FRAGMEXT D'U\'E LETTRE DE PARALYTIQUE
Collection de M. le doctear Lays.
lèbre à son médecin. Ce malheureux a souligné tous les mots jusqu'à deux et trois fois, et il ne s'est servi que de lettres majuscules.
Ce besoin d'écrire, de noircir des rames de papier est trèsfréquent chez les paralytiques, au début. Je me souviens d'avoir
VU à la Salpêtrière une femme, prophétesse de son état, qui, chaque matin, me remettait une main de papier écolier couverte de mots à peu près sans suite. Quand le temps ou les idées lui faisaient défaut, elle se contentait, pour finir la tâche qu'elle s'était imposée, de tracer des zigzngs sans suite et sans aucun sens jusqu'à ce que tout le cahier fût rempli.
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ÉCRITURE d'un iMOiMOMAIVE AMDITIEUX.
Collection de M. le docteur Magnan.
A ce point de vue, voici un dessin qui m'a été confié par Luys, et qui est assez instructif. II représente une machine à voler. La navigation aérienne est une des préoccupations les plus ordinaires des aUénés vaniteux. Ce que les académies reçoivent de mémoires sur ce sujet est incalculable. Cette machine est bien spéciale, car elle est traversée par des jockeys. Pourquoi? Je l'ignore. iMais je vous prie de regarder surtout cette quantité énorme de noms géographiques, historiques, ces dates dont l'au-
leur a surchargé son ouvrage. Cela n'a aucun sens, et seul il sait ce qu'il a voulu faire , et encore n'est-ce pas certain.
UNE MACIllKE A VOI.Elt.
Collection de M. le dotteur Lujs.
Quand l'élat de démence arrive, la manie d'écrire ne cesse pas, et l'on voit des malheureux qui passent leur journée à tracer des traits, des jambages sans aucune signification.
LK DKLIRK DES GRAXDULRS. 409
Les vaniteux ue font pas qu'écrire, ils dessinent beaucoup; je vous l'ai dit. On retrouve, dans leurs conceptions arlistiques, leurs prcoccnpalions habiluelies dans tout ce qu'elles ont d'exagéré et d'insensé. On dirait que la main de l'arliste (s'il est vraiment possible de se servir de celle expression) reproduit ses idées dans ce qu'elles ont de plus absurde.
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DEUMEUS VESTIGES DE L'ÈCUITLIIE CHEZ 1. E PAUALY IIQLE GÉNÉRAL.
Un malbeureux paralytique, tombé en démence, jelte sur le papier des figures incohérentes. Ce sont des armures, des chevaliers qui coirespcndent à ses idées, à ses inventions journalières, mais dont il ncus est impossible de comprendre la signification.
In autre malade de Luys, assiégé par la préoccupation d'un départ, d'une évasion, d'une fuite à l'étranger, ne cesse de représenter les moyens dont il pense se servir pour l'cflcctuer, et voici sa chaise de poste, ses chevaux, ses laquais.
Un autre, soigné aussi par le même médecin, a des imaginations fanlastiques. Un cimetière, une vieille cathédrale, des tombes, des apparitions, telles sont les visions lugubres qui l'as-
UESSIX h L'\ PARALYTlQUli Gli\EUAL. CjllecliOD de \l. le docteur Luys.
siègent. Son crayon les traduit, et rien n'est plus triste que ce qu'il dessine.
Un autre se croit grand musicien. 11 joue du violon mieux que personne ; mais il n'y a pas que son talent qui soit prodigieux , l'instrument dont il se sert ne l'est pas moins. Il charme les
LK DELIHR DES GRAXDELRS.