‹ Les maladies du soldatChapitre 3 sur 224 · PRÉFACE VU · texte numérisé non relu

PRÉFACE VU

plusieurs sont signés des noms les plus illustres de la médecine militaire, parmi lesquels il faut citer ceux de Coste, de Desgenettes, de Broussais, de Larrey, de Percy, de Bégin, de Sédillot, de Michel Lévy, de Casimir Broussais, de Boudin et deL.Laveran.

La plupart des travaux, qui figurent dans les premiers volumes de cette importante collection, sont représentés par des études de topographie et de climatologie médicales, et par des relations de maladies endémiques et épidémiques observées dans différentes localités de la France, mais surtout dans les pays étrangers, tels que l'Espagne, l'Afrique, la Turquie, Fltalie, la Chine, le Mexique, où nos prédécesseurs avaient été appelés à pratiquer la médecine au miheu des armées.

11 y est peu question des maladies du soldat à 'l'intérieur, et les quelques auteurs, comme Boudin (1) et Tholozan (2), dont les recherches furent dirigées particulièrement vers cette étude pourtant si intéressante, furent réduits, en l'absence de statistiques médicales relatives à l'armée française, à emprunter à certaines armées étrangères les principaux documents qui servirent à l'élaboration de leurs travaux.

Ce fut seulement en 18G0 que L. Laveran (3), ayant mis à contribution les archives du ministère de la guerre, pour déterminer les causes de la mortalité de l'armée française en temps de paix et à l'intérieur, présenta un tableau fidèle de l'état sanitaire de cette armée et démontra la part considérable qui revenait aux maladies spécifiques et aux maladies tuberculeuses dans la léthalité du soldat dans les garnisons.

Il faut ari'iver à l'année pour voir inaugurer la publication annuelle, par le Ministère de la guerre, de la Statistique médicale de l'armée ; et cette publication a continué depuis cette époque jusqu'à ce jour, sauf une courte interruption en 1870-71.

Cette statistique forme chaque année un gros volume qui

(1) Boudin, Etudes d'hyr/ . pub. sur l'élat snnilnire et la morlali/é des armées de terre et de mer [Annules d'Iiyg. et de médecrue lér/ale, 184fi, t. XXXVI).

(2) Tliolozaii, De l'excès de tnorlal'dé dù à la profession tuililaire {Gaz. méd. de Paris, 1839).

(li) L. Laveran, Rec/terclies statisliqi/es sur les causes de la mortalité de l'armée servant à l'intérieur [Annales d'Iryr/icne publique et de médecine légale, 18GC, 2» série, t. XIII).

présente, dans un grand nombre de tableaux numériques, toutes les indications relatives à la composition et à l'état sanitaire de notre armée: effectifs et répartition des maladies et des décès par corps d'armée, par armes, par mois, éliminations par réformes, etc. Depuis une dizaine d'années, elle comprend également un Rapport très intéressant et très complet. sur les principales maladies et épidémies observées annuellement parmi les troupes françaises tant à l'intérieur qu'en Algérie et en Tunisie.

Cette riche collection est formée actuellement de vingt-sept volumes, correspondant aux années 1862-90 (non compris les années 1870-71).

En 1883, conformément à l'avis exprimé par le Comité consultatif de Santé de l'armée, le Ministère de la guerre prescrivit le remplacement du Recueil par une nouvelle publication, sous le titre A' Archives de médecine et de pharmacie militaires, qui eût pour principal but de vulgariser exclusivement les observations qui se rapportaient à l'armée et aux maladies du soldat, en laissant à la presse médicale, « si riche en publications de toute nature, tous les faits ne se rattachant pas spécialement à l'homme de guerre » et recueiUis par les médecins miUtaires (1).

Actuellement, cette nouvelle collection comprend vingt-un volumes, dans chacun desquels figurent d'intéressants mémoires relatifs à la pathologie, à l'épidémiologie et à la chirurgie de l'armée, et parmi lesquels l'étude des maladies du soldat dans les garnisons est largement représentée.

Plusieurs de ces volumes renferment d'importantes études synthétiques, qui permettent d'apprécier plus exactement qu'autrefois les maladies prédominantes dans les miheux militaires et surtout dans les garnisons de l'intérieur, en France et chez les nations étrangères, études qui ont pour principal fondement les statistiques médicales publiées périodiquement pendant ces dernières années par les grandes puissances. Grâce à ces documents, il est actuellement possible d'établir, pour la plupart des armées européennes, le bilan de leur état sanitaire et de leurléthaUté, et de déterminer la fréquence et la gravité des

(î) Voy. Aixhiv. de méd. mil. (Avant-propos), t. I, 1883.

Page 1