PAR LE
de l'eni
par 1
MALAD
! Armée fran-
Guerre de Crimée \ caise. . . .
(1853-56) Armée an-
[ glaise . . .
Guerre d'Italie (1859), armée /ran-
Guerre de Chine (1860), armée fran-
Guerre du Mexique (1862-66), ar-
Guerre franco-allemande (1870-71),
armée allemande
Guerre turco-russe (1877), armées russes du Danube et du Caucase
Guerre de Bosnie (1878), armée
On constate, cependant, dans ce tableau quelques exceptions à la proposition que nous avons émise précédemment; ainsi, pendant la guerre d'Italie, les pertes de l'armée française furent représentées par environ SSOO décès occasionnés par le feu de
(1) Voy. Morache, Hygiène mililaire, 2" édition, 1886, p. 903.
rennemi, et seulement par 2000 décès causés par les maladies.
D'un autre côté, l'armée allemande n'a offert que ll2o9 d^cès par maladies pendant la campagne de- France, alors que ses pertes provenant du champ de bataille n'ont pas été moindres de 30000 décès.
Mais ces résultats sont exceptionnels et s'expliquent, pour l'armée française, en 1859, par la courte durée de la campagne et par les nombreuses ressources que rencontrèrent nos troupes dans un pays allié ; pour l'armée allemande, par la rapidité des opérations militaires, qui ne se continuôi'ent pas plus de sept mois, et par les mesures hygiéniques qui fm-ent prises afin de préserver le mieux (possible les troupes de l'atteinte des maladies et des épidémies qui menacent le soldat en campagne. .
Aussi, nous nous rangeons à l'avis exprimé par Kelsch (1), que, « s'il est exact de dire que le fer et le feu de l'ennemi déciment les troupes, il est non moins juste d'ajouter que les maladies en enlèvent souvent le quart, au point que l'on considère comme suffisamment heureuses les rares campagnes où les pertes par blessures et par maladies se compensent à peu près ».
Non seulement la morbidité est plus élevée en temps de guerre qu'en temps de paix, mais encore son évolution est différente. « Tandis que, dans les garnisons, les quatre premiers mois de l'année sont les plus chargés de malades, la saison estivoautomnale étant privilégiée, au milieu des armées en campagne dont les opérations ont généralement lien en été et en automne, la morbidité atteint son maximum pendant le troisième trimestre, pour diminuer pendant l'hiver. C'est du moins ce qui a été observé dans l'armée allemande, pendant la campagne de France de juillet 1870 à mars 1871. » (Kelsch.)
Avant même que les hostilités ne soient commencées et dès les premiers jours de la mobilisation, le nombre des entrées dans les infirmeries et dans les hôpitaux est toujours considérable; et cette morbidité anormale provient surtout de l'énorme proportion d'indisponibles, qui s'offre aux médecins des corps, dès la
(1) Loc. cit., p. 118.
première période de rassemblement et de concentration des troupes appelées à faire campagne.
<< La loi sur les effectifs du 5 mars 187S, qui a institué la compagnie de :2oO hommes, sur le pied de guerre, prévoit, dans l'exposé des motifs, cfue, huit jours après l'entrée en campagne, ce cliiffre sei'a réduit à :200 ou 180, c'est-à-dire que la compagnie aura perdu I/o ou 1/4 de son effectif. C'est là un fait d'expérience connu de tous les militaires. Ce déchet inévitahle se compose en partie des hommes blessés par la marche ou l'équipement, mais surtout des chétifs, des malingres, des sujets atteints de tuberculose ou de maladies du cœur latentes, en un mot de tous ceux qui pouri-aient jusqu'à un certain point résister aux fatigues du service ordinaire, et qui, marqués d'une tare pathologique quelconque, fléchissent sous les premiers efforts de la concentration. L'épuration va se continuer pendant une huitaine de jours encore, et réduire en fin de compte l'effectif à 150 hommes. Ceuxlà, exemptés de toute prédisposition morbide, d'une constitution robuste, suffisamment éprouvés par ces premières fatigues, vont continuer la campagne. Ainsi, 15 ou 20 jours auront suffi à éliminer les 5/3 de l'effectif » (1). (Kelsch.)
Ensuite, au bout d'une période plus ou moins longue, les maladies naissent et se multiplient, et elles ne diffèrent guère de celles qui frappent les soldats dans les garnisons et dans les camps. Comme c'est en été et en automne qu'ont lieu maintenant les opérations actives de la guerre, ce sont les maladies de la saison chaude qui dominent et qui impriment à la pathologie des armées en campagne leur physionomie propre. Alors qu'en temps de paix l'évolution annuelle de la morbidité et de la mortalité est surtout régie par les maladies catarrhales, en temps de guerre ce sont les maladies infectieuses qui déterminent cette évolution (Kelsch).
Jadis les maladies les plus communes dans les armées en campagne étaient représentées par le scorbut et le typhus. Actuellement, on trouve dans le cadre pathologique de ces armées nos maladies de garnison, c'est-à-dire la fièvre typhoïde, la
(1) Loc. cit., p. 113.
diarrhée et la dysenterie. Dans ravinée allpipjnido, pendant la campagne de 1870, ces afï'ections représentèrent la moitié de la morbidité générale, dont 1/4 pour la diarrhée et 1/4 pour la dysenterie et la fièvre typhoïde (Kelsch).
Pendant les expéditions de l'armée française en 18S1, en Tunisie et dans le Sud-Oranais, c'est la fièvre typhoïde qui fut, avec les affections du système digestif (diarrhée, dysenterie) et avec les fièvres palustres, la principale cause d'entrées aux hôpitaux, comme l'indiquent les chiffres suivants :