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CHAPITRE VII

A. — Morbidité et mortalité varioliques dans l'armée.

Avant, la découverte de la vaccine, la variole devait être très fréquente dans notre armée; malheureusement, nous manquons de renseignements précis sur ce point, caries auteurs ne se sont guère occupés que des dififérentes épidémies varioliques survenues parmi les troupes en campagne.

La variole a régné à l'état épidémique dans les garnisons de la France en 1822, 1834 et 1846 et plus récemment, en 1870, pendant la guerre franco-allemande, principalement dans la garnison de Paris (1).

Avant la publication de la statistique médicale de l'armée, c'est-à-dire avant l'année 1862, on manquait de documents précis pour évaluer la morbidité et la mortalité occasionnées dans l'armée française par cette affection. Cependant, dans son Etude sur la mortalité de l'armée française à rintérieur, L. Laveran avait fourni quelques chiffres qui permettaient de se faire une idée de sa fréquence et de sa gravité. Si l'on s'en rapporte aux recherches de cet auteur, la proportion annuelle des décès par variole, relativement à ;1000 décès généraux, aurait été la suivante pendant la période 1832-59 dans nos principales garnisons :

Paris 39 Dunkerque. ... 42

Metz 37 Bayonne 22

Lille 35 Maubeuge 48

Perpignan 66

D'un autre côté, L. Laveran a estimé à 1/29 de la mortalité géné-

(1) L. Colin, kl Variole au point de vue êpidéiniologique et propbylaclique, Paris, 1872.

raie (soit 34 sur 1000 décès généraux) la mortalité variolique dans l'armée française pendant la période décennale 1838-49.

De 1862 à 1865, la statistique médicale de l'armée indique annuellement 19 décès par variole sur 1000 décès généraux, soit une dijninution de 15 pour 1000, comparativement à la période considérée parL. Laveran.

Pendant la période 1866-74 (non compris 1870 et 1871) la variole a occasionné annuellement dans notre armée 2,2 décès sur 1000 hommes présents.

Cette affection n'avait plus donné lieu dans les garnisons de l'intérieur à aucune épidémie sérieuse, quand éclata la guerre franco-allemande. Pendant l'année 1870, un grand nombre de localités furent atteintes de cette lièvre éruptive, qui n'épargna ni la population civile ni les troupes appelées à faire campagne, mais qui exerça surtout ses ravages dans la garnison de Paris (60 cas sur 1000 hommes). Alors que, comme l'a noté L. Colin, les soldats de l'armée active qui avaient été vaccinés eurent peu j'i souffrir de la maladie, les mobiles arrivés de la province et logés chez les habitants prirent facilement la variole à leur contact.

Grâce à la pratique des vaccinations et des revaccinations obligatoires, cette diminution de la variole s'accuse de plus eu plus dans l'armée française, ainsi que l'indiquent les chiffres suivants :

ANNÉES

CAS

DÉCÈS

ANNÉES

CAS

DÉCÈS

Il n'y a eu en 1890 dans notre armée cfue 2 cas de variole pour 10000 hommes présents, et encore la plupart sont représentés par la varioioïde, ce qui explique la faible mortalité occasionnée par cette affection (0,08 pour 10000 hommes).

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