‹ Les maladies et les ennemis des caféiersChapitre 11 sur 22 · I. — INSECTES MINANT LES FEUILLES · texte numérisé non relu

I. — INSECTES MINANT LES FEUILLES

Cemiostoma coffeella. — Cet insecte est un Microlépidoptère du groupe des Tinéites, groupe auquel on applique communément le nom de Teignes.

Les chenilles de cette Tinéite pénètrent dans la feuille du Caféier et dévorent le parenchyme vert compris entre les deux cuticules.

La larve produit sur les feuilles de Caféier des taches brunes ou fauves ; c'est pour cette raison que la maladie produite a été appelée rouille dans les Antilles françaises, rust dans les Antilles anglaises et, au Venezuela, d'après le D' Ernst (2), mancha de hierro (tache de rouille). Les trois termes sont, on le voit, synonymes.

Observé la première fois par Perrotet aux Antilles, cet insecte avait été placé dans le genre Elachista [E. coffeella] (3). Il en a été séparé par Stainton et classé dans le

(i) J'ai emprunté, pour ceUe partie de mon travail, de nombreux renseignements sur les ennemis du Caféier, au sujet d'un certain nombre de brochures que je n'ai pu me procurer, au catalogue raisonné du D"" A. ZimxMERMANN (Purasiten des Kaffecs, in « CentralblaU fur Baktcriologie... 2« Abtheilung, no» i5 et i6. 1899 »).

(2) Op. cit.

(3) Guérin-Mknevilm; et Perrotet, Mémoire sur un insecte et un champignon qui ravagent les Caféiers aux Antilies, Paris, i84'2.

genre Ceniiostoiua, où il se range naturellement par les caractères que présentent la tète lisse ainsi que la face, qui est dépourvue de palpes labiaux ; les mu-urs de la chenille sont aussi un caractère du genre (t).

Le Cemiostoma coffeella et la maladie qu'il détermine ont été très complètement étudiés par Pickmann Mann et les publications ultérieures y ont puisé la plus grande partie de leurs documents (•>.).

L'insecte parfait, le papillon (fig. ')3), est très agile ; il n'a pas plus de 5 à 6 millimètres de large, les ailes étendues ; le corps, long de ■:>. millimètres, est couvert d'une fine poussière argentée. Les ailes antérieures sont larges, les postérieures fort étroites et terminées en pointe ; elles soni, comme le corps, couvertes de cette sorte de poussière formée par de petites squames imbriquées, et les ailes antérieures montrent quelques taches de couleur variée, jaune d'or, blanc, noir bleuâtre.

Ce petit papillon peut fournir, dans les régions très chaudes, plusieurs générations qui se succèdent pendant toute la durée de l'année.

Les œufs déposés sur les feuilles de Caféier éclosent rapidement et produisent de petites larves jaunâtres, ovoïdes, aplaties, de 4 à 5 millimètres de long, élargies vers la tête et formées de onze segments (fig. ,54).

ig-. Ji. — Cemiostoma coffeella. Le Papillon lortement gfiossi. (D'après Guérin-Méneville et Perrotet. Grossi à la loupe.)

Fig. 34. — Cemiostoma coffeella. A droite, une larve ; à gauche, une chrysalide, (ortement grossies à la la loupe. (D'après Guérîn- Méuevillc.)

(i) Voir à ce sujet Kdnckel d'IIerculais et Ragonut, in Annales de la Soc. entomol. de Fratice, t. LXIII, 1894, p. (xcvii el suivantes.

(■2) Pickmann MA^■^■, The White Coffee-leof minev. in American Naturalist, 1872, p. 332 et 596.

- La chenille, qui semble pénétrer par la face supérieure, vit entre les deux faces de la feuille et dévore tout le parenchyme intermédiaire, en formant ces taches fauves, de largeur variable, que nous avons signalées plus haut. L'épiderme et la cuticule, bientôt séparés, brunissent plus ou moins, se soulèvent en formant des espèces d'ampoules un peu proéminentes (fig.î,")), à l'intérieur desquelles se trouvent les déjections de la chenille assez régulièrement disposées en cercles concentriques. Le plus souvent les mines sont disposées dans le milieu du parenchyme. Leurs contours sont bien limités par la couleur verte non altérée des régions voisines. Ces larves ne paraissent pas muer, car on ne rencontre pas leurs dépouilles dans les mines; elles vivent isolées, mais une feuille porte communément plusieurs mines, qui parfois deviennent confluentes. Les feuilles peuvent être attaquées dès leur épanouissement.

Au bout de 7 à 8 jours, selon Guérin-Méneville et Perrotet, i8 à i>o jours, selon Pickmann Mann, la larve adulte sort de la feuille par une ouverture de un millimètre environ, le

plus souvent sur la face inférieure. Elle construit alors rapidement en une journée environ une petite toile tendue sur deux épais et courts cordons de soie croisés obliquement. C'est entre cette toile et la feuille qu'elle file un cocon fusiforme, d'im blanc pur, où elle se transforme en chrysalide. Elle en sort à l'état de papillon au bout de 6 jours.

Le Cemiostoma coffeella est relativement très répandu. Il a été fréquemment observé en Amérique, surtout vers le côté du littoral atlantique, dans les Antilles, au Venezuela

Fig. Jj. — Feuille de Caféier portant une mine, M, et des chrysalides, Ch, de Cemiostoma coffeella (Grand, natur.).

(D" ErnsX, Botnnische Zeitung, i8y6, p. 3i), au Brésil, etc. M. Raoul (i) l'a constaté à Madagascar, Maurice, la Réunion. Dans cette localité il existerait depuis longtemps déjà (a), M. Bordage suppose que cette espèce est originaire des régions où le Caféier vit à l'état sauvage (Abyssinie, etc.) et qu'elle a été importée avec lui {Revue des Cultures coloniales, 5 mai 1H99).

Il semble que le Caféier d'Arabie soit seul susceptible d'être attaqué par cet insecte ; on n'a pas, du moins, signalé d'invasion sur le Caféier de Libéria.

L'importance des dégâts commis semble fort variable. Il arrive fréquemment que les feuilles qui portent de nombreuses taches se dessèchent et tombent. Si sur une plante donnée le nombre de feuilles ainsi annulées dans leur fonction est considérable, l'élaboration des principes hydrocarbonés dévolue aux organes chlorophylliens est notablement amoindrie pour un certain temps, et la plante n'est pas sans en éprouver un dommage, qui se traduit par une diminution de la production des fruits. C'est ainsi qu'au Brésil la récolte aurait été, dans certains cas, diminuée de ce fait d'un cinquième. A la Dominique, l'existence des plantations de Caféiers fut gravement menacée de 1881 à i883 par l'envahissement intense de l'insecte dont nous parlons (3).

Dans d'autres cas, le dégât semble presque insignifiant, le mal apparaît, mais son extension s'arrête et peu de feuilles sont attaquées. M. Delalande (4) a constaté, en effet, à la Réunion, la très grande fréquence des chenilles mortes dans les feuilles, trois ou quatre pour une vi-

(i) Manuel des Cultures tropicales de E. Raoul et P. Sagot, tome II, a* partie. Culture du Caféier, pai' E. Raoul, Paris 1894.

[1) J. Delalande, Observations sur les maladies des Caféiers à la Réunion, Rennes, i883. — L. Bordage, Revue agricole de la Réunion, sept. 1897, et Revue des Cultures coloniales du 5 mai 1899. — A. Giard, Bulletin de la Société entomol. de France, 1898, no 9, p. 201.

(3) Botanical station, Dominica ; Annual report for 1893.

(3) Op. cit.

vante ; et la proportion serait encore plus grande pour les chrysalides. M. Nicole [Bulletin agricole de la Martinique de mai et juillet 1899, p. 34) signale des faits analogues à la Martinique. D'un autre coté, M. Pickmann Mann avait observé sur les larves du Cemiostoma du Caféier la présence de deux espèces différentes d'autres larves parasites. Elles appartiennent à deux Hyménoptères : EulopJius Ceiniostoniatis et Exothecus letifer. 11 semble par conséquent logique d'attribuer l'innocuité relative de l'insecte dans certains cas à la présence de ces parasites qu'il y aurait grand intérêt à introduire dans les régions où ils n'existent pas. Il est à remarquer que la maladie sévit avec d'autant plus d'intensité qu'elle est de plus récente importation : ce qui se doit surtout à l'absence des ennemis naturels de l'insecte.

Ce fait fut particulièrement observé au Brésil au sujet du Ceniiostoiua du (Caféier. Il y a tout lieu de penser qu'avant 1854 il n'existait pas au Brésil et qu'il y fut introduit par des pieds de Caféier provenant de Bourbon; mais ce n'est que depuis 1860 que les dégâts deviennent considéralîles. En plusieurs régions (i), on peut voir ces papillons tomber en nuées lorsqu'on secoue les Caféiers, et « ils s'y présentent u quelquefois en si grand nombre que des plantations en- « tières en sont dévastées et ne donnent aucun produit. Les « feuilles des arbustes ont alors un aspect desséché et « grillé. »

M. A. Giartl [loc. vit.) a signalé deux autres Hyménoptères parasites du Cemiostoma à la Réunion, dillerents des deux précédents, un EulopJius et un Apanteles. Mais, d'après M. Bordage, ce ne seraient pas des espèces spéciales au Cemiostoma coffeella. On les trouve, les deux premières en Amérique, les secondes à la Réunion, sur d'autres larves du même groupe, et ces Hyménoptères se sont attaqués au Cemiostoma du Caféier quand il a été introduit en même temps que la culture de cette plante.

(i) C. F. Vak Delden Laerm:. Rapport sur la ciilluic du Café... La Haye et Paris, 188).

Dans une étude récente, au sujet de la « maladie vermiculaire » du Caféier à la Martinique, dont nous parlerons bientôt, M. A. Thierry (i) déclare que \e Ccmiostonm n'atteint sérieusement que des Caféiers souffrantdéjà pour une cause quelconque, mauvaises conditions culturales, par exemple, mais surtout par suite de la maladie dont il s'occupe. Cette assertion, vraie en elle-même, et qu'on peut vérifier bien souvent pour beaucoup d'autres cas pathologiques, semble bien absolue.

Les traitements préconisés sont utiles, mais souvent insuffisants. Ils consistent dans la capture des papillons et la destruction des larves.

Pour la capture des papillons, M. Raoul a conseillé l'usage de la lampe Gayot. Elle sera, dans tous les cas, fort utile; mais, à défaut, on peut, sans désavantage, la remplacer par le dispositif suivant imaginé par jNI. Noël, directeur du laboratoire entomologique de Rouen. Formé d'un simple réflecteur fort simplifié, il peut être réalisé facilement par tout le monde (2).

« Ce réflecteur se compose tout simplement d'une barce rique défoncée par un bout et ])osée horizontalement sur « quatre pieux enfoncés en terre et dépassant le sol de « i"'25 environ; on place sur une brique, au milieu de « la barrique, une petite lampe à pétrole, et on enduit tout « l'intérieur avec de la mélasse destinée à retenir englués « les papillons qui y pénètrent. Cinq à six litres de mélasse « suffisent pour cette opération. On devra chaque soir, avant « d'allumer la lampe, faire tourner une fois sur elle-même « la barrique, de façon que la mélasse tombée à la partie « inférieure se trouve également répartie et enduise entiè- « rement l'intérieur du tonneau; le matin, à l'aide d'une « raclette, on enlève les papillons. »

(1) Bulletin agricole de la Marliiiique. mai et juillet 1899, p. Ji et suivantes.

(2) Bulletin de la Société des Amis des sciences naturelles de Rouen, 189.3, p. 65 et 66.

Le Cemiostoma étant un papillon nocturne, ce procédé sera appliqué avec grand avantage, d'autant que les Hyménoptères qui les parasitent ont peu de chance d'être détruits, puisque ce sont des insectes diurnes.

Au Brésil, on allume souvent des feux dans les plantations au moment de la métamorphose des chrysalides en papillons; on arrive ainsi à détruire un grand nombre de ces derniers.

Pour détruire les larves, on n'a d'autres ressources que la récolte et l'incinération des feuilles envahies; mais, naturellement, le procédé n'a d'effet utile que si on le généralise dans une région donnée.

Enfin, la protection attentive des oiseaux insectivores constitue peut-être le moyen prophylactique le'plus efficace.

Gracilaria coffeifoliella Motsch. — Nietner (i) a signalé à Ceylan cette teigne particulière au Caféier. La larve, petite, mine les feuilles; mais ses galeries sont bien différentes de celles du Cemiostoma coffeella. Elles sont localisées dans le voisinage de la face supérieure de la feuille, où on les voit bien plus nettement qu'à la face inférieure. Elles sont blanches, comme argentées, étroites et en zigzag, au lieu d'être brunes, larges comme les précédentes.

L'insecte est très commun à Ceylan, mais les dégâts qu'il commet sont sans importance. D'ailleurs tout ce que j'ai dit au sujet de la destruction du Cemiostoma est également applicable au Gracilaria.

M. Bordage [loc. cit.) a vu à la Réunion une larve minant les feuilles du Caféier, qu'il croit être le Gracilaria cof" feifoliella de Ceylan. Il a rencontré sur elle les deux Hyménoptères parasites de la Réunion indiqués plus haut, Eulophus ei Apanteles.

(i) Nietner John, Observations on the Enemies oj the Coffec tree tri Ceylon (« Ceylon Times », i86i,p. Sa).— Id., The Coffee Trec and ils ICnemies, 1^ édition, p. i6. Colombo, 1880.

M. Koiiiiigsberger signale aussi le même Gracilaria sur le Caféier de Libéria clans la partie ouest de Java (i).

iXietner (2) signale encore àCeylan les larves d'une petite mouche grise, Anthomyza (?) Coffeœ Nietner, qui mine les feuilles de Caféier exactement comme le Gracilaria. Elle ne se voit que pendant la période sèche, mais elle est peu répandue et sans importance.

M. Koningsberger (3) a trouvé aussi sur l'Arabica, à Java, les larves d'(95'cm/6: Coffese Koningsb. (Diptère) minant les feuilles.

Il — INSECTES DETRUISANT LES FEUILLES

Le nombre des insectes qui dévorent plus ou moins complètement les feuilles de Caféier est considérable. 11 en est d'ailleurs qui ne s'y trouvent qu'accidentellement et je ne parlerai ici que des plus importants.

L'emploi des insecticides ne semble guère pratique, en général, pour opérer leur destruction, et la récolte des insectes, quand elle est possible, est, le plus souvent, le seul moyen d'arrêter et de prévenir leurs ravages.

Coléoptères. — Parmi ce groupe d'insectes, nous citerons les suivants :

Serica pruinosa Burm., Mélolonthide, qui, d'après M. Cotes (4), dénude parfois complètement les Caféiers dans l'Inde.

Et plusieurs Curculionides (charançons) :

(i) J.-C. Koxi>gsbergi:r, i>t' dierlijke s'ijandeii der Kuffiecultaur up Java, in « Mededeelingen uit s' Lands Plaoleuluiu ». 1897, n" 20.

(2) Nietner, The Coffee Tree.... p. 17.

(3) J.-C. Koningsberger, Op. cit., p. i6.

(4) Cotes, Miscellaneous notes from the entomologie al section of the Indian Maseuni, vol. III, 1896 (cité par M. Zimmerm-^^nn),

Geonomiis quadrinodosus Chev., mange, à l'état de larve, le parenchyme des feuilles qu'il perfore comme un crible. 11 est commun au Venezuela pendant la période liivernale, d'après le D'^Ernst (i). L'insecte parfait, qui n'est pas phytophage, est néanmoins commun dans les plantations de Caféiers et se reconnaît aux quatre nœuds proéminents qui existent sur la partie postérieure des élytres.

Arhines destructor Nietner, d'un beau vert, est, d'après Nietner (2), très commun dans l'Inde, pendant la saison sèche, et cause des dégâts considérables sur les feuilles.

Cratopus puiictum Fab., s'attaque, à l'île Maurice, au Caféier de Libéria et aussi à quelques autres plantes, orangers, citronniers, etc., d'après M. Bonâme(3). Il dévore les feuilles des jeunes arbres au fur et à mesure de leur croissance. Les arbres peuvent être entièrement dépouillés et périr si le dégât se répète plusieurs fois. Le Caféier d'Arabie semble toujours respecté par cet insecte.

Pour le détruire, M. Bonàme conseille l'emploi de lampes à réflecteur, qu'on pourrait remplacer par le procédé dont nous avons parlé plus haut; mais il croit plus avantageux de faire recueillir les insectes le matin, alors qu'ils sont encore engourdis par la fraîcheur de la nuit, tandis que dans le jour ils s'envolent quand on les approche. 11 sera encore nécessaire de secouer les arbres où ils sont abondants, ce qu'on reconnaît aux ravages causés au feuillage, et le manœuvre chargé de le faire devra être accompagné d'une bande de dindons qui se chargeront de détruire les insectes tombés. M. Bonàme reconnaît cependant qu'en général les petits oiseaux insectivores les dédaignent.

|i) D"' Ernst, Estitdios sobre p. ai.

(2) Nietner, The Coffee tree and ils enemies. 1' vd.. p. 19.

(3) BoNAME. ColoiiY of Mauritius, Rapport airiiK'l ilo la Slalioii ai;roiioiniquo, aiincos i8<)(j et 181)7.

A la Réunion, M. Bordage a observé également les dégâts de cet insecte, mais il n'y est pas commun tous les ans (i).

Hypomyces curtus Schœnherr, s'attaque assez souvent, à Java, aux jeunes feuilles de Caféier, d'après M. Koningsberger (a).

Des Charançons indéterminés nuisent également aux feuilles jeunes des Caféiers en Nouvelle-Calédonie (3),

Plusieurs espèces du genre Aulacophora , Chrysomélides, sont nuisibles aux feuilles, à Java (4).

Lépidoptères. — Terias Hecabe L., Papilionide, attaque et dénude entièrement les Dadap [Albizzia) qui servent d'abris aux Caféiers à Java (5) ; il est par suite nuisible à ces derniers, où il fait même parfois ses chrysalides sur la face inférieure de la feuille.

Cephonodes hylas L., Sphingide, dévore entièrement les feuilles du Caféier dans la Péninsule malaise (6). M. Koningsberger (7) Ta rencontrée également à Java.

L'éclat vitreux de ses ailerons et les dessins que présente son corps lui donnent l'apparence d'une guêpe.

Deux espèces indéterminées du genre Psyché, Psychides, sont signalées aussi comme nuisibles aux feuilles à Java par le même auteur (8).

Orela exlensa Wlk., Drépanulide, existe à Sumatra et est

(i) BoRDAGi:,'^Op. cil.

(2) KoNiNGSBERGER, Eeistc oscrziclit der schadeli/fie en nuttige insecten van Java, in « Mededoclingeii uit's Lands Planlenluiii », i8i)8, n" 22, p. Sg (cite par M. Zimmerma.ms).

(3) Notice pratique sur la culture du Caféier en Nouvelle-Calédonie, par Perret. Nouméa, 1895.

(4) KOMXGSBERGER, Op. cit. , p. 36.

(5) De dierlijke vijanden der Koffiecultuur. p. ôi (Zimmeriviann).

(6) RiDLET, Coffee diseases, in « Agricultural Bulletin of the Malayan Peninsula », 1897, n° 7, p. 146 (Zimmermann).

(7) Koningsberger, Compte-rendu du jardin de Buitenzorg (on hollandais) pour 1897, Batavia, 1898, p. 108 (D'après une analyse).

(S) Id'.

très répandue à Java depuis 1891 (i), et sa chenille y a causé des dégâts très graves, arrêtant complètement le développement des arbres par la destruction continuelle des feuilles. Malgré la capture de nombreuses larves et de papillons qu'on attirait avec des lumières allumées, le fléau ne s'atténuait guère. Mais, à un certain moment, le nombre de ces insectes a considérablement diminué et M. Koningsberger a pu se rendre compte que ce résultat heureux était dû à l'intervention de larves d'Hyménoptères parasites ; sur yoo chenilles environ qu'il a examinées, 60 % étaient envahies par une grosse Ichneumonide, 4 % par une espèce du genre Chalcis. En même temps, les œufs étaient parasités par deux espèces du genre Eiicyrtus, et le même observateur pense qu'une punaise (Hémiptère) du groupe des Lygfeides suce le corps des larves et contribue aussi aies détruire.

La chenille de YOreta e.rtensa est reconnaissable par la forme de sa tête qui présente un peu l'apparence d'un groin. Le papillon, nocturne, de petite taille, noir ou brun velouté avec deux raies latérales plus claires, porte sur la tête une petite corne tournée en arrière.

Le Caféier de Libéria est entièrement indemne des attaques de cette chenille.

Plusia vevticillata est très nuisible aux jeunes plants de Caféier aux îles Hawaï (a).

Tortrix coffearia Feld. Tortricido, enroule ensemble les feuilles de Caféier et vit à l'état de larve dans cette sorte d'étui. Il ne commet pas d'ailleurs de graves dégâts. Il existe à Ceylan, d'après Nietner (3) , et à Java, d'après Koningsberger (4).

(i) KoNiMGSBERGER, De rupenpladg inKedii-i, ^eroovzaakt door den Oelar djarnn (Dicrlijke vijanden der Koffioculluur, n" 7), in « Teijsmannia ». IX, p. 219. — Raedt van Oldexbarnf.velt, Op. cit.

(2) Kœbele, Report ofthe entoinologist of the HcnvuUau gos'ernment. in « Tropical AgriciiiUirist », 1H97, p. 35.

(3) Op. cit.

(4) Cité par M. Zimmermann.

Orthoptères. — Un certain nombre d'Acridiens (Criquets) dépouillent de leurs feuilles les Caféiers comme beaucoup d'autres plantes. Quelques-uns même s'attaquent parfois aux jeunes rameaux et aux fruits, et on doit citer surtout à ce point de vue O.rya flavo-anuulata Stal., petite espèce rencontrée par M. Konigsberger à Java et signalée à Sumatra (i).

Hémiptères. — Des cigales ont été incriminées comme produisant des dégâts sur les feuilles à Java (2), en Nouvelle- Calédonie (3). Leur détermination exacte n'est pas faite et il n'est pas possible de dire à quelle espèce on a affaire. Les dommages semblent d'ailleurs assez faibles.

Fourmis. — Plusieurs espèces de fourmis ont produit et produisent au Brésil, dans les plantations de Caféiers, des dégâts importants. La plus répandue et aussi la plus dangereuse, qui exerce surtout ses ravages dans la province de Santos, est connue dans le pays sous le nom de Sauva ou Tana-jura. On a vraisemblablement réuni sous ce nom, comme le fait observer Brehm (4), plusieurs espèces voisines appartenant au genre Œcodoma . Ce sont des fourmis brunes, longues de deux centimètres. Elles construisent dans les clairières des bois, dans les plantations, des tertres assez peu élevés, mais très étendus, qui constituent la couverture d'un nid à couloirs, creusés en tous sens dans le sol, pourvus de nombreuses ouvertures le plus souvent fermées. Dans ce terrain ainsi miné, les racines des arbres sont mises à nu, quand elles ne sont pas rongées, et le dommage est fort considérable.

(i) CiU' })ar M. Zimmf.rman>!.

(■2) Raedt va:< Oldenbarxevelt, Op. cit. ^

(3) Notice pratif/ue sur la culture du Caféier en Nou\'eUe-Calédonie, par Pf.rret; Nouméa, 189"). — Mairot, Bulletin de l'Union agricole calédonienne, 11° 3o, iH()().

(4) Brehm. Les Insectes, ('dilion française par Kunckfi. d'Herculais, I,p. 14 '.

Mais les ravages ne se l)ornent pas là. Ces mêmes roiiimis, d'après Brehm, coupent les feuilles d'un certain nombre d'arbres. Elles s'accommodent volontiers du Caféier, mais elles lui préfèrent l'oranger et le citronnier. Les menus fragments tombés sur le sol sont découpés, transportés et accumulés dans les galeries. Plusieurs observateurs dignes de foi ont aiïirmé que ces débris, après avoir été manipulés et réduits en petites boulettes, sont en quelque sorte ensemencés par les fourmis et qu'il s'y développe un champignon dont ces industrieux insectes entretiennent la culture et qui servirait de nourriture à toute la colonie (i) .

Quoi qu'il en soit de ce merveilleux instinct, la Sauva n'en est pas moins un animal fort nuisible, et, d'après Van Delden Laerne h.), cliaque exploitation de Caféiers dans la province oii cette fourmi est commune ne dépensait pas moins de a à v3oo francs par mois, pour la combattre, il y a une quinzaine d'années.

On emploie, à cet effet, un liquide à la fois insectide et explosif, le fonnicida, dont la formule exacte n'est pas connue, mais qui, d'après M. Raoul, renfermerait du sulfure de carbone avec une petite quantité de matière explosible. Pour l'utiliser, on recherche avec soin les allées de fourmis, et on découvre et débarrasse des herbes l'entrée des galeries. Puis, avec un vase muni d'un long bec, on verse dans tous les trous une certaine quantité d'eau pour humecter le sol de la fourmilière; ensuite, la quantité voulue du fonnicida ayant de même été injectée, on y met le feu. Des explosions successives se produisent très rapidement, le nid est détruit et les fourmis se trouvent brûlées ou asphyxiées.

Van Delden Laerne cite encore au Brésil une autre fourmi indéterminée zoologiquement cpii relève le sol au

(i) Voir à ce sujet : Mœller, Die PilzgaerlPii eiiiiger sudaini'rirdiiisrlu'r Aincisen^ lona, 1893. (IjCs Charapignonnières de quelques fourmis sud-américaines.)

(2) Op. cit.

pied des Caféiers et y forme de petites éminences. On la nomme dans le pays ciipim.

A Geylan, d'après M. Cotes (i), un Formicide, le Crematogaster Dohrni Mayr, construit dans les plantations des nids souterrains, qui peuvent atteindre deux pieds de diamètre. Les Caféiers, dont les racines correspondent à ces nids sont gravement endommagés et souvent même périssent.

De même, au Guatemala et dans le Soconusco (Mexique), une autre fourmi appelée dans ces régions zompopo émiette fortement le sol et est considérée comme très nuisible aux Caféiers quand elle s'établit dans une plantation. On la combat à Faide de labours profonds qui atteignent leurs galeries où on verse de Feau bouillante. Les racines du Caféier ne doivent guère s'accommoder d'une telle façon de procéder; il serait préférable d'utiliser le sulfure de carbone.

INSECTES PERFORANTS (BORERS)

Ces insectes présentent ce caractère commun que leurs œufs déposés dans une fissure de la tige, accidentelle ou produite par la femelle pondeuse, donnent naissance à des larves s'ouvrant un passage au travers du bois, jusqu'à la partie centrale de la tige. Dans cette région, elles se creusent une galerie de dimension variable, où elles se transforment en chrysalide et d'où elles sortent à l'état d'insecte parfait.

C'est à cette catégorie d'insectes qu'on applique en anglais le nom de « borers », qui se traduit en français par « tarière », étant données les mœurs de la larve.

11 en existe plusieurs espèces appartenant à des familles

(i) Cotes, Miscellaneous notes fvom the entoiiiological section of the Indian Muséum, p. 117.

d'insectes différentes ; ces insectes ne sont pas encore tous connus et différenciés. On a observé leurs ravages sur toute la côte occidentale d'Afrique, Sierra-Leone, Libéria, Côte d'Or et en Asie, dans le sud de l'Inde, Ceylan, la Cochinchine, le Tonkin, etc.

Coléoptères Longicornes. — Xylotrechus quadripes Ghevrolat. — Ce Coléoptère Longicorne est commun dans le sud de rinde, où on l'appelle Coffee Borer ; à Ceylan, où il est également répandu, on le connaît sous le nom de White Borer ou de Indian Borer (i).

Il n'est pas rare dans la Basse-Cochinchine, et je l'ai reçu du Tonkin, à l'état d'insecte parfait, accompagné de l'échantillon de bois qu'il avait creusé sous sa forme larvaire, ce qui m'a permis de donner les figures ci-jointes (fig. 36, 37, 38). D'après M. Raoul, le Caféier de Libéria en serait attaqué aussi bien que le Caféier d'Arabie, quoique moins gravement. La même espèce attaquerait aussi les rameaux d'une plante à kino, le Pterocarpus Marsupium (2).

L'insecte, qui a de i,5 à 2 centimètres de long, est grêle, de couleur jaune ou rougeàtre, rayé de bandes noires (fig. 36). La femelle perfore l'arbre jusqu'àla moelle et dépose son œuf dans la galerie ainsi faite (fig. 37). La larve qui en provient est, comme celle des Longicornes en gêné- Yig.m. — Xyiotrechus

quadripes Ghevrol.

rai, blanche, charnue, apode, avec un (Grand, nat.) tégument induré, approprié à son mode de vie dans le bois de la tige du Caféier. Cette larve, une fois éclose, continue de ronger ; elle progresse peu à peu dans le bois en formant des galeries, parfois obliques ou

(i) DuNNiNG, Joseph William, On the Coffee Borer of Southern India (Xylotrechus quadrupes Chevrotât), « Entomological Transactions », 1868. p. io5-i32. — Rév. G. RicHTER, in « The Coorg- Season-rcport ». i*"" juillet 1867, i5 octobre 1867. — D' Bidie Georges, Report to the Madras Government, 16 octobre 1867, et Ravages of the Borer (Xylotrechus qua-

un peu sinueuses, de 6 à 7 millimètres de diamètre, obstruées par une sciure blanche, très compacte, que la larve laisse derrière elle (fi g. '-^S). Toute la partie de la branche ou de la tige située au-dessus de la région creusée ne tarde pas à mourir, les feuilles se dessèchent et on peut dès lors soupçonner la présence de la larve. Souvent la branche évidée se brise au moindre coup de vent.

Quand le collet n'est pas encore atteint, le Caféier peut repousser du pied après recépage, mais le dommage [apporté par la perte du fruit n'en persiste pas moins.

Le D' Bidie [Op.

cit.] croit cpie remploi des plantes à ombrage et une culture entendue sont les meilleurs préservatifs. De même, M. Raoul recommande soigneusement les abris pour éviter les atteintes de cette larve, car il considère que les cultures en plein soleil, dans les contrées équatoriales du moins, y sont fortement prédisposées. On doi* sans doute en chercher la raison dans ce fait que Finsecte parfait va toujours déposer ses œufs, autant qu'il le peut

Fig. 37. — XylotrecJuisquaflripes dans un tronc de Caféier. P, orifice de sortie de l'insecte parfait. (Grand, nat.)

Fig. 38. — Section longitudinale d'un tronc de Caféier, montrant les galeries, G, de la larve de Xylotrechus qiiadripes. (Grandeur nat.)

drupes ChesTolat) in The Coffee plantations of Mysore and Coorg. in Entomol. Soc. Proc. 1868, p. a8-32 ; Zoologisl. îll, 1868. p. i335-

(2) G. RicHTER, The Coffee Borer, in « Procoerl. of Agric. Hort. Society of Madras », 1894, p. 79-82.

et pour en faciliter Féclosion, dans les parties de la tige les plus échauffées par le soleil.

11 est indispensable de retrancher toute la partie atteinte et de la brûler avec les insectes qu'elle contient. On devra expérimenter également le procédé de destruction que je signale plus loin (p. 142) pour un insecte produisant sur les Caféiers des dégâts identiques.

M. Raoul, dans l'ouvrage précité (p. 35), étudie les dégâts produits par un autre coléoptère dont la larve serait également térébrante, d'après M. Pringle (i). Il me semble, à défaut de renseignements certains, qu'il s'agit du même insecte que le précédent. Il a une synonymie identique.

C'est d'ailleurs également l'opinion de M. Zimmermann (2).

Récemment, M. Ch. Lemarié a signalé au Tonkin, à Hanoï (3), un insecte qui présente tous les caractères du Xylotrechus quadripes. L'intéressante étude qu'il en a donnée ne permet guère de douter de leur identité, qu'il a d'ailleurs supposée.

D'après M. Sanchez y Sanchez (rapport en espagnol cité par M. Lemarié), cet insecte du Tonkin causerait aussi des dommages notables aux Philippines.

Herpetophy gas fasciatus Fahr. — Le D'' Warburg (4 > a rencontré ce Longicorne dans les possessions allemandes de l'Afrique Orientale. L'insecte dépose ses œufs sur les écorces de Caféiers jeunes, et la larve une fois éclose perfore la tige et se tient d'abord entre l'écorce et l'aubier, puis arri-

(1) The Tropical Agriculturist, i^' août 1^91, p. i i8.

(2) Op. cit.

(3) Une maladie du Caféier, in « Journal officiel de l'Indo-Chine française », 10 juillet 1899.

(4) Warburg, i?m neuer Kaeffeeschœdling ans Afrika, in « Mittheilungen a. d. deutsch. Schutzgebiet », iSgS. 2« cahier (cité par M. Zimmermann). — D' KoLBE, Thienvelt Os/- J/>-iArts, livraison VI, p. 32-34 (cité par M. P. Lesne), in « Bulletin du Muséum d'histoire naturelle, n" 3, 1899 ».

vant au bois, elle creuse alors sa galerie longitudinalement. On reconnaît la présence de Finsecte à une série de petits trous, distants de 3 ou 4 millimètres : ce sont des trous d'aération. La vermoulure produite reste dans la galerie, la larve dans ses mouvements de progression la rejetant en arrière et sur les côtés.

Lorsque la larve a atteint la région du collet, elle quitte alors le bois, pratique dans la couche cambiale une galerie circulaire, irrégulière, et se transforme en nymphe dans cette même région. Ce dernier dégât de la larve tue le Caféier en général, car la destruction du liber et de la couche génératrice arrête l'accroissement de l'arbre à la base et empêche la circulation de retour des liquides séveux.

Le D' Warburg conseille l'arrachement et l'incinération des arbres très atteints avec les larves qui y sont incluses. Si le dégât est peu étendu, il recommande l'emploi d'un mélange de pétrole et de sulfure de carbone à appliquer .comme nous le dirons dans un instant.

M.Wisser (i)a récolté auCongo d'autres Longicornesdont les larves perforent également les tiges de divers Caféiers. Ces Longicornes déterminés par M. Fairmaire sont les suivants :

Monohamnus [Bixadus) sierricola White(2)sur le Libéria et l'Arabica;

Une autre espèce indéterminée du genre Monohamnus sur le Libéria;

Coptops fiisca 01. sur les Coffea canephora (Caféier du Kouilou) et Arabica ;

Barseus sordidns 01. ;

(i) Extraits d'an rapport adressé par M. Wisf^EK, inspecteur des plantations de la « Nieuwe Afrikaandsche Handels Vennootschap »,à M. Chalot sur divers insectes nuisibles aux Caféiers dans la région du Loango et du Kouilou, avec notes de M. P. Lesne, m « Bullolin du Muséum d'histoire naturelle », n° 3, 1899.

(2) Observé aussi par M. Blandford, Insects destructive to cultivated plants in West-Africa, in « Kew Bulletin of niiscollaneous informations », 1897, no 123, p. 1-5.

Coroplesis, espèce indéterminée, sur Coffea canephora ; Eumimetes niaculifoi'inis sur Arabica.

Des larves de Longicornes ont été rencontrées à Java par M. Koningsberger dans les tiges de Caféiers (i). Mais comme il n'a pas trouvé les insectes parfaits, il n'a pu déterminer les espèces de façon certaine.

Le même auteur signale dans le Minahasa (ile Gélèbes) un autre Longicorne, Thranodes pictwentris Pascoe, très fréquent sur les vieux troncs de Caféiers, mais dont le mode dévie n'est que très peu connu,

M. Veen (3) cite enfin un Longicorne Praoïietlia melanura Pascoe, également commun sur les troncs de Caféier à Java.

Toutes ces espèces sont d'ailleurs justiciables des traitements ci-dessus indiqués.

Xylopliages. — Ce groupe de Coléoptères renferme deux espèces du genre Apate signalées comme perforant les tiges de Caféiers :

Apate fraiiciscea F. (4), rencontré sur lesLibéria de4 àSans dans le Togoland (Guinée allemande). Des larves et insectes parfaits furent trouvés dans une galerie de l'écorce, dont l'ouverture se trouvait dans la moitié inférieure du tronc, mais le canal se prolongeait plus haut. Les feuilles et rameaux noircissent et meurent dans le voisinage du canal et les arbres périssent. M. Sadebeck conseille le recépage jusqu'au collet et l'incinération des pieds atteints.

Apate nionachus Fabr. [5), a été observé déjà par ]\I. Le-

(i) Koningsberger, Eersle us'erziclit... p. 371).

(2) Id., id. et Compte-rendu du Jardin de Buitenzorg pour 1897, p. îo8,

(3) Veen, H. J. , Lijst s'un insecten scliadelijt voor de Koffiecultuur. in « Bulletin van het Koloniaalmuseum le Haarleni », juin 1897, p. 5o.

(4) Sadebeck, Beobaclituiigeii und Bemerkuugen ûher die durch Hemi- Icia vastatrix \'erursactite Blattfleckenkranktieit der Kaffeebseume ,\n « Forstlieh-naturwissenschafllichc Zeitschrift, IV, iSgS, p. 34o (en noie) ».

(5j WissER, Op. cit.

comte sur les Caféiers à Ntouba (Congo français). M. Wisser l'a rencontré au Loango et au Kouilou (fig. ,'^7).

La présence de l'insecte est reconnue au Jjout tl'un certain temps, car lorsque la quantité de sciure produite est trop considérable, la larve la rejette hors de ses galeries.

M. Wisser a cherché à détruire la larve sur place. A cet effet, il imprègne des boulettes de coton avec un mélange de créoline et de chloroforme et obture avec ces boulettes les trous de pénétration qu'il recouvre ensuite de mastic. Ce traitement tuerait les larves et on verrait ensuite le Caféier cicatriser ses plaies. Dans le cas où les galeries sont peu l'ig. j().— Galerie, G. étendues et ne menacent pas encore l'existence de la plante, il sera utile d'expérimenter pour le moins ce moyen de lutte contre les différents insectes perforeurs qui se comportent à peu près comme celui-ci. D'autres substances, à défaut de celles employées par M. Wisser, pourraient être utilisées avec succès sans doute, telles la benzine et le sulfure de carbone.

Galerie, G.

produite dans un tronc de Caféier au Congo par VApalc monachus. (D'aj^rès un dessin de M.

Poujade, emprunte au Bulletin du Muséum d'histoire naturelle.)

Coléoptères Bostrychides. — Bostriqtie du Caféier : Le D" Zimmermann (i) a rencontré récemment sur des Caféiers hybrides à Buitenzorg et sur l'Arabica dans la partie orienlale de Java un Coléoptère Bostrychide, vraisemblablement (Ui genre Bostrycliiis, qui s'attaque aux branches et les fait périr.

(i) Zimmermann, Over eenige Koffieziekten, in « Compte-rendu du Congrès pour le Caféier, tenu en 1898 à ÎVIalaug- (Indes Néerlandaises) ». — Id., Os'er een niemven Koffiehoorder. in a Toijsmannia », 1898, p. 4 j. — Id., Ein Borkeiikxfer als Kaffeescha-dliiig, \n u Dei- Tropenpflanzer ». janvier 1899.

L'insecte parfait, coloré en jaune-brun, velu, a environ 2 millimètres de long sur o'""7 de large. Les larves apodes sont d'un blanc de neige. Dans les galeries creusées sur les rameaux et qui ont en général une dimension de i centimètres de long sur i millimètre de large, on trouve à la fois des larves, des chrysalides, des insectes parfaits.

Les galeries s'ouvrent à l'extérieur du rameau et sont le seul indice de la présence de l'insecte.

Les branches envahies deviennent flasques et se fanent rapidement, puis elles jaunissent et meurent en devenant tout à fait noires. La seule chose qu'on puisse conseiller, c'est de couper les portions malades au-dessous du point de pénétration de l'insecte et de les brûler ensuite.

M. Bonàme signale à l'île Maurice (i) des insectes indéterminés du même groupe qui se comportent exactement de même et doivent être combattus par un procédé identique. Ces Bostrychides percent les jeunes rameaux jusqu'à la moelle. Ils creusent dans cette portion de la tige un canal long de a centimètres, où on trouve des larves et des insectes parfaits. Ces derniers sont d'une couleur variant du brun au noir; leur longueur est de i millimètre et demi.

Enfin, parmi les insectes Coléoptères perforant les tiges de Caféiers on doit nommer encore :

Un Carabide indéterminé, du genre Cicindela^ qui à Java (a) tue les jeunes branches de Caféier en les perçant jusqu'à la moelle pour s'y creuser un abri, d'où il guette les insectes qui constituent sa proie. On sait, en effet, que les Carabides sont de grands destructeurs d'autres insectes.

Un Borc-r indéterminé qui se trouve de temps en temps

(i) BoNAMK, Coloiiy of Mciulitius, Rapport de [a Station agronomique pour 1897.

(•2) KoMNGSBERGKR, Dt' (lierlijko vijanden..., p. 38.

sur les tiges de Caféier en Nouvelle-Calédonie (i), surtout dans les plantations situées en plein soleil et non ombragées.

Lépidoptères. — Ce groupe renferme un insecte dont la larve s'attaque aux tiges de Caféier et y cause des dégâts importants :

C'est le Zeuzera Coffeœ. Cette espèce créée par Nietner (r>.) est le Red Borer du Caféier, dans le sud de l'Inde. Le papillon est blanc, moucheté de taches verdàtre foncé. Les chenilles, de 2 centimètres de long environ, sont assez grêles, d'un rouge pourpre avec une grosse tache blanche. Les galeries faites par les larves causent un dommage notable aux Caféiers jeunes aussi bien que vieux dans le sud de l'Inde et à Ceylan. Cet insecte existe aussi au Tonkin. L'arbre à thé et les jeunes troncs de Farbre à Santal [Santaliim album) sont également sujets aux attaques de cette larve. On la combattra par les procédés indiqués plus haut.

INSECTES TERRICOLES

La plupart de ces insectes sont nuisibles à l'état de larve; quelques-uns aussi à l'état d'insectes parfaits.

Vers blancs. — Ces larves de Coléoptères terricoles ( White griib, en anglais) sont considérées comme se rapportant à plusieurs espèces du groupe des Mélolonthides (hannetons). La plus répandue est le Lachnostenia piiiguis Walker (3). Les larves blanches, charnues, incurvées, sont très avides de racines du Caféier qu'elles dévorent. Nietner accuse encore du même méfait la larve d'un autre Mélolon-

(i)MAmoT, Les Ennemis du Caféier en Nouvelle-Calédonie, i des Cultures coloniales », 20 novembre i8t)ç), p. 3i5.

(2) AiETNER, The Coffee Tiee and ils Enemies, 2" éd., 1880, p.

(3) Cotes, Indian Muséum notes, vol. II, n" 6, Calcutta, 1893.

thide du genre Ancycloiiycha. C'est à Ceylan (i) qu'elles ont surtout commis de grands ravages; mais on en rencontre aussi en quantité à Java, et elles appartiennent à des espèces différentes de celles de l'Inde. Parmi ces larves, qu'on appelle à Java oerets, M. Koningsberger [:>.) a distingué celles de Exopholis hypoleuca Wied,, de plusieurs Lachnosteriia indéterminés, ainsi que d'autres Lamellicornes, parmi lesquelles celles de Chalcosoma Atlas L. et de Xylotrupcs Gideoii Fabr. Les insectes parfaits de ces deux dernières espèces sont aussi directement nuisibles aux Caféiers, dont ils coupent les branches.

Les ravages produits par ces vers blancs sont sensiblement les mêmes que ceux produits en Europe par la larve du hanneton vulgaire [Meloloiitha vulgaris), mais ils sonl plus rapides à cause de l'absence d'un long repos hivernal, et lorsque les larves sont nombreuses, le pied de Caféier ne tarde pas à périr.

Les insecticides (sulfure de (^ar])one et benzine) injectés dans le sol ont été essayés à Java, connue nous l'avons dit plus haut, sur les conseils de ]M. J. Ritzema Bos 3). Ils n'ont pas donné de résultats bien satisfaisants, à cause de l'échauflement considérable du sol; le sulfocarbonate de potassium en dissolution dans Teau, serait, en pareil cas, mieux indiqué et il y aurait lieu de l'expérimenter. Sans doute encore obtiendrait- on meilleur résultat si, avant de pratiquer l'injection du sol au sulfure de carboné, on prenait la précaution d'arroser d'une façon suffisante.

Il n'y a pas, je crois, grand espoir à fonder sur riilih'lc des plantes pièges, destinées à attirer soit les insec^tes j)arfaits, soit les larves.

Le procédé de choix, c'est la récolte de l'insecte paifail, le hannetonage, pratiqué sur les arln-es voisins des

(i) Haldane, J// about Grub, Colombo, i««i. — J Fi:R(asoN, The Coffee Plaiiter's Maniial, Colombo, 1898.

(■2) Op. cit., p. (3o.

(3) Op. cit.

Caféiers. Les insectes seront attirés le soir à l'aide de lampes munies de réflecteurs et on pourra ainsi en atteindre un grand nombre que l'on détruira ensuite.

On peut opérer la destruction des larves, par le labourage, lorsqu'elles sont jeunes et encore peu profondément enterrées dans le sol; mais comme le fait observer M. Koningsberger, ce procédé n'est pas sans présenter quelque danger, car il expose les racines à des blessures aussi préjudiciables à l'arbre que la larve elle-même.

D'a})rès M. Green (i), les vers blancs dans Tlnde seraient parfois envahis par une moisissure blanche, que cet auteur croit être le parasite de la muscardine des vers à soie, le Bqtrytis Bassiana^ et qui amènerait la mort d'un nombre considérable de ces larves quand l'épidémie s'y déclare. Ce champignon est fort voisin du Botrytis tenella qui se rencontre spontanément en France sur la larve du hanneton vulgaire (il/e/oZo////?rt vulgaris). Pendant longtemjjs, ces deux Botrytis^ Bassiaiia et tenella, ont été confondus en une seule et même espèce, le Sporolricliiim densuni de Link. A un certain moment (1890), le Botrytis tenella se montra abondant sur les vers blancs du hanneton, surtout dans quelques localités de l'ouest de la France; on chercha alors les moyens pratiques de le répandre dans les régions où il n'existait pas, et, à cette époque, je me suis moi-même activement occupé de cette question. Il faut avouer que, malgré la réussite d'expériences d'infection des vers blancs réalisées dans les laboratoires, les résultats obtenus en grande culture ont été, dans la très grande majorité des cas, absolument insuffisants, sinon nuls. De plus, dans les régions séricicoles, la dissémination du Botrytis tenella ne serait peut-être pas toujours sans danger, car M. Prillieux et moimême nous avons démontré que le ver à soie est facilement atteint par ce parasite [0). Cependant, avant qu'une expérience de plusieurs années eut sanctionné l'inutilité de

(1) NiETNER, Op. cit., p. 18.

(2) Société nationale d'agriculture, séance du 27 juin 1891.

toutes ces tentatives, on i)roposa, poui- la destruction des vers blancs du Caféier, l'emploi du Botrytis lenella et d'autres champignons voisins, également parasites des insectes : tel le Sporotrichum giobuliferum, d'origine américaine, qui, à mon avis, est aussi un Botrytis à peine différent du Botrytis Bassiana, s'il ne lui est pas identique.

Les expériences faites à Java ont été, elles aussi, à peu près négatives ; elles ont démontré une fois de plus que lorsqu'on sort du domaine du laboratoire, la pratique agricole n'avait rien à gagner à l'emploi du Botrytis teiiella et des espèces voisines pour la destruction des larves qui rongent les racines.

J'incline fort à penser, d'ailleurs qu'il en est de môme pour les autres insectes ayant un mode différent d'existence.

M. Raedt van Oldenl^arnevelt (i) explique d'une façon au moins originale l'échec constaté quand on contamine des larves et qu'on les replace aussitôt dans le sol avec l'espoir de voir les autres s'infecter par contact. 11 déclare qu'en procédant de cette manière, « on a oublié que les larves une « fois nées se comportent comme les fauves, se réservant un « domaine pour elles seules et s'évitant l'une l'autre ».

M. Koningsberger a vu sur les larves infectées le mycélium du champignon disparaître très rapidement sous l'action destructive des Acariens. J'ai observé aussi ce fait fréquemment sur les vers blancs de hanneton ; mais il y a d'autres causes, tenant à la nature du sol, à son état d'humidité, à sa température, qui ont une action infiniment plus marquée pour empêcher l'extension de ces moisissures parasites, au sujet desquels je ne m'étendrai pas plus longtemps.

Ver gris. — D'après Nietner (a), une larve appelée Black Grub en anglais n'est autre que la chenille d'un papillon

(i) Op. cit.

(2) Op. cit.. p. i5.

nocturne, d'ailleurs commun dans les régions tempérées de riiémisphère boréal, la Noctuelle des moissons [Agrotis segetam). Cette chenille attaque de très nondjreuses plantes, et lorsqu'elle pullule, elle peut devenir très préjudiciable aux Caféiers en rongeant les jeunes plants qu'elle fait périr. C'est à Ceylan, dans l'Inde et à Java qu'elle exerce surtout ses ravages. Dans l'Inde, on l'a surtout rencontrée dans les plantations relativement élevées, sur les premiers plateaux de THimalaya et les monts Nilgherries.

Nous ne nous attarderons pas à sa description, qu'on trouve dans tous les traités d'entomologie. Disons quelques mots seulement sur son mode de destruction.

On pourra essayer d'abord contre le papillon l'emploi du réflecteur de M. Noël, dont nous avons parlé à propos du Ccmiostonia.

La récolte de la Chenille est un procédé qui fournit en général de bons résultats. On peut l'opérer de plusieurs manières : soit en creusant de place en place des trous de pal où pendant le jour se réfugie cette chenille paresseuse ; soit en disposant sur le sol de petits tas de plantes tendres sous lesquels les vers gris vont se réfugier et où on les atteint facilement. A Java, c'est à un procédé de ce genre qu'on a recours et qui, d'après M. Zimmermann, donne de bons résultats (i). On entoure les jeunes Caféiers de petits bambous de 2 décimètres environ qu'on enterre dans le sol et qui protègent les Caféiers.

On a préconisé récemment (2) l'emploi d'une pâte i'aite avec 10 litres d'eau chaude, 2 k. ."ioo de mélasse et un demi kilo de vert de Paris (arsenite de cuivre) que l'on dissout entièrement et que l'on additionne en l'y mélangeant intimement de 12 kil. de son. On place au pied de la plante attaquée par les vers gris une petite quantité de cette pâte, en évitant le contact avec la plante, car le mélange est corrosif

(i) Zimmermann, Op. cit.

{p) Progrès agricole et s'iticole du 3o avril 1899.

pour les tissus végétaux. La mélasse attire les chenilles et Tingestion de cette pâte les intoxique. Ce remède pourrait être essayé, mais on doit se souvenir que Farsenite de cuivre est un toxique des plus violents.

D'autres procédés, qui peuvent avoir leur indication, ne sont pas applicables aux Caféiers : tel le roulage des terres, préconisé par Emile Blanchard.

Comme pour les vers blancs, c'est dans les terres meubles que la chenille commet le plus de dégâts, puisque c'est dans de pareilles conditions que la pénétration et la progression des larves se font le plus facilement dans le sol. Il faut ajouter encore que Fhumidité excessive de ce dernier constitue une condition très désavantageuse pour la larve.

On connait au ver gris un parasite dans les régions tempérées. Je ne pense pas qu'il ait été signalé pour les régions chaudes. Ce parasite est la larve d'une grosse mouche (Diptère) du groupe desTa.chm?nives, VEc/u'no/ni/a pronipta. La mouche dépose sur le dos de la chenille un œuf qui y adhère très intimement, y éclot et produit une larve perforant aussitôt le tégument de la chenille pour pénétrer dans le corps et y vivre en parasite. Au début, la larve respecte les viscères de son hôte, se contentant pour se nourrir de la réserve adipeuse considérable qu'elle rencontre, de sorte que le ver gris n'en parait guère souffrir. Puis, la transformation de la chenille s'étant opérée, la larve de mouche se met à dévorer les viscères de la chrysalide, qui périt aussitôt. Dès lors, le parasite se transforme en une pupe d'où sortira la mouche.

Nietner (i) a signalé dans l'Inde un parasite végétal, un champignon pyrénomycète, qui d'après la description qu'il donne est sans doute un Cordyceps, dont la fructification en forme d'épi est portée par un long pédicelle sortant de la tète de l'insecte. Le champignon tue les chenilles, et ce

(i) Nietner, Op. cit., p. i5.

n'est que lorsqu'elles sont mortes et momifiées, durcies par le mycélium, que la fructification apparaît.

D'autres larves d'Agrotis se comportant de même que VAgrotis segetum ont été signalées à Java et à Geylan.

Des larves de Taupins indéterminés, Coléoptères Elarides sont s de Caféiers (i'

térides sont signalées à Java comme rongeant les racines

Enfin des Orthoptères :

Une courtilière [Gryllotalpa africana Pal. de Beauv.); un grillon [Liogryllus bimaculatus de Geer) nuisent gravement, à Java aussi, aux jeunes Caféiers (2).

Des Termites, insectes également orthoptères, peuvent, dans quelques cas, nuire aux Caféiers, surtout aux parties souterraines. Nietner (3) cite le Termes fatalis; Gœldi (4) a rencontré le plus souvent au Brésil dans les plantations le Tenues opacus, et il croit qu'en général les pieds de Caféiers n'ont à en souffrir que s'ils se trouvent sur le trajet des galeries de l'insecte qui perfore leurs racines et peut, dans ce cas, les gêner gravement.

Différentes espèces de Termites appelées carias attaquent à la Réunion les racines et même le collet des Caféiers, d'après M. Bordage (5); M. Lemarié (6) a vu les Termites s'installer dans les galeries abandonnées par le Xylotrechus quadripes ; de même, M. Koningsberger croit que les Termites ne se voient que dans les parties mortes des Caféiers (7). Il est bien probable que toutes les espèces incriminées ne se comportent pas de même.

(i) Koningsberger, Op. cit.

(2) Koningsberger, Eerste overzicht..., p. 32.

(3) Op. cit., p. i6.

(4) Op. cit.

{S) Revue des Cuit. Colon., 5 mai 1899.

(6) Op. cit.

(7) Op. cit.

Page 1