POUR MALADIES
des oreilles
des oreilles
soit annuellement environ 6 réformes sur 1000 hommes. 480 éliminations, prononcées en 1890 pour maladies des
oreilles, se sont réparties de la façon suivante :
Otite chronique, otorrhée 'iâl cas
Perforation du tympan 135 —
Surdité 100 —
Polypes de l'oreille 4 —
B. — Étiologie.
Parmi les causes étrangères à la profession militaire et qui peuvent expliquer l'apparition des maladies des oreilles parmi les soldats, celle qui est le plus souvent invoquée par les malades eux-mêmes est sans conlreditV hérédité.
L'impression du froid, et surtout du froid humide, exerce également un rôle étiologique qui ne peut être nié. C'est un fait démontré par les recherches statistiques auxquelles s'est livré Chauvel, que pendant la saison froide les affections de l'oreille sont plus fréquentes que pendant la saison chaude. Les mois d'hiver et de printemps fournissent chaque année un nombre de ces affections presque double de celui du second semestre.
Cependant, on constate dans l'armée allemande une augmentation des maladies de l'oreille pendant les mois les plus chauds de l'année ; ce qu'on attribue à l'influence exercée par la
balnéation sur l'apparition de quelques-unes de ces maladies (myringites suivies d'otite moyenne, causées par l'introduction de l'eau froide dans le conduit auditif externe ; salpingites occasionnées par la pénétration de ce liquide dans les fosses nasales et dans les trompes d'Eustaclie) (1).
Il faut tenircompte également, pour expliquer la fréquence des maladies des oreilles parmi les soldats, de la propagation si facile des inflammations et même des infections de la gorge et des fosses nasales, à l'oreille moyenne, par l'intermédiaire de la trompe d'Eustaclie.
On sait combien la cavité naso-pharyngienne constitue un milieu favorable à l'activité et à la pullulation des microbes variés (staphylocoques, pneumocoques, streptocoques), dont les effets pathogènes se font sentir avec tant dïntensité dans les inflammations de l'arrière-gorge, soit primitives, soit consécutives aux différentes maladies infectieuses communes parmi les soldats (fièvre typhoïde, diphtérie, érysipèle, scarlatine, rougeole, etc.). Telle est certainement la principale cause de la fréquence dans les garnisons de ces maladies de l'oreille moyenne, qui interviennent à elles seules pour 88,5 pour 100 dans la totalité des maladies auriculaires, alors que les afl'ections de l'oreille externe ne se chiffrent que par 4,4 pour 100 et les otites dites internes que par ^27 pour 100 (Chauvel).
Il est souvent difficile de déterminer d'une façon précise la cause de chaque cas de maladie auriculaire observée dans les hôpitaux ; sur un total de 263 malades traités par Nimier à l'hôpital du Val-de-Grâce, chez 92 seulement l'enquête faite par cet auteur a fourni des résultats satisfaisants; chez ces malades,
l'affection de l'oreille a été la conséquence :
D'un traumatisme crânien 9 fois
De la présence d'un corps étranger dans l'oreille. . 1 —
De bains froids 10 —
De bruits violents 5 —
D'une bronchite tuberculeuse ........ 3 —
D'une fièvre typhoïde 8 —
(1) Nimier, T)e. Quelques Lésions professionnelles du soldai dans l'armée allemande (Arch. de inéd. inilit.i, t. XV, p. 390).
D'une rougeole 1 fois
D'oreillons 2 —
De la syphilis 3 —
D'une méningite 1 —
Enfin, chez 51 malades, Nimier a noté comme cause prédisposante, sinon déterminante, la présence de végétations adénoïdes dans l'arrière-cavité des fosses nasales.
Parmi ces derniers znalades,3iJprésentaient des otites moyennes suppurées, qu'ils attribuaient à des refroidissements, et 19 autres souffraient d'une surdité sans suppuration de l'oreille, surdité due à une otite par obstruction delà trompe. Quant aux 133 autres malades, la cause de leur affection n'a pu être précisée ; car celle-ci remontait le plus souvent (146 fois sur 263 malades) à une époque antérieure à l'incorporation.