OTITE ET OTORRHÉE CHRONIQUES
TOTAL
Malheureusement Coustan, en considérant les pertes occasionnées par les différentes formes sous lesquelles se manifeste la tuberculose dans l'armée, comme exprimant la mortalité phtisique parmi les soldats, a obtenu des résultats erronés; en effet, il a comparé les chiffres, singulièi'ement exagérés, admis par lui pour représen ter cette mortalité avec des chiffres empruntés à des statistiques déjà anciennes, publiées pour certaines populations civiles, reproduites en 1883 dans mon travail sur la Phtisie dans Varmée^ et dans lesquelles on n'a jamais compris que les décès par phtisie pulmonaire, sans y rattacher les nom-' breux cas de tuberculoses cJiirurgicales, qui figurent depuis quelques années dans la statistique médicale de Tarmée française.
Bien qu'aujourd'hui, grâce à la démonstration de l'unicité de la phtisie et de la nature bacillaire de certaines lésions osseuses et arthritiques, on ait agrandi largement le cadre de la tuberculose, en y faisant entrer un grand nombre de ces tuberculoses chirurgicales, il nous paraît indispensable, dans une étude statistique sur la fréquence de la phtisie dans l'armée, établie d'après des documents recueillis à une époque assez éloignée, d'envisager la phtisie pulmonaire, sans compliquer cette étude par des éléments dont l'interprétation serait par trop difficile et toujours discutable.
II. Fréquence de la tuberculose et mortalité occasionnée par cette affection dans l'armée fran-
çaise, pendant la période 1877 à 1890, comparativement à la population civile. — Le dépouillement des statistiques médicales de l'armée, correspondant à ces treize dernières années (1877-1890), nous a donné les résultats suivants : a. Morbidité. — Nombre d'entrées aux hôpitaux par tuberculose, pour 1000 hommes (1} :
Moyenne annuelle, 3,1 pour 1000 hommes.
h. Mortalité. — Proportion des décès phtisiques survenus annuellement pour 1000 hommes :
Moyenne annuelle : 1 décès pour 1000 hommes.
c. Eliminations par réformes.,retraltes^ e,iç,. (proportion pour 1000 hommes) :
Moyenne annuelle : 3 éliminations pour 1000 hommes.
Si Ton compare le nombre des décès phtisiques et le nombre des éliminations par phtisie présentés annuellement par l'armée française pendant les périodes 1865-69, 1872-76 et 1877-90, on cons tate que ces deux nombres sont complémentaires, c'es t-à-dire que le second augmente en môme temps que le premier diminue ; ce qui s'explique naturellement, puisqu'à mesure que, conformément aux prescrip tions réglementaires, les éliminations des poitrinaires ont lieu plus facilement, on voit nécessairement se restreindre le nombre des hommes qui succombent à la phtisie pendant
(1) Non compris les tuberculoses chirurgicales.
LA TUBERCULOSK 219
leur séjour sous les drapeaux. C'est ainsi que nous voyons la mortalité phtisique descendre de 1,33 (période 1862-69) à 1,47 (période 1872-76) et à 1 pour lOUO hommes pendant la dernière période (1877-90), alors que la proportion des éliminations pomtuberculose s'élève successivement de 0,80 (1862-69) à 1,60 (1872-76) et à 3 pour 1000 (1877-90). Mais le nombre des phtisiques dans notre année reste sensiblement le même.
Le total des deux nombres qui, pour chaque année, représentent le premier les décès, le second les éliminations occasionnés par la tuberculose, indique presque la totalité des phtisiques qui existent dans l'armée, et dont la plupart, ainsi que l'indique la statistique, figurent parmi les causes d'entrée à l'hôpital : la difi'érence provenant des phtisiques réformés directement au corps, sans passer par les hôpitaux, diiïérence insignifiante, puisqu'elle a été représentée en 1888 par 3, 4-4 ou 1,4, en 1889 par 3,9-4,8 ou 1,1 et en 1890 et par 6,7-3,1 ou 1,6 pour 1000 hommes présents.
Ainsi, la statistique démontre qu'il y a annuellement dans notre armée environ 4 phtisiques sur iOOO hommes, et que, sur ces 4 phtisic[ues, un seul succombe sous les drapeaux, les 3 autres étant réformés pendant la durée de leur service militaire.
Comparons maintenant ce chiffre avec les documents qui nous sont fournis par les statistiques civiles, pour les jeunes gens de 20 à 25 ans :
Mortalité, par phtisie dans lapopulation civile par mi les jeunes gens de 20 25 ans :
LOCALITÉS et