‹ Les maladies du soldatChapitre 97 sur 224 · HABITANTS · texte numérisé non relu

HABITANTS

Tours . . . .

Cette

Grenoble

Brest

Rennes

Béziers

Li.O

Clermont-Ferrand . . .

Douai

Aurillac

Toul

Lille .

Perpignan

Besancon

Montélimar

Paris

Bastia

Versailles

Narbonne

Lyon

Meaux

Nice

Le Mans .......

Montpellier. ......

Chàlons-sur-iMariie . .

Aleneon

Bourges

(I) Bertilloii, Elaf sanitaire comparé des principales villes d'Europe eu. 1SS5 {Revue d'lit/</iéne, 1886, p. 829).

Actuellement, la variole n'apparaît donc clans nos régiments que très exceptionnellement et provient presque toujours d'une importation extérieure et civile ; ainsi, l'appel des réservistes est quelquefois marqué par l'entrée de quelques varioleux dans les hôpitaux militaires et qui proviennent d'autres localités atteintes par la maladie. Voilà pourquoi, comme nous le montrerons plus loin, on ne fera disparaître la variole de l'armée française qu'en forçant la population civile à se faire vacciner et revacciner.

Les militaires varioleux se répartissent à peu près uniformément dans les corps d'armée. Cette répartition varie, du reste, suivant chaque année. En 1889, ce sont les XIV^ et XVP corps d'armée qui ont offert le plus grand nombre de cas de variole (avec 12 et 17 cas respectivement). Le XVIIP n'en a pas eu un seul cas.

C'est l'Algérie qui intervient pour la plus grande partie dans la morbidité et la mortalité varioliques de l'armée. En 1889, on a observé parmi nos troupes africaines presque autant de cas et trois fois plus de décès que parmi les troupes de l'intérieur.

Bien que la variole atteigne les soldats à n'importe quelle époque du service militaire, cependant elle sévit de préférence sur ceux qui ont moins d'une année de service. Les sous-offlciers paraissent presque aussi exposés à cette affection que les simples soldats. Cette constatation, faite par L. Laveran il y a plusieurs années, a été confirmée par les documents les plus récents de la statistique médicale. Nous nous bornerons à présenter ici les chiffres correspondant aux années 1888-89-90 et indiquant la proportion des atteintes de variole pour 10000 :

Sous-officiers

Soldats ayant plus d'un an de service . Soldats ayant moins d'un an de service

Dans nos garnisons, la variole règne de préférence pendant la saison froide, ainsi que l'indique le tracé suivant, emprunté à

la statistique médicale et qui représente le nombre des cas de cette maladie survenus en 1890, dans notre armée et pendant chaque mois :

Trach: XIV. — MoRBiDrrÉ varjoliqius en 1890.

B. — Évolution éi-ldémioce dans les milieux militaires.

La plupart des cas de variole, ([ui sui'viennent actuellement proviennent, comme nous l'avons dit, de la population civile, soit que la maladie l'ègne dans la localité, comme on Fa observé dans un grand nombre de garnisons du XV'' corps d'armée en 1886, à Brest et à Quimper en 1887 soit qu'ells soit importée d'nne ville plus ou moins éloignée par un soldat permissionnaire ou par un nouveau venu (conscrit, réserviste, territorial).

Nous citerons comme exemple de ce dernier mode de développement les faits suivants : En 1887, la variole fut importée dans la garnison de Vendôme par un jeune soldat du lO'' chasseurs, venu d'une localité de la Bretagne où régnait la maladie, et dans la garnison de Melun par un militaire arrivé de Paris, où il avait cohabité avec des varioleus. La même année, la petite garnison de Sospel, dans le XV" corps d'armée, a été contaminée par un militaire du 1^9" de ligne qui contracta la maladie à Uzès, où il était en congé de convalescence. La variole se déclara après sa rentrée au fort ; trois hommes furent atteints ; deux chasseurs du 24'' bataillon contractèrent la maladie à leur tour : ils faisaient partie de la députation qui avait été envoyée aux obsèques dun

des malades; Yim d'eux avait môme transporté le cercueil de l'hôpital au cimetière. Des observations analogues ont été faites en 1888; elles ont démontré l'importation de la variole : au 122' de ligne, à Montpellier et à Cette par des permissionnaires ; aux troupes des garnisons de Lodève, d'Albi, de Monllouis, par des réservistes ou des dispensés. En 1889, parmi les dispensés convoqués au 129" de ligne, au Havre, huit furent atteints de variole. Tous avaient été vaccinés dans leur enfance et venaient d'être revaccinés. Le premier malade sembla avoir contracté la variole dans un village des environs du Havre, où la maladie régnait; les sept autres appartenaient à une compagnie logée dans un autre bâtiment. Il n'y avait pas de variole dans la population civile.

Depuis quelques années, nos collègues de l'armée ont appelé l'attention sur les cas assez nombreux de variole survenus chez des militaires en traitement dans les hospices mixtes, après s'être trouvés en contact avec les malades civils et avoir été traités dans le voisinage de varioleux. Des exemples de ce genre ont été observés, en 1888, dans les hospices mixtes de Vendôme, du Puy et de Mont-de-Marsan.

La diffusion atmosphérique du contage varioleux n'a lieu que dans des limites fort restreintes. Ainsi, L. Colin a remarqué pendant le siège de Paris que, tandis que le voisinage de l'hôpital de Bicôtre, où étaient traités un grand nombre de militaires va- ]ioleux, avait été nuisible à certains corps de troupes qui se trouvaient en libre communication avec l'hôpital, les marins, qui occupaient le fort (Bicétre) le plus voisin de cet établissement, mais qui ne relevaient pas, pour leur service, de l'état-major installé dans l'hôpital, et qui, par conséquent, n'y venaient presque jamais, n'offrirent guère plus de varioleux que les garnisons des autres forts occupés par les marins sur les divers points de l'enceinte de Paris. Voilà pourquoi cet auteur pense qu'une zone d'isolement peu étendue, de 80 à 100 mètres, peut être considérée comme suffisante pourpréserver les habitations voisines de toute contamination variolique (pourvu que, bien entendu, il n'y ait aucun rapport direct ou indirect entre les malades de l'établissement et les locataires des habitations).

Jadis, quand la variole régnait épidémiquement dans une garnison, on voyait les différents corps de troupes frappés successivement et à tour de rôle par la maladie, qui, après avoir épuisé son action dans un casernement, se transportait dans un autre pour y faire de nouvelles victimes. Pendant le siège de Paris, en 1870, L. Colin a constaté que chaque régiment était devenu ainsi le siège d'une petite épidémie de variole, qui s'y manifestait comme isolément, avec ses phases d augment, d'état et de déclin. La même ohservation a été faite à Lyon par Hocquard (1), pendant l'épidémie qui sévit su]' la garnison de cette localité en 1875-76. Les différentes casernes furent atteintes successivement par la maladie, bien qu'au début celle-ci se fût localisée dans quelque s-unes.

La variole procède donc, dans son expansion épidémique, de la même façon que les autres fièvres éruptives (rougeole, scarlatine).

Les épidémies de variole régnent habituellement pendant l'hiver ; le nombre des cas augmente à mesure que baisse la température, comme cela a été constaté à Lyon en 1875-76, par Hocquard, qui attribue ce fait à ce que le froid pousse les hommes à se renfermer dans les casernes et à s'entasser dans les chambrées.

Pour Brouardel (2), la pluie serait suivie d'une diminution des cas de variole et agirait en entraînant sur le sol les poussières et les croûtes varioliques contenues dans l'air. Hocquard n'a point constaté de coïncidence entre la chute de la pluie et la diminution des cas de cette maladie. ]\Iais il attribue un rôle plus marqué à la quantité d'ozone contenue dans l'atmosphère.

Dans l'épidémie de v ariole qui sévit en 1875-76, dans la garnison de Lyon, et qui a été décrite par cet auteur, la maladie a frappé dans d'égales proportions les jeunes conscrits et les vieux soldats. Le nombre des officiers et des sous-officiers atteints a été très restreint, ce qu'on peut attribuer à la pratique des revaccinations, plus strictement suivie pour ces derniers.

(1) Hocquard. la Variole dans la garnison de Lyon (Rec. de mém. de me'dec. milit., mi. t. XXXin, p. 113).

(2) Discussion sirr la variole {Bulletin de la :<oriélé médicale des hôpitaux, Paris, rtécenibi-e ISTO).

Les iiilirmiers lurent presque tous préservés (7 cas sur 203 malades); leur immunité fut attribuée à ce que tout le personnel de riiôpital militaire de la Charité avait été vacciné à plusieurs reprises, avant même les premières menaces de l'épidémie.

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