NATURE DE LA MORBIDITÉ ET DE LA MORTALITÉ EN TEMPS DE PAIX
cale de l'armée sont représentées par les suivantes, dont nous indiquons en même temps Finfluence exercée en 1888 (année normale) sur la morbidité et la mortalité :
Fièvre typhoïde
Tuberculose
Scarlatine
Rougeole
Variole
Paludisme
Oreillons
Erjsipèle
Méningite cérébro-spinale . .
Diphtérie
Totaux
Les maladies infectieuses sont représentées dans l'armée soit par des affections qui régnent presque continuellement dans les garnisons de l'intérieur et de l'Algérie, où elles peuvent être considérées comme endémiques et où elles se manifestent, à certains moments, sous formes d'épidémies, soit par des affections à pea près exclusivement propres à l'armée et qui par leur rare apparition à l'état sporadique, leur limitation à certains corps de troupes, leur faible influence sur la mortalité générale, ont mérité le nom û.q petites épidémies, soit enfin par des affections qui surviennent éventuellement et comme accidentellement dans le pays occupé par les troupes et qui,, par suite de leur importation de contrées plus ou moins éloignées, par leur apparition brusque et souvent inexpliquée, par leur extension rapide et par leur propagation à un grand nombre d'individus, enfin pai' leur gravité, ont mérité la qualification de grandes épidémies qn\ leur est habituellement appliquée dans l'armée comme dans la population civile ((/r/jojoe, cAo/era, etc.).
Quant aux maladies diathésiques et constitutionnelles, qui figurent dans cette première section de la statistique médicale de l'armée, nous mentionnerons parmi les plus fréquentes : le
MORBIDITE
A l'hôpital
pour 1000 hommes
MORTALITE pour
(1) Armée française à l'intérieur.
rhumatisme, \ alcoolisme, certaines intoxications alimentaires et accidentelles, enfin le diabète, le cancer, la leucémie, le purpura, le scorbuti, qui ne sont observés que très exceptionnellement dans nos garnisons.
2° Maladies de Vappareil respiratoire. — Ces maladies sont très fréquentes dans l'armée ; elles figurent habituellement dans une grande proportion parmi les causes des entrées des militaires à l'infirmerie et à l'hôpital (entrées pour maladies de l'appareil respiratoire en 1888 : 40 pour 1000 hommes à l'infirmerie et 30 pour 1000 à l'hôpital).
Elles occasionnent annuellement 1 décès pour 1000 hommes d'effectif et interviennent dans la proportion de 13 pour 100 dans la mortalité générale.
Elles sont représentées dans l'armée par les bronchites aiguës et chroniques [non tuberculeuses), les congestions, les œdèmes pulmonaires, les bronchites capillaires, les pneianonies, les pleurésies, V emphysème pulmonaire.
3" Maladies de l appareil digestif. — Ces maladies interviennent assez largement dans la morbidité générale de l'armée (86 entrées pour 1000 hommes d'effectif à l'infirmerie, et 22 pour 1000 hommes à l'hôpital pendant l'année 1888). En revanche, la mortalité qu'elles déterminent habituellement dans nos garnisons de l'intérieur est assez faible ; elle ne s'élève guère qu'à 0,60 pour 1000 hommes d'effectif (période 1886-89).
Elles constituent tantôt des affections légères, habituellement traitées à l'infirmerie [amygdalites et angines aiguës, embarras gastriques sans fièvre, diarrhées), tantôt des affections plus sérieuses, parmi lesquelles figurent la diarrhée dysentérique et la dysenterie, qui, comme nous le verrons plus loin, seraient peutêtre mieux placées dans le groupe des maladies infectieuses, et qui déterminent à peu près seules les décès qui figurent dans ce groupe morbide.
4° Maladies de l'appareil circulatoire. — Ces maladies, par suite de leur gravité, sont presque exclusivement traitées dans les hôpitaux, où elles représentent habituellement une morbidité d'environ 3,4 pour 1000 hommes d'effectif et 0,16 décès pour 1000 hommes (période 1886-89).