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DES SUICIDES

pour 1000 hommes

(1) Lonfïuet, le Suicide dans les armées européennes {Arch. de méd. mil., 1891, t. XVIII, p. 435).

C'est dans l'armée autncliienne que les suicides sont le plus nombreux. Du reste, ils sont en augmentation sensible dans cette armée, puisque, de 0,9 pour 1000 hommes pendant la période 1870-74, ils se sont élevés à 1,15 en 1873-80 et à 1,31 pour 1000 hommes en 1881-87.

Ils représentent le cinquième de la mortalité générale de l'armée autrichienne, et aucune affection, môme la plus meurtrière, comme la fièvre typhoïde, n'y occasionne un nombre aussi élevé de décès.

Le suicide paraît être également en augmentation dans l'armée allemande : 0,37 pour 1000 hommes (1867-75), 0,61 (1873-78), 0,67 (1878-88).

Dans l'armée autrichienne, le tiers des suicides est attribué à la répulsion delà profession militaire ; la crainte d'une punition intervient pour 1/3 en Autriche et en Allemagne, pour 1/3 en France, pour 1/7 en Italie.

Le suicide passionnel est beaucoup plus fréquent en France et en Italie qu'en Autriche et en Allemagne (Longuet).

Dans les armées européennes, comme en France, c'est le cou'p de feu qui constitue le mode de suicide le plus fréquent ; en Autriche, il compte pour près des 3/4 des cas. La pendaison et la submersion sont les deux autres modes les plus fréquents.

C'est dans l'infanterie que le suicide par arme à feu est le plus commun ; dans les armes montées, on a recours le plus souvent à la pendaison (avec les cordes à fourrage, par exemple) ; en été, les suicides ont surtout lieu par submersion.

L'éloignement de la mère patrie paraît exercer un rôle très sensible sur la répartition des suicides militaires ; comme l'armée française en Algérie, l'armée anglaise aux Indes offre deux fois plus de suicides que les mômes éléments dans les garnisons de la zîiétropole.

L'imitation s'exerce d'une manière évidente ; dans le môme régiment, on voit un suicide fréquemment suivi d'un autre et môme de quelques autres accomplis souvent dans les mômes conditions (suicides par pendaison à un crochet d'un couloir des Invalides ; plusieurs suicides dans une même guérite au

camp de Boulogne). On a compté jusqu'à neuf suicides et une tentative de suicide en un an dans un régiment autricliien, quatre suicides en deux ans dans im bataillon français (Longuet).

\S alcoolisme ne paraît plus guère jouer qu'un rôle assez secondaire dans toutes les armées sur la tendance au suicide.

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