CHAPITRE VII
A. Fréquence parmi les soldats.
Les maladies des oreilles sont assez fréquentes dans noire armée, bien que plusieurs, comme nous allons le voir, constituent une cause d'exemption et de réforme.
Les derniers volumes de la Statistique médicale de l'armée n'indiquent point malheureusement la morbidité relative à ces affections qui y sont confondues avec les maladies des yeux. Nous sommes donc obligé de recourir aux années antérieures à 1887, pour déterminer leur proportion parmi les soldats.
Les maladies des oreilles ont été représentées j dans l'armée :
En 1881 par 1265 cas En 1884 par 1133 cas
ce qui donne pour 1000 malades une proportion de iO à 12 atteintes, proportion qui se rapproche beaucoup de celle que fournissent les mêmes affections dans les armées allemande (11 pour 1000) et autrichienne (13 pour 1000).
Si, à l'exemple de Nimier (1), on compare, au point de vue de la fréquence des maladies des oreilles, les différentes armes (infanterie, cavalerie, artillerie), on constate que le chiffre des atteintes est à peu près le même, à effectif égal, pour les unes et pour les autres.
Cependant ces affections paraissent plus communes parmi les troupes d'Algérie que parmi les troupes de l'intérieur; ainsi,
(2) Nimier, Quelques Remarques stir les affections de l'oreille dans l'armée et dans la population civile (Arch. de méd. milita, 1891, t. XVIII, p. 414).
leur proportion est plus élevée parmi les zouaves que dans l'infanterie de ligne. Dans notre colonie africaine, les corps composés exclusivement de soldats français sont beaucoup plus éprouvés que les corps indigènes (spahis, tirailleurs), ce qui tendrait à faire attribuer un certain rôle à l'acclimatement dans l'apparition de ces affections.
Le tableau suivant, emprunté à Nimier, indique le nombre d'éliminations prononcées avant l'incorporation, dans notre armée pour maladies des oreilles, et pendant une série d'années:
ANNÉES