
ANNÉES