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CHAPITRE PREMIER

LES MALADIES VÉiNÉRlENNES

I. Fréquence dans l'armée. — Les maladies vénériennes sont représentées dans notre armée par la syphilis, le chancre mou et la blennorrhagie.

La plupart des blennorrhagiques et des malades atteints de chancre mou sont traités dans les infirmeries régimenlaires ; ce n'est que lorsque ces afi'ections s'accompagnent de complications, qu'elles nécessitent un traitement dans les hôpitaux.

Parmi les syphilitiques, un tiers seulement figure dans la morbidité-hôpital, les deux autres tiers étant compris dans la statistique médicale parmi les entrées à l'infirmerie.

De 1862 à 1874, la nomenclature des maladies de la statistique de l'armée ne comportait, sous le titre III {maladies virulentes et contagieuses), que la syphilis primitive et la syphilis constitutionnelle ; il n'y avait donc pas de place pour le chancre simple, pas plus que pour la blennorrhagie (qu'il fallait ranger dans la syphilis primitive).

Ce n'est que depuis le 13 novembre 1874 qu'une nouvelle nomenclature comprend heureusement troi-s groupes distincts : la blennorrhagie, le chancre mou, la sxjphilis (primitive, secondaire, tertiaire).

Pendant la période 1862-69, l'armée française a présenté une moyenne de -40000 vénériens sur 709000 malades de toutes causes, ou S6 pour 1000. Sur 10000 journées d'hôpital, il y en a eu 1900 pour maladies vénériennes (1) .

Didiot (2) a calculé, en 1866, que le traitement des vénériens

(1) statistique médicale de rarmée en 1869, p. 62.

(2) Didiot, Elude de la syphilis dam la garnison de Marseille {Rec. de mém, deméd. mil., 1866. 3^ série, t. XVIII, p. 423).

coûtait plus d'un million par an et que chacun d'eux nécessitait de 37 à 50 jours de traitement.

En 1869, la proportion des vénériens, qui avait été de 106 pour 1000 hommes pendant la période 1862-68, descendit à 93 pour 1000 hommes d'effectif ; en 1872, à 91 ; en 1873, à 88 ; en 187i, elle fut de 91 ; en 1875, elle s'éleva à 144 pour 1000 hommes d'effectif (Arnould) (1).

« Chaque jour, écrivait L. Colin (2), en 1875, il se trouve en moyenne dans l'armée française de 3000 à iOOO vénériens en traitement, environ 10 sur 1000 hommes présents. Et, en tin de compte, le total des journées de vénériens équivaut chaque aunée au service de l'armée entière pendant trois ou quatre jours.

Enfin il résulte des recherches faites par E. Mathieu (3), pour la période 1876-80, que la proportion des maladies vénériennes a été pendant cette période de 61 pour 1000 et que les différentes formes cliniques de ces affections se sont réparties de la façon suivante pour 1000 vénériens : 682 blennorrliagies, 178 chancres mous, 140 cas de syphilis.

Depuis trente ans, les maladies vénériennes offrent une décroissance assez marquée parmi les soldats ; c'est ce qu'indiquent les chiffres suivants :

1^° période (1862-69). . . . 106 pour 1000 hommes 2' — (1872-79). ... 74 — 2" — (1880-1888). ... 33 — A" — (1889 et 1890)-. . . 45 —

Ces résultats tendent à mettre notre armée sur la même ligne que les armées austro-hongroise et prussienne, qui sont, en Europe, celles qui comptent le moins de vénériens (4).

(1) Arnould, art. France du Dictionnaire encycl.des sciences médicales, 1879, 4c série, t. V, p. 686.

(2) Voy. Colin, art. Mordidité militaire du Diclion. encycl. des sciences méd., 1875, 2c série, t. IX, p. 417.

(3) E. Mathieu, De la Fréquence des maladies vénériennes dans l'armée française [Rec. de mém. de méd. mil., 1882, 3» série, t. XXXVIIl, p. 433).

(4) La proportion des vénériens dans les différentes années européennes a varié : en Prusse, entre 54 (1867) et 38 (1878-79) pour 1000 hommes; eu Angleterre, entre 74 (1875) et 88 (1878) pour 1000 ; en Autriche-Hongrie, entre 53 (1874) et 68 (1877) pour 1000. Elle a été de 107 pour 1000 dans l'armée italienne, en 1878 [Voy. Funck, les Maladies syphilitiques et leur prophylaxie dans les grandes armées d'Europe [Deutsche milit. Zeitsch, 1882, p. 491), analysé dans Arch. de méd^ mil., 1883, t. I, p. 343.]

La diminution des maladies vénériennes parmi les soldats porte surtout sur la blennorrhagie, dont la fréquence est tombée, de 42 en 1876 à 28 en 1890, pour 1000 hommes.

Le chancre mou, après avoir été en croissant jusqu'en 1882, a offert également une diminution progressive ; la syphilis seule paraît conserver la môme fréquence. Ces conclusions résultent de l'examen du tableau suivant :

Proportion des maladies vénériennes pour 1000 hommes dans l'armée française (1 876-1 890):

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