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Ce tableau indique une diminution marquée dans la mortalité générale de notre armée, depuis 1862 jusqu'à nos jours, diminution qui s'est continuée pendant ces vingt-cinq dernières années, sauf quelques exceptions correspondant aux années 1863, 1866, 1868, 1875 et 1876 et occasionnées par l'apparition, sur quelques
(1) La mortalité des années 1882-1887 est rapportée à l'effectif présent ; celle des années antérieures (1862-81) et des troi^ dernières années 1888-90, à l'effectif total.
(2) Epidémie cholérique.
(3) Typhus et choléra.
(4) Expéditions de Tunisie et du Sud-Oranais.
(5) Epidémie de grippe.
points du territoire français, de certaines épidémies (typhus, choléra, fièvre typhoïde).
Cet abaissement du chiffre des décès, de 1862 à 1890, a été de 4 décès pour 1000 hommes pour l'armée à l'intérieur, et seulement de 1 décès pour 1000 pour les ti'oupes de l'Algérie.
Nous signalerons l'énorme mortalité quia coïncidé, dans notre armée d'Afrique avec les expéditions de Tunisie et du Sud- Oranais, ainsi que l'amélioration qu'a présentée, depuis 1881, l'état sanitaire du Corps d'occupation de Tunisie.
Presque tous les décès militaires ont lieu dans les hôpitaux; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on en constate quelques-uns dans les infirmeries régimentaires ; et cela s'explique naturellement, puisqu'il est. recommandé aux médecins des corps de troupes de diriger immédiatement sur un hôpital tout homme atteint d'affection un peu sérieuse.
En 1888 et en 1889, le nombre des décès survenus dans les infirmeries régimentaires s'est élevé à 15 et à 27 ; la mort, dans tous ces cas, a été subite et inattendue, et a été occasionnée par des affections dont le diagnostic n'avait pu antérieurement révéler la nature et la gravité {fièvre typhoïde ambulatoire^ pleurésie latente, affection du cœur mal caractérisée, etc.).
II. Variations que présente la mortalité militaire suivant l'âge, le grade, l'arme, les corps d'armée, les garnisons, les saisons. — 1° Age. Pendant la période de 187o-84, les décès survenus annuellement dans l'armée se sont répartis de la manière suivante :
Sur 1000 hommes âgés de moins de 20 ans, 6,72 décès.
— de 21 a 22 ans, 10,92 —
La mortalité offre donc son minimum parmi les jeunes gens de moins de 20 ans : cela provient, comme l'a indiqué Morache (1),
de 22 à 23 ans, de 24 à 26 ans, de 27 à 30 ans, de .31 à 35 ans.
au-dessus de 36 ans.
(1^ Mor.iche, Traité d'hygiène militaire, 2' édition, 1886, p. 65.
de la sévérité que montrent les commandants de recrulement et les médecins militaires, pour accepter comme engagés volontaires les jeunes gens dont la constitution et le développement corporel laissent à désirer.
C'est pendant la première année de service que le nombre des décès est le plus élevé, ce qui prouve les dangers que provoque l'acclimatement à la vie militaire ; la mortalité diminue progressivement pendant les années suivantes, pour offrir un nouveau minimum parmi les hommes de 27 à 30 ans; à partir de 31 ans, elle présente une seconde élévation, qui se continue indéfiniment et progresse en même temps que Fàge, comme on le voit dans la population civile.
2° Grade. La mortalité est moins élevée parmi les sous-officiers et parmi les officiers que parmi les soldats. C'est ce qu'indiquent les chiffres suivants, empruntés à la statistique médicale de l'armée en 1889 et 1890 :
Décès pour 1000 officiers 5.49 4.94
— sous-officiers 4. 50 4.38
— soldats ayantplus d'un an de service. . 5.49 6.21
— — moins — 8.27 8.19
Les statistiques correspondant aux années antérieures à 1889 fournissent des résultats analogues aux précédents.
30 ^fYae. La mortalité générale varie suivant les différentes armes, ainsi que l'indique le tableau suivant se rapportant à la période 1880-1885 (non compris 1881-82) :
Nombre de décès pour 1000 liommes
Génie 5.2
Ouvriers d'artillerie 5.4
Secrétaires d'état-major et de recrutement .... 5.8
Cliasseurs à pied 7.0
Artillerie 7.4
Commis et ouvriers militaires d'administration. 8.2
Garde républicaine 8.4
Cavalerie . 8.8
Sapeurs-pompiers de Paris 9.4
Nombre de décès pour 1.000 hommes.
Infirmiers
Train des équipages . . .
Infanterie . •
Pénitenciers en France . .
Zouaves
Tirailleurs algériens . . .
Infanterie légère d'Afrique Ateliers de condamnés . .
Légion étrangère
Pénitenciers en Algérie . .
Compagnies de discipline